Reportage : des entreprises ligériennes consignent et réutilisent le verre

En Loire-Atlantique, des entreprises font de la consigne du verre une priorité. De l’usine de réutilisation du verre en passant par des restaurateurs ou encore de la grande distribution, l’enjeu est grand. Le challenge est à la fois environnemental et économique.

« Relancer la filière du réemploi est un choix écologique d’avenir »

A Carquefou une nouvelle usine fait désormais partie du paysage. Sur près de 2500 m2 l’usine Bout’à Bout’ nettoie et réutilise des bouteilles et bocaux en verre. Avec une capacité de lavage de 9000 bouteilles/heure et de plus de 60 millions de bouteilles et bocaux par an selon son site internet elle a bénéficié d’un investissement de départ de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

3 millions d’euros. Inaugurée en automne 2023, l’association, devenue entreprise est capable d’offrir une traçabilité des contenants, en promettant une inspection « renforcée qui permet de garantir l’intégrité physique de chacune des bouteilles » comme le souligne l’usine. Les bouteilles consignées en voyageant sur des tapis roulants, du lavage au séchage profitent d’un contrôle par caméras qui sont en mesure de détecter notamment des traces d’étiquettes ou encore des éraflures. « Relancer la filière du réemploi est un choix écologique d’avenir » affirme Célie Couché Fondatrice de l’usine précisant que les bouteilles consignées étant utilisées « vingt fois en moyenne, cinquante fois au maximum »

Un secteur qui souhaite faire des petits mais économiquement encore difficile

Consigner les bouteilles c’est bien, les utiliser c’est mieux. C’est le défi que tente de relever la brasserie Tête Haute produisant des bières artisanales. Pour l’entreprise, choisir du réutilisable était « une évidence » souligne Anne-Sophie Thomas, chargée de communication de la brasserie « Nous sommes une entreprise d’insertion pour laquelle l’impact environnemental a beaucoup d’importance » précise-t-elle. Cependant, entre impact environnemental positif et viabilité économique il n’y a qu’un pas. Selon Samuel Marzelière cofondateur de la brasserie Tête Haute les bouteilles réutilisables plus épaisses résistant aux lavages multiples seraient plus chères que celles à usage unique « On ne s’y retrouvait pas, mais les volumes augmentent, donc on va rentrer dans nos frais à partir de maintenant » souligne-t-il. Autre point d’ancrage pour la brasserie : le bien vouloir des clients. Afin que la filière fonctionne correctement, les consommateurs doivent rapporter les contenants « entre 20% et 30% des contenants reviennent à la mise en bouteille à la brasserie » explique Samuel Marzelière.

Des dispositifs pour inciter les consommateurs à recycler

Afin de renforcer le taux de retour des bouteilles, l’usine Bout’à Bout’ a mis en place un réseau de deux cent points de collectes, notamment en grandes surfaces ou encore en magasin bio. Pas suffisant selon Célie Couché ayant remarqué que les comportements des consommateurs diffèrent selon les magasins « Dans un Biocoop par exemple, où les clients sont déja sensibilisés, on peut enregistrer jusqu’à 80% de retours. Dans certains hypermarchés, on est plutôt autour de 10% » la faute à quoi ? à un manque d’information assure la Fondatrice de Bout’ à Bout’, en effet un logo vert fluo arborent les bouteilles réutilisables. Alors pour informer au mieux les consommateurs et pousser au recyclage, près de l’usine Bout’à Bout’ le super U de Carquefou a installé un collecteur floqué au logo de l’usine. Dans ce container spécial, les bouteilles de bières ou encore de jus peuvent être récupérées en échange d’un bon d’achat de deux centimes « On a installé l’automate en mars (2023 ndlr). Le premier mois, on a eu 73 retours. Aujourd’hui, c’est entre 800 et 900 contenants par mois » fait savoir Yoann Ravard directeur du magasin.

De quoi changer les habitudes des clients ? Pour Françoise 75 ans qui s’est confiée à l’AFP c’est plutôt la démarche écologique qui prime expliquant même avoir changé de marque de jus de fruit pour recycler les bouteilles. Sur le sujet du bon d’achat Françoise trouve les deux centimes « dérisoires » une démarche défendue par Célie Couché notant le côté « incitatif » et précise prévoir « d’augmenter la consigne à mesure de l’ampleur » que prendra le dispositif.

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