SFR/Grève : Il y a de la friture sur la ligne

Après l’annonce du rachat de l’opérateur mobile le 6 juin dernier, les salariés de SFR à Saint-Herblain seront en grève ce jeudi après-midi, entre inquiétude et attente de réponses.

La communication semble coupée. A Saint-Herblain, SFR compte 190 salariés, 240 salariés d’ERT Technologies contribuant au déploiement de la fibre optique, et 7 magasins SFR Distribution. A 14 heures, ce jeudi, ils exprimeront leur colère en se joignant au mouvement de grève initié à l’échelle nationale.

Une transaction estimée à 20,35 Md€

Quand on remonte le film, l’histoire commence le 6 juin dernier avec l’annonce par Altice du rachat de SFR par le consortium des opérateurs Orange/Free/Bouygues Telecom. Une annonce quasi historique car sa valeur d’entreprise pour les actifs concernés estimée est de 20,35 Md€. Dans le projet présenté, Orange, Free et Bouygues Telecom doivent se partager leur part du gâteau à des échelles distinctes.

« Garantir un emploi à l’ensemble des salariés jusqu’à début 2029 »

A commencer par Bouygues Telecom (42%) qui repartira avec la clientèle de SFR Business, une partie des activités grand public, le MVNO Prixtel (forfait mobile flexible sans engagement), le réseau mobile dans les zones non denses, les infrastructures dédiées au B2B fixes et la part SFR du réseau horizontal FTTH sur une partie de la zone très dense. Du côté de Free-Group iliad, (31%), l’opérateur reprendra les clients RED by SFR, une partie des activités grand public de SFR, ainsi que les clients TPE. Enfin, Orange (27%) se chargera d’une partie des activités grand public, des MVNOS Réglo, Syma et Coriolis (opérateurs virtuels). Après ce partage grandeur nature, le Consortium par la voix d’Altice assurait accorder une attention particulière aux enjeux sociaux « Aussi, le Consortium garantira un emploi à l’ensemble des salariés du périmètre repris jusqu’à début 2029 grâce à la poursuite de leur emploi ou à une proposition d’emploi » Elle souligne que Bouygues Telecom, Orange et Free s’attacheront à mener un dialogue social avec les organisations syndicales de SFR.

« Aujourd’hui la difficulté de cette réorganisation là c’est que l’on a peu de communication »

François Moneger est délégué syndical UNSA et Ingénieur commercial solutions BTB à Saint-Herblain. Pour l’élu ce serait 350 emplois « qui seraient menacés » sur le site de ligérien. Pour ces raisons il sera de ceux qui feront grève ce jeudi « Aujourd’hui la difficulté de cette réorganisation là c’est que l’on a peu de communication et pas assez d’éléments détaillés à la fois de la part de l’entreprise, et à la fois du Consortium qui nous rachète » explique-t-il. En juin dernier, Altice précisait ouvrir la phase de consultation avec les instances représentatives du personnel, ent soulignant que la signature de la documentation juridique définitive interviendra au second semestre 2026 avec une finalisation de la transaction au second semestre 2027.

« Sur les 7 magasins à Nantes, s’il en reste 2 c’est le bout du monde »

L’intersyndicale UNSA, CFDT et CFTC parlent d’un « 1er avertissement » et d’un projet n’ayant « rien de social, rien de responsable » Une vision partagée par François Moneger « Pour les salariés de SFR il y a au moins 5000 personnes où l’on sait qu’à l’horizon de 2029 leur emploi sera supprimé avec parfois une plus longue durée, puisqu’ils vont être maintenus dans une société qui aura vocation à éteindre les services » Parmi les revendications, l’on y retrouve  pêle-mêle, le souhait de propositions de reclassement pour les salariés, un plan séniors, des garanties pour les salariés en situation de handicap, des mesures d’accompagnement et des « informations complètes, précises et transparentes pour les représentants du personnel » Pour l’élu ligérien, c’est l’avenir de l’entreprise qui compte, sur un site très spécialisée BTB avec une là-aussi une défiance sur les éventuels programmes d’accompagnement, de maintien d’emploi ou d’accompagnement à sortir. Concernant les magasins SFR il tranche « Sur les 7 magasins à Nantes, s’il en reste 2 c’est le bout du monde » Pour le moment, le rachat n’est pas finalisé et est en cours d’examen auprès de l’autorité de la concurrence. Contactée par nos soins, la Direction de SFR à Saint-Herblain n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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