Handicap et pratiques artistiques : Un autodiagnostic en cours à Nantes et alentours

Afin de mieux cerner l’accessibilité des pratiques artistiques aux personnes en situation de handicap, un questionnaire est diffusé en Loire-Atlantique. Explications avec Olivier Raballand, responsable du collectif T’CAP à l’initiative de cet outil d’autodiagnostic.

Il faut compter environ 10 à 15 minutes pour remplir le formulaire en ligne mis en place par le collectif T’CAP. Un autodiagnostic destiné aux associations ou entreprises évoluant dans le secteur des pratiques artistiques en amateur.

Donner une vraie cartographie de l’accessibilité

Le collectif T’CAP à Saint-Herblain s’appuie sur un réseau de près de 130 acteurs dont une centaine dans le domaine culturel. Depuis plusieurs années, il mène des actions pour rendre la culture plus accessible, particulièrement les pratiques artistiques. L’idée d’autodiagnostic est née il y a quelques années lors de la publication d’un guide par la ville de Nantes. « Il y avait beaucoup de pictogrammes autour du handicap mais on ne reconnaissait pas ce paysage dans l’écosystème que l’on connaissait » se remémore Olivier Raballand de chez T’CAP.

Face à ce « décalage », l’association a voulu développer une solution apportant une meilleure lecture, en particulier sur le territoire métropolitain. Elle a créé précédemment un outil similaire axé sur les tiers-lieux et s’en est inspirée. 

Un questionnaire co-écrit avec des personnes en situation de handicap

T’CAP a construit le formulaire, présenté ensuite à des personnes en situation de handicap pratiquant des activités artistiques. « On a travaillé avec elles sur la pertinence des items et des questions » explique Olivier Raballand. Parmi les sujets abordés, les types de handicap (personnes à mobilité réduite, malvoyantes ou aveugles, sourdes et malentendantes ainsi que le handicap psychique, cognitif et mental). 

D’autres sous-parties sont consacrées à l’accueil pour tous, « l’acculturation globale de la structure et des équipes », la formation, l’information et la communication ainsi que l’écosystème. Chaque item comporte entre 4 et 5 questions auxquelles il faut répondre en se plaçant sur une échelle allant de 1 à 10.

Des diagrammes montrant les plus et les moins

Une fois reçu, les réponses sont transformées en un diagramme en forme d’araignée. « C’est très simple et super intéressant pour nous, on peut les superposer, il y a des tendances de plus et de moins qui se recoupent » précise Olivier Raballand. Une cinquantaine de structures y a déjà répondu. T’CAP effectuera un retour sur cet autodiagnostic fin novembre à la Maison de quartier de Doulon à Nantes. 

En récoltant ces premières données, il repère les acteurs ayant mis en place des initiatives. « On prend contact avec eux pour cette matinée d’échanges sur les pratiques inspirantes ». En parallèle, des répondants ont sollicité l’association qui leur a apporté un accompagnement et des conseils. 

Des difficultés confirmées ou révélées

T’CAP prévoyait une situation un peu meilleure concernant les PMR, ce qui se confirme. A l’inverse, des attentes ont été chamboulées. « J’avais cette idée qu’il y avait plus facilement des activités artistiques pour des personnes malvoyantes que pour celles avec un handicap psychique. Ce sont les personnes malvoyantes et sourdes qui ont le moins de dispositifs. »

Le sujet posant le plus de difficultés est celui de la communication et de l’information où les indicateurs sur les schémas ne sont pas bons. Chez les acteurs du réseau, T’CAP dit constater des un champ d’action plus étendu par rapport à ceux n’y participant pas. 

Le théâtre, une scène aux multiples freins ?

En s’appuyant sur son ressenti, Olivier Rabelland indique une situation plus facile dans l’univers musical en raison d’une pratique sur des instruments numériques même si les professeurs n’y sont pas tous formés. Des portes se referment pour les personnes en fauteuil roulant dans la danse reposant sur « la question du corps. Lorsqu’elles interrogent un prof afin de faire partie de leur cours, certaines peuvent être démunies » déplore le responsable. « Il faut que le prof ait une représentation du handicap ouverte, avec un fauteuil on fait plein de choses » martèle-t-il.

Le théâtre est le domaine où le nombre d’offres est le moins élevé. « C’est compliqué, on a très peu de lieux » regrette-il. Les scènes ne sont pas toujours accessibles en fauteuil roulant. Le frein principal selon Olivier Rabelland serait là encore la question de la représentation. « Pour le handicap sensoriel et le handicap psychique, c’est compliqué car il faut des adaptations, plein de personnes ne s’estiment pas formées ».

« On fait beaucoup de sensibilisation pour déconstruire les obstacles » conclut Olivier Rabelland.

Infos complémentaires :

Formulaire dédié aux acteurs métropolitains et de Loire-Atlantique à retrouver ici

Photo : Une personne en fauteuil roulant, DR

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