Muscadet : Quel bilan après les vendanges précoces ?

vignoble - Vignoble

Cela n’a jamais été aussi tôt, les bennes à vendange ont été remplies dès le mardi 11 août dans le vignoble nantais. Une récolte inédite et un millésime 2026 au rendement plus faible qu’espéré au printemps.

Le ban des vendanges a été publié le 11 août dernier à la hâte pour rendre possible le début de la récolte dans le vignoble de Nantes. La 5e canicule de 2026 a entraîné un branle-bas de combat dans les rangées de vigne.

80 % de récolte mécanique

Début août, une nouvelle vague de chaleur a touché la Loire-Atlantique. Avec des températures oscillant entre 34 et 38 °C l’après-midi, la semaine où les vendanges ont débuté, un changement de rythme s’est imposé. « Il y a eu des maturités extrêmes donc il a fallu se dépêcher. […] le but c’est de ramasser les raisins sous la fraîcheur » explique François Robin, délégué communication des Vins de Nantes. Ainsi, le bruit des sécateurs s’est fait entendre de 6h30 à 13h, suivi d’une mélodie nocturne aux sons des machines. En effet, 80 % de cette opération est réalisée mécaniquement.

Il s’agit de la récolte la plus précoce, le précédent record datant du 19 août 2003. Conséquence ? Clap de fin pour les vacances chez certains vignerons qui sont revenus pour mener les vendanges, d’autres ont rappelé leurs collaborateurs mais globalement tout le monde s’était plutôt préparé à cette éventualité. « ça a démarré un peu timidement la première semaine ». La semaine suivante, la météo s’est adoucie côté température, un peu de pluie s’est même invitée.  « Le plus gros du muscadet a été ramassé à partir du 17 août » souligne François Robin.

Face aux défis climatiques : la chaleur un peu moins impactante que le gel

D’habitude, cette période s’étale sur trois à quatre semaines, cette année le délai s’est raccourci avec une grande majorité du travail effectuée en quinze jours.. « Des vendanges express dont l’objectif était d’avoir un bon équilibre entre le taux de sucre et le taux d’acidité ». Face à des aléas climatiques successifs depuis dix ans, les 350 vignerons sont pour la plupart « plutôt rassurés » cette année. Le rendement est globalement homogène « ils ont tous du très beau raisin avec de très beaux degrés ». Autre point important, un bon état sanitaire des vignes car une faible attaque de champignons a été constatée en raison d’une humidité peu présente. 

« Le melon de Bourgogne a plutôt bien résisté à ces conditions extrêmes » précise François Robin. Les viticulteurs réalisent un travail d’aération du terrain permettant au cep, principalement des vignes plus âgées, de puiser les nutriments profondément dans le sol, nécessaires à la photosynthèse. Des dégâts plus importants sont observés lors de fortes précipitations favorisant le développement de champignons. Le gel quant à lui est « capable d’éradiquer tout un vignoble en une seule nuit avec des bourgeons qui vont être grillés à cause de températures trop basses au printemps ».

Des baies plus petites

La canicule perturbe toutefois le vignoble. Bien que ces températures élevées offrent un muscadet de très bonne qualité, fruité, le rendement est moins bon qu’espéré début 2026. « Les grappes sont belles et gorgées de sucre mais chaque baie était moins volumineuse donc cela donne moins de jus » nuance le délégué des Vins de Nantes.

Un millésime jugé « exceptionnel » mais avec un gros bémol donc celui d’un rendement en deçà du cahier des charges de l’AOC.

Les conditions météo ont donné du fil à retordre aux viticulteurs qui ont été obligés de se réorganiser. Ce millésime qui devrait donc marquer les esprits restera désormais en cuve plusieurs semaines avant de révéler son caractère.

Photo : Des vignes, Hello Gazette Nantes

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