Le projet battait de l’aile, les critiques fusant même au sein de la majorité métropolitaine. C’est désormais acté, l’Arbre aux Hérons est abandonné. Envolée des coûts, financement, écologie autant de points qui fragilisaient l’implantation de cette attraction à Nantes.
Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole, a annoncé la décision ce matin. L’Arbre aux Hérons, cristallisé depuis de nombreux mois pas un flot de critiques et d’aléas, ne verra pas le jour à Nantes. Premier point de discorde, le budget égratigné par les oppositions et les élus écologistes membres de la majorité. Le coût des travaux a flambé ces dernières mois. L’enveloppe de départ fixé à 35 M € finalement revue à la hausse en début d’année à 52 M € frôlerait aujourd’hui les 80 M€. Une évolution liée à l’augmentation des prix des matières premières en raison du contexte international avec un surcoût estimé à 15 M€ entre 2020 et 2022.
Crédit photo : Hello Gazette Nantes : un prototype de branche de l’arbre aux hérons à Nantes
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L’annonce
Les auteurs du projet Pierre Oréfice et François Delarozière ont été [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
reçus par Johanna Rolland et Fabrice Roussel (1er Vice-Président de Nantes Métropole). Le Groupe transpartisan des élus a été réuni ce matin pour leur communiquer cette décision. Les acteurs économiques ont également été informés « Suite à l’avis définitif de la Préfecture, l’obligation de devoir passer plusieurs marchés a des conséquences directes : une plus grande complexité technique et d’exécution, une impossibilité pour les auteurs de garder tout le maîtrise de leur création et enfin et sortant un renchérissement important du projet, de l’ordre de plus de 13 M€ » explique Nantes Métropole dans un communiqué.
Au milieu de ces pérégrinations un casse-tête pour les élus
Sébastien Arrouët, conseiller métropolitain et conseiller municipal d’opposition à Orvault que nous avons interviewé au mois de mars dernier s’était tourné vers les orvaltais et orvaltaises à l’occasion d’un vote via une plateforme mise en place par son groupe. La question posée étant « Pour ou contre l’Arbre aux Hérons ? » Laurence Garnier (LR) ou encore Julie Laernoes (EELV), faisaient également partie des élus montrant leur désaccord.
Une question subsiste celle des fonds déja engagés dans le projet
Même s’ils sont tous unanimes sur la décision de l’abandon de l’Arbre aux Hérons, pour les élus d’opposition, une question subsiste et pas des moindres : celle des fonds déjà engagés. Par voie de communiqué de presse, Julie Laernoes députée de la 4ème circonscription de Loire-Atlantique a fait part de ses doutes « quid des fonds levés pour le financer et de l’argent public dépensé jusqu’ici ? Cet argent public doit être redirigé vers des projets d’utilité sociale et environnementale au service des habitant·e·s de notre Métropole comme nous le demandons depuis le début : rénovation énergétique, crèches, écoles ou encore construction de logements sociaux ». Du côté d’Avenir Métropolitain et Mieux vivre à Nantes (dont le chef de file est Laurence Garnier), le groupe souhaite la transparence des comptes et enjoint que « la métropole restitue aux citoyens et aux entreprises qui se sont engagés dans ce projet les fonds investis »
Quel aménagement à la Carrière Misery ?
Le jardin extraordinaire s’étendra dans la carrière, les travaux se poursuivront pour la 2ème phase avec l’aménagement d’une rivière. Concernant la 3ème phase, elle « reste à imaginer, avec la volonté de l’agrandir à l’emplacement qui était prévu pour l’arbre, avec encore plus de biodiversité, plus de nature dans cet écrin de la carrière » précise le communiqué de Nantes Métropole
La Cité des Imaginaires et du Grand Musée Jules Verne, en cours de réalisation, accueilleront les visiteurs dans le Bas-Chantenay.
Les réactions des élus :
Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole
« Nous sommes aujourd’hui au bout de l’instruction menée avec méthode, rigueur et transparence, nécessaire à tout projet ; nous sommes au moment de la décision que nous devons prendre au regard des éléments techniques et financiers mais aussi du contexte dans lequel nous sommes. Avec Fabrice Roussel, il nous apparaît aujourd’hui qu’un projet d’Arbre aux Hérons à 80 M€, c’est trop. Trop parce que ce montant ne permet à l’évidence pas de respecter le principe fondamental d’un financement en trois tiers que j’ai toujours fixé et ainsi de respecter la crédibilité de la parole publique. Trop parce que cette augmentation considérable du coût du projet doit aussi être regardée à l’aune des urgences écologiques et sociales. »
« Le choix que nous faisons est celui de la raison »
Andy Kerbrat LFI (Député de la 2ème circonscription) (NUPES)
« Face à une réalité de plus en plus intenable sur le projet de l’Arbre aux Hérons, je félicite Johanna Rolland et les élu.es pour l’arrêt de celui-ci. Nous avons tous besoin d’investissements écologiques et de résilience face à l’accélération de la crise climatique »
Julie Laernoes (Députée 4ème circonscription EELV (NUPES) ancienne adjointe à la Mairie de Nantes et ancienne Vice-Présidence de Nantes Métropole
« Je salue cette annonce. Annonce logique au vu des contraintes juridiques, économiques et écologiques qui pesaient sur le projet […] L’Arbre aux Hérons a été un désaccord profond dans la majorité dès le mandat précédent, où les écologistes n’ont cessé de rappeler l’incohérence de ce projet face aux urgences climatiques et sociales. »
« Aujourd’hui, c’est le bon sens qui l’emporte et toute la transparence doit être faite sur ce dossier : quid des fonds levés pour le financer et de l’argent public dépensé jusqu’ici ? Cet argent public doit être redirigé vers des projets d’utilité sociale et environnementale au service des habitant.e.s de notre Métropole comme nous le demandons depuis le début : rénovation énergétique, crèches, écoles, ou encore construction de logements sociaux »
Groupe Avenir Métropolitain et Mieux vivre à Nantes (Laurence Garnier)
« Tout ça pour ça… Après plusieurs années d’études, d’effets d’annonce, de concertations de façade et plusieurs millions d’euros d’argent public dépensés, l’arbre aux hérons se finit dans un échec retentissant qui étaient malheureusement prévisible pour elle […] Nous demandons que la Métropole restitue aux citoyens et aux entreprises qui se sont engagés dans ce projet les fonds investis. »
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