Femmes enceintes : vers une alimentation bio en Loire-Atlantique

Pregnant woman in a blush blouse sits on a sofa, using a smartphone with a yellow cushion behind her.

Afin d’accompagner les femmes enceintes et notamment les plus précaires, une expérimentation est menée en Loire-Atlantique. Un programme autour de fruits et légumes bio est déployé dans trois territoires.

Réduire l’exposition aux polluants environnementaux dans l’alimentation est devenue une question de santé publique, le Département de la Loire-Atlantique décide d’expérimenter un dispositif. Il rappelle que selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail « 75 % des pesticides sont ingérés par l’alimentation ». L’INSERM reconnaît ces pesticides comme facteurs de risque pour la santé. Ils sont particulièrement préoccupants pour le foetus et l’enfant car ils peuvent entraîner des risques de malformation, leucémie et troubles du neurodéveloppement.

La grossesse est une période sensible en raison du risque lié à l’exposition aux substances chimiques comme les pertubateurs endocriniens. Afin d’améliorer cette situation, les conseillers départementaux ont voté lundi en faveur d’une expérimentation axée sur les femmes enceintes. Elle propose un accompagnement via des fruits et légumes bio pour favoriser de meilleures pratiques alimentaires dès la grossesse.

Quels territoires concernés ?

Ce dispositif sera testé progressivement durant le dernier trimestre 2026 et pendant 2027 dans trois territoires en Loire-Atlantique. Il est mis en place à Blain-Nozay, Machecoul-Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dans celui du Loroux-Bottereau-Vallet. A eux trois, ils comptaient 1605 naissances en 2024. Ce sont des Espaces Départementaux des Solidarités (EDS). Ce soutien est proposé par les équipes de Protection Maternelle et Infantile (PMI) notamment par les les sages-femmes.

Une approche pédagogique

Les professionnels donneront des clés aux femmes enceintes et aux familles pour aller vers une alimentation bio et saine. Ils valoriseront auprès de ce public, les produits frais, non transformés, de saison et issus de l’agriculture biologique. L’objectif est donc de diminuer l’exposition alimentaire aux résidus de pesticides, de changer les pratiques alimentaires. Autre priorité « mettre en valeur la production maraîchère locale, de qualité » précise la collectivité. 

Un dispositif en trois étapes

Des informations seront données aux femmes enceintes dans les trois EDS. Celles-ci porteront sur le choix des produits, de la saisonnalité, des modes de production ou encore des liens entre alimentaire, santé et environnement. Les échanges avec les équipes de PMI s’adapteront aux besoins de chaque personne. Pour les femmes enceintes précaires, un accompagnement renforcé est prévu. Il prendra la forme de paniers de fruits et légumes bio gratuits. « Le Département sera attentif à laisser une liberté dans le choix des produits pour la dignité, pour limiter le gaspillage » souligne-t-il. Deux options seront disponibles : un petit panier dès le premier bébé et un grand panier en présence de frères et soeurs. Des ateliers collectifs seront aussi organisés autour de la cuisine. 

En fin d’expérimentation, une évaluation

Une évaluation est planifiée pour observer l’évolution des pratiques alimentaires des femmes concernées. Elle permettra aussi de voir si les messages de prévention sont bien passés et si l’effet attendu s’est concrétisé. Ensuite, un déploiement dans toute la Loire-Atlantique pourrait être envisagé selon les résultats. Une enveloppe de 50 000 € a été décidé par le Département pour cette action.

Photo : Femme enceinte, DR

A lire également : A Nantes, femmes et familles accueillies à la Maison du coeur flambant neuve

ร€ lire รฉgalement