Chiens, chats, NAC : le rôle essentiel des familles d’accueil avant l’adoption

Plus de 300 000 animaux sont abandonnés en France chaque année. Les associations se mobilisent pour rendre possible leur adoption. A leurs côtés, des familles d’accueil. Focus en Loire-Atlantique sur cette mission bénévole en faveur des chiens, chats et des NAC.

Chaque année, de nombreux animaux sont abandonnés et en été cet acte est davantage constaté. Des chiens, chats et Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) laissés à leur triste sort. Ils peuvent compter sur le soutien des associations oeuvrant tous les jours pour prendre soin d’eux et leur permettre d’accéder à une vie tranquille et joyeuse. Au nord comme au sud de Nantes, des refuges et bénévoles sont à pied d’œuvre. Des associations sans lieu dédié sont aussi présentes. Ces différentes structures s’appuient sur une aide de taille, les familles d’accueil.

Abandon/adoption : quelle situation cette année ?

Au refuge SPA de Loire-Atlantique à Carquefou, beaucoup de demandes d’adoption de chatons ont été reçues « ça a stagné un peu pour les adultes » résume Anne Clément directrice du centre. Après le départ des petits, les personnes se tournent davantage vers les adultes. Concernant les chiens, la situation est plus compliquée « beaucoup ont des problématiques de comportement demandant des foyers plus adaptés, ils restent malheureusement plus longtemps ». 

Du côté de L’Arche pour tous à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, « l’adoption est plus calme en juillet », elle a recueilli une centaine de chatons depuis avril et 50 adultes sont actuellement accompagnés. Parmi ceux atteignant l’âge de 3 mois, il devrait « en rester 20 » précise Tatiana Mourrain, coprésidente. Une pause a été nécessaire en raison d’un manque de disponibilité des familles d’accueil lié aux congés. Une campagne de stérilisation va bientôt être menée à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu « on a 70 chats à attraper ». Un coup de patte est aussi donné aux chiens via les réseaux sociaux « l’animal ne rentre pas à l’association mais on est là pour faciliter l’adoption ».  Des chiens « cas d’urgence » victimes de maltraitance, adressés par la mairie ou la gendarmerie sont toutefois placés dans l’une de leurs quatre places disponibles. 

Même « ralentissement en été » selon Marie de Calinac à Mauves-sur-Loire, axée sur les Nouveaux Animaux de Compagnie. Le nombre de propositions d’adoption augmente à partir de début septembre et surtout au printemps. Sur l’abandon « c’est sans surprise trop élevé, on a des demandes en continu et l’été il y a un pic de demande de prise en charge notamment pour la cession de lapins depuis mai et juin ».

Sauver les animaux en ouvrant sa maison ou son appartement

En refuge comme à Carquefou, il n’est pas possible de recevoir les chatons de moins de deux mois car leur système immunitaire est trop fragile. N’étant pas encore vaccinés, ils peuvent attraper des maladies s’ils ne grandissent pas à l’abri dans une maison ou un appartement. « Sans famille d’accueil nous ne pouvons pas sauver ces chatons » alerte Anne Clément. 

A Calinac, la problématique est identique, sans foyer adapté, impossible d’aider de nouveaux pensionnaires, la structure n’ayant pas de lieu spécifique. Ainsi, en se lançant dans cette aventure, les personnes donnent un avenir à ces animaux. Laetitia Lafrogne, réalisant cette mission avec le Refuge SPA de Loire-Atlantique partage cette émotion « On sauve des vies tous les ans. Les chatons avant leur un kilo  peuvent avoir le coryza, la teigne, ils sont trop fragiles ». Cet engagement est donc un « un rôle essentiel pour les sauver. ». Lancée il y a 6 ans dans l’aventure suite au souhait de sa fille, sa famille a protégé 45 chatons.

Des personnes sont aussi sollicitées à l’occasion d’une aide temporaire comme lors d’une campagne de stérilisation où les animaux doivent être mis à l’abri pendant une courte période comme à l’Arche pour tous.

Répondre à des besoins spécifiques

Sollicitées, les associations suivent un processus rigoureux. En effet, il est indispensable de s’assurer que l’animal soit bien entouré. La démarche passe par exemple par le remplissage d’un formulaire donnant aux responsables des informations importantes. « Cela nous permet de mieux les connaître » confie Marie du pôle familles d’accueil de Calinac. Des guides remplis de conseils sont aussi remis par les structures. 

Claire Gomond famille d’accueil « Calinac » avec Moustache le hamster

Une étape incontournable en raison de besoins propres à chaque animal. En effet, chez les NAC, les lapins sont aussi souvent placés en duo car s’ils arrivent à deux, impossible de les séparer. « Pour les lapins on a un suivi très régulier, il faut qu’ils soient en liberté ou semi-liberté. Tous les quinze jours, il faut les peser pour envoyer à l’association » explique Claire Gomond famille d’accueil d’un hamster nommé Moustache et ayant accompagné précédemment deux lapins aux côtés de Calinac. Autrement, les cochons d’Inde, gerbilles, souris et rats, vivent quant à eux en groupe dans le même espace de vie.

Les chatons doivent aussi être pesés très régulièrement, un suivi important afin de voir s’ils grandissent bien. Face à des chats errants craintifs, il faut prendre le temps de les sociabiliser « Sur les 70 de la campagne de stérilisation, il doit y avoir 30 adultes approchables mais comme ils n’ont jamais été caressés, il faut avoir de la patience » décrit Tatiana Mourrain de l’Arche pour tous. 

Qu’en est-il des frais ?

