Caroline Schweitzer est créatrice textile, un artisanat d’art qu’elle partage durant des ateliers où chaque participant laisse libre cours à sa créativité tout en tissant des liens.
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Il faut remonter le fil biographique de Caroline Schweitzer pour comprendre que le tissage est une passion depuis son enfance transmise par sa maman artiste textile « C’est une histoire d’héritage familial » évoque-t-elle. Elle partage désormais son savoir-faire lors d’ateliers.
De psychométricienne à artisan d’art
«J’ai toujours aimé le travail manuel et le travail du fil en particulier » explique Caroline Schweitzer. Métier à tisser, carde, fils ou encore laine sont les outils et les matières premières qui font partie du quotidien de la créatrice à Maisdon-sur-Sèvre. C’est pourtant dans un autre secteur que son parcours professionnel a débuté. Psychomotricienne, elle devient ensuite éducatrice spécialisée dans une association ayant un projet de vie partagée avec des personnes en situation de handicap où elle organise des activités manuelles comme le tissage ou la couture.
Il y a deux ans, après un CAP Métiers de la mode couture floue et l’apprentissage de la transformation de la laine et du tissage, elle décide d’exercer son métier d’artisan d’art à son compte en lançant Matière(s) à (re)lier installé à Maisdon-sur-Sèvre. « Ne pas avoir assez de place pour ma propre créativité, un [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
quotidien d’éducatrice en étant par ailleurs maman de trois enfants, c’était très prenant » confie-t-elle. L’envie de transmettre sa passion et de créer du lien se retrouvant dans ce nouveau projet professionnel.
Une expérience sensorielle
« J’interviens dans des écoles, dans des centres de loisirs, je fais aussi de la formation, ça me permet d’avoir un panel de types de publics très larges. Je trouve cette idée de transmission de savoir-faire autour de la créativité très dynamisante et enrichissante » se réjouit Caroline Schweitzer. Son talent se révèle dans sa façon de manier la laine, d’abord toison brute avant d’être transformée « Je la récupère au moment de la tonte, je la lave, la carde, la file ».
Les matières recyclées s’imposent aussi dans ses ouvrages « Je récupère des matières qui telles qu’elles sont ne peuvent plus servir, je les découpe en lanière, je les mets dans mes tissages. Il y a une démarche écologique, je travaille avec des matières, données par des gens, qui portent une histoire, un héritage. »
Une technique accessible
Découvrir sans se heurter à des techniques trop compliquées, voici la trame des ateliers construits avec les établissements ou les groupes qui en font la demande. Les participants, petits ou grands, apprennent notamment par la sensorialité. « On commence par regarder la toison, la toucher, la sentir. On travaille cette matière en faisant les étapes de lavage, de cardage et on voit comment la matière change de couleur, de texture, à la fin je fais une démonstration de filage avec le rouet, c’est doux, c’est silencieux » résume-t-elle.
D’autres sont plus tournés vers la créativité « en fonction des âges, des attentes et du temps disponible. » Chaque participant apprend à utiliser le métier à tisser, passe ses fils, choisit les couleurs et les matières, un moyen d’expression «le choix des couleurs et d’épaisseur est assez limité, tous les tissages sont différents parce qu’il y a la créativité de chacun » indique-t-elle
Convivialité et temps pour soi
Une parenthèse où chacun se concentre sur sa tâche tout en discutant « Se mettre autour d’une table avec la même activité, c’est un prétexte à la relation, ça crée du lien. » constate Caroline Schweitzer. Un temps pour soi également apprécié « ce que beaucoup m’ont dit, c’est que l’activité manuelle est ressourçante et presque méditative. Quand on commence à toucher la laine, à séparer les fibres, à faire du tissage, c’est comme si le temps ralentissait. » Elle propose aux particuliers des ateliers chez elle dédiés aux petits groupes, un programme verra le jour à la rentrée mais des réservations sont aussi possibles en la contactant via son site matieresarelier.fr
« J’ai une activité qui se développe depuis deux ans, on retrouve les créations sur mon site, on peut me contacter. J’ai des coussins, des tapis et des sacs, je suis en train de développer des décorations murales » conclut Caroline Schweitzer souhaitant développer le travail sur commande basé sur les matières apportées par les particuliers afin de mettre en lumière cet héritage.
Photo : Caroline Schweitzer
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