Faille(s) ou comment sublimer ce que l’oeil voit comme une fracture ou un défaut. Cette exposition du collectif Pavlova est à contempler sur l’île de Nantes.Photo : Aurore Vuillemin
Pousser la porte de chez Marietta à Nantes, c’est s’engouffrer dans l’univers de huit photographes du collectif Pavlova. Ensemble, ils ont décidé de valoriser les « Faille(s) » nom donné à leur exposition à voir jusqu’au 10 décembre 2024.
Une exposition inspirée d’un art japonais
Le collectif Pavlova créé en 2017 réunit des photographes à Nantes. Leur spécificité ? Une approche débridée favorisant le lâcher-prise, suscitant l’envie. Sur une quinzaine de photographes, huit étaient disponibles pour ce projet, un groupe « très fédérateur, solidaire, on a voulu monter notre première exposition tous ensemble » souligne Benoît Capelle alias Skooly, membre de cette association.
Une unité qui souhaite valoriser les failles, idée inspirée d’un art du pays du soleil levant et évoquée par Catherine Hueber, l’une des photographes « C’est parti du Kintsugi, une technique japonaise consistant à réparer les céramiques cassées avec de l’or. Nous nous sommes basés sur cette métaphore de la résilience » résume-t-il. Leur fil conducteur étant ainsi de magnifier les failles « elles s’inscrivent dans notre quotidien, ça parle à un maximum de personnes ». Ils ont donc commencé à travailler sur cette exposition en septembre 2023 qu’ils voulaient « significative et forte »
Déambuler entre une quarantaine de photographies
Ils se sont réunis une fois par mois pendant un an afin de préparer cette exposition. Une fois la scénographie décidée, chacun a élaboré son concept avec l’appui des autres membres « A chaque réunion, on [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
s’investissait les uns pour les autres en donnant notre avis et une cohérence d’une série photo » décrit Benoît Capelle.
40 photos environ sont exposées soit « en moyenne 5 par personne ». Les failles sont présentées sous différents aspects : physiques, émotionnelles, sociales, symboliques et environnementales. Une création portée également par Bénédicte Boulineau de l’Association Pavlova. « On a tous mis la main à la pâte pour savoir quel format on allait utiliser. Certains ont imprimé sur Dibon, un encadrement en aluminium avec une impression en contrecollé ». Sur certains clichés, la nature s’invite avec des crevasses, d’autres embarquent les visiteurs au Liban ou mettent en avant le handicap.
Capter le handicap invisible
Benoît Capelle (Skooly) a décidé de parler de son handicap invisible lors de cette exposition après avoir été diagnostiqué tardivement du Trouble de Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Avec son binôme Mathieu Guignon (Mat), ils sont partis sur une direction artistique axée sur le flou. Du monochrome sur tirage classique « avec du papier un peu cartonné ».
Au sein du Collectif Pavlova, la street photography, une pratique appréciée par Benoît Capelle passé ensuite aux portraits faits sur le vif en arrêtant des passants dans la rue. Leurs clichés évoquent le TDAH. Il espère contribuer à poser « un regard bienveillant sur les gens, sur l’approche artistique ». Un partage afin que les visiteurs prennent conscience « que les failles sont omniprésentes en chacun de nous et qu’il peut également y avoir un handicap invisible et ainsi faire ressentir des émotions »
Une première en collectif qui pourrait connaître une suite dans le futur « On compte faire d’autres expositions » confie Benoît Capelle.
Infos complémentaires :
Chez Marietta, 11 rue de la Tour-d’Auvergne 44000 Nantes
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