Selon les associations, différents fonctionnements existent mais toutes apportent un coup de pouce côté frais à ces assistants pas comme les autres « La SPA de Loire-Atlantique met tout en oeuvre pour que cela nous coûte rien » résume Laetitia Lafrogne. Consultations chez le vétérinaire, croquettes, litières, lait maternisé, vermifuge et anti-puces sont ainsi pris en charge durant les deux mois durant lesquels elle s’occupe du chaton « parfois des petits sont malades, ils ont un retard de croissance donc c’est un peu plus long. »

Chez Calinac, seuls les frais de vétérinaire sont réglés par l’association « ça monte très vite, on ne veut pas que ce soit à la charge des familles, elles gèrent le rendez-vous mais n’ont pas de consultation à payer en avance, le vétérinaire nous envoie la facture ». Pas d’adhésion à l’Arche pour tous et vétérinaire et alimentation assurés par la structure.

Des échanges réguliers et un engagement adapté à chaque emploi du temps

C’est par le biais d’un référent que ces personnes sont encadrées. Elles reçoivent des conseils et envoient des nouvelles de leurs petits protégés. « Elles sont avec nous du début à la fin, elles sont incroyables » se réjouit Tatiana Mourrain. Chaque placement correspond aux besoins de l’animal et aux attentes des familles mobilisées. En effet, chacune est libre d’héberger un animal ou plus, à son rythme, sur plusieurs mois ou sur une courte durée et même parfois quelques heures en tant que relais en fonction de son emploi du temps. « Certaines accueillent des espèces différentes dans plusieurs espaces » décrit Marie de Calinac. Constat similaire à l’Arche pour tous « Des familles veulent prendre une maman et ses chatons ou un chat adulte une fois, d’autres vont avoir plein de pièces et vont accompagner 2 ou 3 mamans avec leurs chatons. »

Les discussions sont courantes, par groupe WhatsApp ou par ligne téléphonique dédiée. Ainsi, les référents sont disponibles afin de répondre à diverses questions, conseiller. Les familles envoient également des photos et parlent de l’évolution de l’animal placé. « Je voulais que l’on teste avec un lapin, ça permet de voir si on se sent prêt à prendre ou non un animal. On en a eu deux, l’un est resté un mois et l’autre plus d’un an » confie Claire Gomond. Suite à une allergie aux lapins ou au foin, et à des contraintes liées à son métier d’assistante maternelle, elle choisit désormais d’aider les hamsters. Elle ouvre cependant ses portes temporairement aux lapins lors des périodes de vacances.

Animaux en situation de handicap et malades

« Beaucoup de chats arrivent blessés, nous sommes obligés de prévoir des amputations et ont ainsi trois pattes. On a aussi des chats ayant le FIV » souligne Anne Clément du Refuge de Carquefou. Pareil à l’Arche pour tous, des animaux présentent de gros problèmes de digestion « ils ont des croquettes adaptées et des traitements à vie. On a aussi des vieux chats en Famille d’accueil retraite où ils vont finir leur vie, c’est très dur à faire, on n’a peu de familles car ce n’est pas simple » affirme la coprésidente de l’association. Via ce soutien à domicile, des animaux en situation de handicap ou malades trouvent ainsi un foyer chaleureux.

Rocket pris en charge via « Calinac » depuis 2 ans et demi, il présente un souffle au coeur et attend une famille, DR

Au centre de Carquefou, des vétérinaires sont sur place et il est plus facile de garder ces animaux directement au refuge. Cependant, durant l’été lorsqu’une forte charge se fait ressentir, il arrive que le refuge SPA de Loire-Atlantique fasse appel à des familles d’accueil. 

Quand l’adoption arrive

Après ces semaines ou mois passés à leurs côtés, l’heure de l’adoption a sonné. La durée est variable, entre deux mois et un an pour les lapins, les petits rongeurs peuvent rester plus longtemps. Au refuge SPA de Loire-Atlantique, si les familles trouvent des adoptants dans leur réseau, une visite vétérinaire au centre est obligatoire et les adoptants doivent venir signer les papiers avant de récupérer par exemple le chaton dans son lieu de vie actuel. Parfois, les petits restent au refuge après la consultation car l’association dispose de son propre réseau. 

Chez Calinac, les référentes prennent contact avec les futurs adoptants et une fois que tout est validé, les familles sont intégrées dans un nouveau groupe avec eux et l’association. « Ils viennent à la maison et on fait le relais ou alors je l’emmène directement chez eux » indique Claire Gomond. « On est heureux, mission accomplie et on fait le bonheur d’une famille » se félicite Laetitia Lafrogne. « J’ai des enfants et c’est un peu dur de se séparer de l’animal. On le sait mais ça nous fait plaisir aussi de savoir qu’ils partent dans les bonnes conditions et nous pouvons prendre de nouveaux animaux ensuite » ajoute Claire Gomond. Elle émet un seul bémol, celui de ne plus avoir de nouvelles par les adoptants même si Calinac leur en donnent par la suite.

Ces trois associations recherchent de nouveaux bénévoles prêts à s’engager dans ce rôle primordial. Pour les NAC, il y a moins d’attente pour les hamsters contrairement aux lapins. Claire Gomond encourage les personnes à offrir un foyer temporairement plutôt « qu’à d’aller acheter des lapins en animalerie, après si ça se passe bien, on peut ensuite l’adopter ». Tatiana Mourrain incite celles et ceux pouvant proposer quelques heures en tant que relais. La saison des chatons se termine en cette fin d’été mais le besoin reste présent pour le refuge SPA de Carquefou en septembre et octobre « Il ne faut pas hésiter l’été prochain à nous proposer même deux ou trois semaines, ça nous permet de sauver des chatons » argue Anne Clément.

Photo : Laetitia Lafrogne accueillant actuellement une maman et ses trois chatons, DR

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