Oiseaux sauvages/Grippe aviaire : Comment sont-ils soignés en Loire-Atlantique ?

La grippe aviaire a touché la Loire-Atlantique ces derniers mois. Un contexte qui pousse les bénévoles portant secours aux oiseaux sauvages à s’adapter. Comment agissent-ils pour les soigner ? Réponse avec Guy Bourlès, Président de la LPO 44.

Plusieurs foyers d’influenza aviaire ont été détectés dans des élevages de Loire-Atlantique ces derniers mois. En septembre 2022, un élevage de canards de Machecoul-Saint-Même était frappé dans le département. En décembre 2022, Vieillevigne connaissait cet épisode d’épizootie. Qu’en est-il des oiseaux sauvages ? Pouvant également être porteurs du virus, les soins qui leur sont dispensés ont dû être adaptés. Comment les acteurs mobilisés oeuvrent-ils ? Point de situation avec le Président de la Ligue pour la Protection de Oiseaux en Loire-Atlantique.

Grippe aviaire  : La situation en Loire-Atlantique

Il faut remonter à 2021 pour trouver le 1er cas confirmé d’influenza aviaire sur les côtes des Hauts-de-France. Un virus arrivé ensuite dans la région ligérienne particulièrement concernée. Depuis le 1er août 2022, « le nombre de foyers en élevage s’approche des 300 dont plus des trois quarts concentrés dans la région Pays de la Loire dans une zone à risque de diffusion (ZRD) à forte densité de volailles (notamment en Vendée et dans le Maine-et-Loire) » indique le site du Ministère de l’agriculture.

Aucun cas n’a été décelé depuis le 19 janvier 2023 notent Les chambres d’agriculture des Pays de la Loire. Dans le point de situation publié sur leur site mercredi 8 février, elles soulignent qu’une évolution des zones mises en place a été réalisée. Des communes situées à l’est et au sud du département sont [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

placées en zone de surveillance comme Oudon, Ligné, Le Cellier, le Loroux-Bottereau ou encore La Marne. En zone de protection, La Chevrolière et Vieillevigne notamment. 

« ce sont plutôt les oiseaux d’eau »

Quels sont les oiseaux sauvages concernés dans le département ?

Les oiseaux sauvages ne sont pas épargnés. En février 2022, une grande aigrette retrouvée morte était porteuse du virus Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) qui « circule activement en Europe par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs, est particulièrement contagieux et pathogène pour les oiseaux » expliquait la Préfecture dans un communiqué daté du 8 février 2022.

Guy Bourlès, Président de la LPO de Loire-Atlantique fait part d’un soulagement modéré  « On a eu de grosses craintes, quand on a vu que le virus survivrait tout 2022 et avait augmenté de virulence en été, ça concernait les oiseaux marins ce que l’on n’avait pas l’habitude de voir, c’est moins grave que ce que l’on craignait. Il y a moins de mortalité mais le virus est toujours là. »

Dans le département, les espèces les plus impactées sont les échassiers au Lac de Grand Lieu, « ce sont plutôt les oiseaux d’eau, les canards, les oies et les limicoles vivant tout le temps au bord de l’eau, pour beaucoup d’entre-eux migrateurs. »

« Quand on trouve un oiseau blessé qui peut être malade, ça ne saute pas aux yeux au premier abord, il faut qu’ils prennent des précautions »

Des soins avec prudence

La LPO ne compte pas de vétérinaire dans son équipe. Le rôle des bénévoles ? Détecter les oiseaux morts, blessés ou en difficulté et les envoyer au Centre de soins de l’école vétérinaire Oniris à Nantes. « Il faut l’oeil d’un vétérinaire, il va opter pour la quarantaine ou pas ». Parfois, ils ne peuvent pas être sauvés. 

Les citoyens souhaitant s’engager dans cette démarche sont invités à respecter des consignes de sécurité « On explique aux gens qui récupèrent les oiseaux, on les forme. Ce n’est pas compliqué à faire, avec le virus de la grippe c’est un peu plus compliqué ».

Equipés de masques et de gants, ils doivent rester prudents « Quand on trouve un oiseau blessé qui peut être malade, ça ne saute pas aux yeux au premier abord, il faut qu’ils prennent des précautions. Il ne faut jamais oublier qu’il y a toujours un risque avec l’évolution du virus on est absolument pas sûr que ce virus ne soit pas transmissible à l’homme ». Du côté du Lac de Grand Lieu, il ajoute que seules les personnes travaillant dans cette réserve nationale effectue la collecte afin d’adresser ensuite l’animal au centre de soins.

Des conséquences sur l’engagement des citoyens

Face à cette épisode de grippe aviaire, les citoyens sont moins nombreux à agir en faveur de ces animaux « C’est un peu plus difficile parce que la grippe aviaire fait peur » avance Guy Bourlès.  « Il y a effectivement moins de monde parce que c’est plus dangereux, avant vous aviez un oiseau malade ou blessé vous ne preniez pas de risque sauf pour certains où il faut faire attention en particulier les rapaces qui savent très bien se défendre ou les hérons. »

Qu’en est-il du refuge LPO, dispositif favorisant la biodiversité dans les jardins ? Le président de l’association ne constate pas une baisse d’habitants y participant ou intéressés « Avec les retours que l’on a, les passereaux ne sont pas touchés. La recommandation c’est dès que l’on trouve un oiseau mort, on fait attention, on ne le prend pas n’importe comment et on arrête de nourrir. »  Dans un refuge LPO, les priorités restent un jardin accueillant pour la faune sauvage, des arbres plantés ou ne pas utiliser de produits phytosanitaires.

L’association LPO dispose d’une cellule de veille afin d’avoir des informations sur la grippe aviaire le plus vite possible « Si on a le moindre doute, on informe tout le monde qu’on ne touche plus aux oiseaux » assure Guy Bourlès. « A ce jour, aucun cas humain n’a été observé en France » indique l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentaire, de l’Environnement et du Travail (Anses).

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