La FEVE et la FNAB unissent leurs forces afin de renforcer la filière bio en Pays de la Loire. Elles accompagnent les porteurs de projets, une aide s’appuyant sur l’épargne solidaire, et ont lancé un appel à projets. Explications avec Quentin Helson, chef de projet Bretagne/Pays de la Loire de Fermes en Vie.
« On a subi une crise à la sortie du Covid sur la partie bio avec une baisse de la consommation des ménages » rappelle Quentin Helson. Conséquence ? Dans certaines régions, des agriculteurs engagés en bio depuis plusieurs années ont décidé d’effectuer une conversion. Ainsi, renforcer la filière s’impose et la Fédération d’Agriculture Biologique (FNAB) a signé un partenariat avec Fermes en vie (FEVE) pour faciliter les installations.
Le contexte en Pays de la Loire et en Loire-Atlantique
Selon les chiffres de la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) des Pays de la Loire, la région se classait à la 4e position en 2023 en terme de superficies en agriculture bio. Elle comptait ainsi environ 250 000 hectares soit 9 % de la surface bio nationale. Environ 4200 exploitations sont engagées dans cette démarche. En Loire-Atlantique concernant les surfaces de cette filière, 50 % environ sont dédiées aux fruits, 28,9 % aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Juste derrière, c’est la viticulture. Du côté de l’élevage, les exploitations axées chèvres représentent 2/3 de la filière bio.
Une foncière solidaire et agricole afin de financer des projets fondés sur des exploitations en conversion ou passées au bio.
Fermes en Vie est une foncière solidaire et agricole. Elle est une Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS) et est labellisée « Finansol ». Ainsi, elle achète des terres et des bâtiments. Elle les propose ensuite via une location avec option d’achat. Le financement s’appuie sur les particuliers. 58 M€ ont déjà été récoltés via ce dispositif. 50 installations ont ainsi vu le jour en France.
En lançant leur appel à projets, les deux structures veulent accentuer une dynamique auprès des futurs agriculteurs. « A l’échelle locale, les Groupement des Agriculteurs Bio (GAB) ont une activité très importante pour accompagner les porteurs de projets. Ils dépendent de la FNAB, afin d’avoir un pouvoir d’action, il était intéressant de rentrer en contact avec elle » précise Quentin Helson. Ouvert jusqu’au 30 juin 2026, il repose sur plusieurs critères comme un modèle économique viable et durable ainsi que le respect d’une charte agroécologique. Une union dans un contexte où près de 200 000 agriculteurs vont partir à la retraite à l’horizon 2030.
Une intervention sur le « foncier »
Concernant le matériel et le cheptel, les personnes souhaitant s’installer doivent se tourner vers leur banque. En effet, la FEVE se consacre au foncier c’est-à-dire les terres et bâtiments agricoles, et parfois la maison. Il s’agit d’une location avec option d’achat permettant par la suite de réaliser des travaux sur les bâtiments notamment.
Elle rachète une exploitation agricole que si une personne souhaite y créer son activité. « On doit respecter un ratio car on achète plus de terres que de bâtiments ». Soit, la ferme est déjà en bio où il faut que la conversion soit effectuée dans les 5 ans. « On est présent partout en France, on soutient l’élevage, les grandes cultures. En Pays de la Loire, on est majoritairement sur de l’installation en élevage ».
Des porteurs de projets à différents stades
Les profils ? Plutôt des jeunes agriculteurs « on accompagne souvent des gens de moins de 40 ans » indique le chef de projet. De plus, celles et ceux intéressés sont « convaincus par la filière, par le fait de produire d’une manière plus respectueuse de l’environnement ». Ils ne sont pas forcément issus du milieu agricole mais ils veulent prendre part à la filière bio. Il faut environ un an entre le début des échanges avec la structure et la concrétisation en raison d’un parcours à réaliser en parallèle « assez long ».
Toutes et tous ne sont pas au même stade, parfois le lieu est déjà identifié mais ce n’est pas toujours le cas. Fermes en vie a créé une plate-forme gratuite « La Grange » sur laquelle des annonces d’exploitations à vendre sont postées.
De la visite au financement
Une fois le dossier reçu, une équipe a un premier échange avec les candidats afin de savoir si les critères sont remplis. Une visite de la ferme est prévue pour mieux analyser l’exploitation choisie. Le projet avance pas à pas puis une partie est financée par la FEVE. Les personnes « vont réduire leur empreint bancaire en venant diminuer les annuités se traduisant par le paiement de fermage au lieu de payer des annuités » détaille Quentin Helson.
Cette aide peut aussi être apportée à un agriculteur déjà installé voulant acheter des terres afin de consolider son exploitation. Au travers de cette démarche, la structure a épaulé en France 80 agriculteurs et agriculturices dont 4 en Pays de la Loire.
« Avec la FNAB, on a cette même volonté de maintenir l’existant et si on peut d’installer encore plus d’agriculteurs en bio » conclut Quentin Helson.
Photo : Une exploitation agricole, Hello Gazette Nantes
Infos complémentaires :
Dossier de candidature sur feve.co
A lire également : Le point éco du mardi : les dernière actualités économiques à Nantes
