Code noir abrogé à l’Assemblée « Effacer n’est pas réparer » pour Johanna Rolland

Jeudi 28 mai 2026, l’Assemblée Nationale a voté l’abrogation du Code noir et des textes ayant réglementé l’esclavage dans les colonies françaises. Une histoire ayant un écho particulier à Nantes car le port a effectué « 43 % des départs d’expédition de traite » rappelle la ville dans un communiqué.

« Effacer n’est pas réparer » a réagi Johanna Rolland, Maire de Nantes, suite à l’abrogation du code noir. Selon l’édile, il ne s’agissait pas seulement d’une « prolongation symbolique de la traite des esclaves. C’était la marque d’une cécité de la République vis à vis de son histoire ».  Du milieu du 17e jusqu’au 19e siècles, la ville a été le premier port négrier de France. 1714 expéditions ont été recensées « Ce sont 550 000 esclaves noirs qui sont partis dans les bateaux affrétés à Nantes vers les colonies » explique la ville dans un communiqué.

Une histoire longtemps reléguée avant qu’un travail de mémoire soit débutée dans les années 90 par Jean-Marc Ayrault, ancien Maire de Nantes, aux côtés d’associations. Parmi les moments marquants récents, l’inauguration du Mât de la mémoire et de la fraternité en avril dernier au Parc des Chantiers à Nantes. Lors de la cérémonie, Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateur de bateaux négriers a présenté ses excuses à Dieudonné Boutrin de l’association La Coque nomade, descendant d’esclave. Une première en France. 

Il y a 25 ans, la Loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité dite « Loi Taubira » était votée. En 2026, c’est désormais la question de la réparation qui s’impose. La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, présidée par Jean-Marc Ayrault a appelé à entamer un débat. Une déclaration axée sur un volet international notamment concernant le travail engagé avec Haïti, les outre-mer pour corriger les injustices et inégalités, l’ensemble de la société française afin d’’accroître la lutte contre le racisme et un volet portant sur les arts, la culture et le patrimoine.

Photo : La Loire, Hello Gazette Nantes

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