Inaugurée en 2019 après des travaux d’envergure pour un budget total de 8,5 millions d’euros, la soufflerie climatique Jules Verne est pilotée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) . Ce projet de grande ampleur a été soutenu notamment par la Région Pays de la Loire, l’Europe, la ville de Nantes et la Métropole de Nantes est un soutien de taille face à l’épreuve climatique sur plus de 6 000 m2. Reportage au coeur de cette infrastructure, l’une des seules en Europe taillée pour tester des bâtiments en condition extrême.
« Analyser le comportement et la stabilité d’ouvrages et équipements soumis à des phénomènes climatiques variés des plus communs aux plus extrêmes »
« Analyser le comportement et la stabilité d’ouvrages et équipements soumis à des phénomènes climatiques variés des plus communs aux plus extrêmes »
Les ventilateurs sont à pied d’oeuvre. Une averse s’abat ce jour sur un cabanon de bois. La pluie frappe peu à peu le bâtiment, il s’agit ici de la reproduction d’une ondée tropicale. La soufflerie Jules Verne travaille aujourd’hui à connaître l’étanchéité de tuiles taillées dans des planches de pin des Caraïbes pour le compte d’un Industriel polynésien qui souhaite les fabriquer dans une démarche plus durable notamment de réduction de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
CO2 « Nous testons la tenue à l’eau de la toiture » précise Nicolas Couillaud, chef de projet à la soufflerie Jules Verne au CSTB de Nantes. Créée en 1990, la soufflerie climatique « permet d’analyser le comportement et la stabilité d’ouvrages et équipements soumis à des phénomènes climatiques variés, des plus communs aux plus extrêmes » précise le CSTB. En 2013, insufflé par la transition écologique, énergique ou encore numérique, l’établissement public qui collabore aussi bien avec des industriels comme les pouvoirs publics engage une réflexion concernant sa modernisation.
C’est chose faite en 2019 avec le soutien d’acteurs locaux. Et les chiffres ont de quoi impressionner : 5 veines d’études et d’expérimentation atmosphériques, aérodynamique, acoustiques sont venues compléter les veines existantes thermique et aéraulique. Une instrumentation « scientifique et technique de pointe dédiée au secteur de l’automobile et des transports : un nouveau banc à rouleaux, double essieu, a été installé pour pouvoir tester tous types de véhicules […] et notamment les véhicules hydriques et tout électrique » précisait à l’époque le CSTB.
Une soufflerie capable de reproduire des conditions climatiques extrêmes.
Avec des références dignes des plus grands comme Audi, Bosch, Renault dans le domaine du transport, ou encore Bouygues, Eiffage et Arbora dans le domaine de la construction, elle n’a pas de quoi rougir. Elle est capable de tout. La pluie continue de s’abattre sur le bâtiment, l’essai va durer 90 minutes au total « une bonne averse, aucune pluie ne doit rentrer à l’intérieur » explique Nicolas Couillaud. Afin de s’en assurer un « testeur de pluie » muni de bottes et d’un ciré fait son apparition. Dans le cabanon aucune goutte de pluie n’apparaît à l’horizon « Cette toiture est étanche à la pluie » valide le chef de projet. Au CSTB, les travaux de recherche et d’expérimentation sont multiples. Ici la soufflerie a été taillée pour travailler sur plusieurs types d’ouvrages comme des tuiles, des panneaux photo-voltaïques, des pergolas, éoliennes, mobilier urbain, et même des lampadaires.
Neige, verglas, vents de sable, pluies diluviennes et chaleurs extrêmes font partie du champ des possibles comme l’explique à l’AFP Julien Rogé directeur du centre « avec 2MW de puissance frigorifique disponible, nous pouvons varier les températures et atteindre des extrêmes, de -32 degrés jusqu’à +55 degrés, pour nos tests » Côté soufflerie la veine aérodynamique peut reproduire des vents cycloniques pouvant atteindre au maximum 280 Km/h « soit bien au-delà de toutes les grandes tempêtes qu’on a connues ces dernières années qui tournaient autour de 200 Km/h comme celle de 1999 » explique Julien Rogé. Désormais le centre nantais envisage de s’attaquer aux îlots de chaleur urbains, des évolutions souhaitées par le Président du CSTB, Etienne Crépon ayant annoncé en 2019 que le centre « poursuivra dans cette dynamique de modernisation en enrichissant prochainement l’instrumentation scientifique et technique mise en lace, par de nouveaux outils de réalité virtuelle et augmentée, actuellement en phase d’expérimentation » Affaire à suivre donc.
Crédits photos : Soufflerie Jules Verne – CSTB Nantes / Crédit : Florence Joubert
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