Municipales Nantes- Objectif Hôtel de Ville : Interview de Mounir Belhamiti

Mounir Belhamiti, conseiller municipal et métropolitain, ex-député est chef de file de « Nantes Mérite mieux ». Interview.

Comment cette candidature s’est-elle imposée à vous ?

Par un constat très largement partagé : Nantes mérite mieux que l’affrontement initialement proposé, entre le bloc de gauche de la majorité sortante ayant fait son temps et une droite incarnée par le candidat LR de Bruno Retailleau qui n’est pas dans la ligne de ce que beaucoup de centristes à Nantes souhaitent défendre. Des Nantais se sentaient orphelins d’une proposition au centre, ouverte et citoyenne, ce que nous avons bâti avec la liste « Nantes mérite mieux ».

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Comment décririez-vous votre programme ?

C’est un programme ambitieux, réaliste et budgétairement réalisable qui s’articule autour de 4 piliers. La nécessaire affirmation de l’attractivité à Nantes. Le pilier humaniste, les politiques municipales ne doivent pas laisser nos concitoyens sur le bord du chemin. Le troisième pilier est celui de la créativité, on veut une ville qui imagine, innove créé de l’emploi. Le 4ème pilier démocratique est transverse, on souhaite redonner la voix aux Nantais et mieux les écouter dans leur expertise du quotidien, leurs envies et besoins.   

Concernant la sécurité, thème devenu central dans la campagne, que proposez-vous ?

La sécurité est la première des libertés, c’est une nécessité absolue pour que l’on puisse circuler librement dans notre ville. La municipalité n’a pas toutes les réponses mais le Maire a une compétence de tranquillité publique et de prévention de la délinquance. Je propose de l’assumer pleinement en déployant plus d’effectifs de Police municipale avec l’adoption d’un tableau de service permettant un emploi 24h/27 et 7j/7. L’armement de la police municipale, le recours à la vidéoprotection partout où ce sera nécessaire, renforcer les capacités de la brigade cynophile, une brigade motorisée d’intervention rapide et l’installation à Commerce d’un lieu permanent de présence policière, accueillant des victimes. Il y aura une cellule de soutien avec des intervenants en santé mentale en partenariat avec le CHU. Des médiateurs jeunesse seront présents du mercredi au samedi soir, un bon niveau de primo-intervention et de prévention d’actes. 

La réponse est multiple, je souhaite que les narcotrafics, la délinquance et le grand banditisme soient l’affaire de la Police nationale. Pour renforcer ses capacités, je prendrai ma part sur la partie tranquillité publique et délinquance du quotidien. 

Quelles sont vos autres mesures prioritaires ?

Il y a plusieurs crises à Nantes. Sécuritaire, il reste encore du travail, c’est pourquoi nous proposons des mesures volontaristes. Une crise du logement sans précédent et sur laquelle il faut intervenir. Nous avons un objectif de construction de 20 000 logements sur le mandat avec un respect et une adaptation du Plan Local d’Urbanisme afin de remettre des programmes en chantier. On a une opportunité en or sur le site du CHU actuel, 18 hectares de foncier à réinventer. Je souhaite du logement pour les jeunes travailleurs, les gens qui font vivre notre centre-ville, le retour de la nature en ville et un nouveau complexe sportif. Des nouvelles pratiques comme le paddel, le pilates nécessitent des équipements, la municipalité doit apporter des réponses sur des infrastructures sportives de proximité. Une concertation avec les Nantais pour un nouvel équipement culturel. Ce nouveau quartier qui sortira de terre devrait occuper une grande partie de la campagne et malheureusement ce n’est pas le cas. 

Sur la fiscalité et le pouvoir d’achat, je souhaite être en capacité de baisser la taxe foncière pour les entreprises et les particuliers dès que possible, à condition que l’Etat maintienne son niveau de soutien après 2027, et aussi avoir des dispositifs incitatifs comme une mesure d’exonération totale pendant 2 ans des primo-accédants sur la taxe foncière.

Je maintiens la gratuité des transports le week-end et je suis capable de le faire car j’ai une politique d’attractivité me permettant de nourrir des capacités à dégager des marges de manoeuvre budgétaires pour financer nos services publics. Vouloir attirer des entreprises, des chercheurs, des acteurs culturels, ça sous-entend que l’on traite les problématiques du quotidien des Nantais.

Vous êtes dans la course à la mairie notamment face à la liste menée par Foulques Chombart de Lauwe, quel regard portez-vous sur votre campagne, sur votre dynamique à l’approche du 1er tour ?

Je fais une campagne de propositions avec des citoyens et citoyennes du quotidien et du réel nantais. Ils sont préoccupés par l’école de leurs enfants, par l’évolution de leur quartier, l’évolution de leur entreprise, leurs difficultés à trouver un logement. Nous ne sommes pas dans des mécanismes de jeux d’appareil, notre seul parti c’est Nantes. Nous nous situons au centre car nous sommes attachés à l’ordre républicain comme à la justice sociale et écologique, nous avons une approche profondément humaniste.

Mon ennemi, c’est l’abstention. Au 1er tour, on peut voter pour la liste correspondant le plus à sa philosophie, à ses valeurs et au programme le plus proche des réalités attendues par les Nantais. Il y a un vrai intérêt pour notre candidature, les gens nous remercient de leur offrir le choix d’une nuance au centre qui a vraiment du poids. Nantes est traditionnellement une terre de modération, de dialogue et pas une terre de clivages partisans. Nous sommes les plus fidèles à cette tradition.

Quelle est la principale force de votre équipe  ?

Il y a des professionnels de santé, des urbanistes, une AESH s’occupant des enfants en situation de handicap à l’école, des personnes à la retraite, des jeunes. Nous sommes la liste la plus représentative de la sociologie nantaise.

Selon vous, à quoi ressemblera Nantes dans 6 ans ?

Comme je serai élu et que les Nantais me feront confiance, dans 6 ans je pense pouvoir être en mesure de dire que l’on aura de nouveau envie d’être à Nantes. Mon ambition, c’est que demain on nous envie notre ville. 

Photo : Mounir Belhamiti, Tim Fox

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