Alors que le service Bicloo va disparaître dans les prochains mois, une nouvelle offre de vélos électriques en libre-service arrive. Après l’annonce de l’opérateur par Nantes Métropole, de fortes critiques de l’opposition sur la question de la fabrication française. Explications.
Dès janvier 2027, Bicloo fera ses adieux. Ce sont des vélos à assistance électrique en libre-service qui seront installés par l’entreprise VOI. Une arrivée sur le territoire métropolitain critiquée par le groupe d’opposition « Un nouveau souffle pour Nantes » dont le chef de file est Foulques Chombart de Lauwe. Au coeur du débat, le choix par l’intercommunalité d’équipements produits en Asie alors qu’une autre option aurait pu être retenue selon les élus d’opposition. Le point sur ce sujet épineux.
Un service intégré à l’offre Naolib
Alors que le contrat de location de vélos en libre service se terminait, Nantes Métropole a décidé de déployer des vélos à assistance électrique. Au nombre de 2400 en début d’année prochaine, ils seront disponibles dans 658 stations contre 127 à ce jour. Un maillage territorial renforcé puisque l’accès y sera possible dans chacune des 24 communes. La mise en oeuvre de ce service sera effectuée par l’opérateur VOI. Les premières équipements prendront place d’octobre à décembre 2026 sur le territoire.
Sur ces 2400, 800 considérés comme « plume » se présentent comme une alternative plus légère et maniable. 60 trottinettes s’ajoutent dans cette offre aux tarifs répartis en plusieurs niveaux : usage occasionnel, tarification solidaire, utilisation de plusieurs moyens de transport.
Du « Made in china » plutôt qu’une « réindustrialisation locale » selon « Un nouveau souffle pour Nantes » qui y voit une « erreur politique, économique et environnementale »
Une polémique a éclaté après l’annonce de l’opérateur retenu par Nantes Métropole. Suite à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI), ça coince pour le groupe d’opposition « Un Nouveau souffle pour Nantes ». Les élus regrettent le choix « d’une entreprise dont les vélos et les sous-ensembles sont produits et assemblés en Chine, écartant une offre concurrente qui reposait largement sur une production française et européenne, avec un assemblage réalisé en Loire-Atlantique ». Une décision jugée dans un communiqué comme une « erreur politique, économique et environnementale » alors qu’ils disent avoir « officiellement interpellé les élus métropolitains » afin qu’ils la réexaminent.
Le groupe tient à souligner l’écart de 3,5 points sur un total de 500 entre le premier et le deuxième candidat. Selon lui, l’entreprise non sélectionnée aurait obtenu une note « légèrement plus favorable sur le critère de responsabilité sociétale et environnementale (RSE) alors que celle-ci serait engagée dans une démarche de « réindustrialisation européenne » notamment en Loire-Atlantique tandis que l’entreprise retenue produirait « l’intégralité de ses vélos et de leurs sous-ensemble en Chine ». Les élus dénoncent « une perte de 8 millions d’euros d’activité » sur le territoire et y voient une « contradiction avec les engagements affichés de Nantes Métropole en faveur de la transition écologique, des circuits courts, de la souveraineté industrielle et de la réindustrialisation ».
Ils appellent à voter contre lors du Conseil Métropolitain le 2 octobre 2026 et demandent que « toute la transparence soit faite sur les motivations de choix, la méthode de calcul et la pondération appliquées. »
« Sur la caricature Made in France versus Made in China, il y a pas mal d’attaques qui sont fausses sur ce dossier » répond Simon Citeau, 13 Vice-Président de Nantes Métropole en charge des mobilités.
Interrogé par Hello Gazette Nantes, Simon Citeau réaffirme dans un premier temps le cadre légal et les règles d’une commande publique et de la procédure. Modifier « les critères ou la notation à la fin de l’analyse, c’est illégal et c’est totalement inéquitable » martèle-t-il. Concernant la vingtaine de critères et en particulier la pondération, il assure qu’au moment de la publication de l’appel à manifestation d’intérêt, aucune contestation n’a été reçue « sur les critères et modalités de choix ». Le 13e Vice-Président de Nantes Métropole soutient ce débat « intéressant » mais refuse « les caricatures ». La question de la provenance a été observée dans une « analyse d’un sujet multi-critères, c’est ce qui est complexe » argue-t-il.
L’opérateur retenu « s’est engagé à doubler la part du vélo fabriquée en France »
Concernant la fabrication en Asie contre la fabrication en France, il met en avant qu’une « très grande partie d’un vélo réside dans son cadre. Aujourd’hui, il n’y a aucun candidat qui le fabrique en France. Les deux arrivés en tête les fabriquent à l’étranger et toutes leurs trottinettes en Asie, il faut arrêter les raccourcis et les attaques gratuites » insiste-t-il. L’opérateur retenu « s’est engagé à doubler la part du vélo fabriquée en France ». Sur le volet environnemental, le Vice-Président parle de l’enjeu sur l’augmentation de la durée de vie des batteries et précise que l’opérateur a opté pour un reconditionnement en France.
« Quand on regarde l’analyse globale, le meilleur candidat est celui que l’on a retenu puisque l’on a un meilleur maillage territorial, avec 96 % des habitants à moins de 500 mètres d’une station, une tarification plus juste et la tarification solidaire pour faciliter l’accès à toutes et tous. » conclut Simon Citeau.
Ce sujet devrait donc agiter la séance du conseil métropolitain à l’automne prochain, de quoi y avoir de l’électricité dans l’air.
Photo : Un vélo, DR
