Ugo Bessière, élu écologiste « On s’ancre bien dans la majorité mais on tient à notre identité politique singulière d’écologie politique »

Hugo Bessière

Crédit photo : Christiane Blanchard, Département de Loire-Atlantique

Ugo Bessière, est devenu conseiller départemental en 2021. Elu sur le canton Nantes 3, en binôme avec Fanny Sallé, il fait partie de la majorité « Loire-Atlantique à gauche » menée par Michel Ménard, Président du département. Nous allons suivre l’élu qui nous plongera au coeur de l’institution départementale pendant cette première année.

C’est votre premier mandat au Conseil départemental, comment avez-vous abordé ce nouveau rôle ?

Entre ce que l’on imagine et la réalité de la fonction d’élu il y a un écart. On a d’abord à découvrir comment fonctionne l’institution. On voudrait tout de suite mettre en place les mesures collectivement rédigées pendant la campagne. Il y a tout un travail de connaissance de l’environnement de travail auquel je ne m’attendais pas forcément, le mandat a commencé dans un contexte un peu particulier parce que les élections ont été repoussées.

Elus à la veille de l’été, ça a réellement commencé en septembre et puis le contexte du Covid chamboule l’organisation des institutions, les pratiques des services. Je peux distinguer à peu près un horizon qui se dégage, des choses qui se mettent en place petit à petit. 

Comment s’organisent vos semaines ?

Elu délégué, j’ai pu me saisir de la thématique du projet [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

alimentaire départemental. Il y a les commissions se réunissant en amont des sessions du département. Je suis élu écologiste et fais partie d’un groupe de cinq élus. Nous avons créé notre groupe au sein de la majorité du département de la « Loire-Atlantique à gauche ». On se réunit une fois par semaine pour faire état de nos avancées et voir comment on se partage l’information entre-nous.

Des décisions ont déjà été prises, une augmentation de 7 millions du budget sur la protection de l’enfance (cette enveloppe a été votée en octobre dernier, ndlr), un groupement de commandes va être créé sur le projet alimentaire, il y a des choses déjà dans les tuyaux qui sortent dès les premiers mois du mandat.

En tant qu’élu écologiste comment vous inscrivez-vous dans la majorité menée par Michel Ménard ?

Je suis en binôme avec Fanny Sallé qui était engagée pendant le mandat d’avant sous la majorité « Loire-Atlantique à gauche ». On a travaillé ensemble pour réfléchir sur les enjeux du canton et sur un projet en commun, partager nos valeurs de solidarités, de démocratie, de citoyenneté et d’écologie. Ensuite on a engagé avec tous les candidats de « Loire-Atlantique à gauche » un programme. Nous avons pu en tant qu’écologistes participer pleinement et apporter des mesures.

On s’ancre bien dans la majorité mais on tient à notre identité politique singulière d’écologie politique, on est dans un état d’esprit de coopération totale avec la majorité puisque nous avons construit ce programme ensemble. Nous avons aussi une spécificité politique sur l’écologie politique et on doit aussi à nos militants et à nos militantes qui nous ont portés de faire vivre cette spécificité dans un hémicycle. 

Quels sont vos axes prioritaires ?

Il y a des gros enjeux sur l’artificialisation des sols, la protection des ressources, de l’eau, des terres agricoles. Travailler sur la revitalisation des coeurs de bourg plutôt que sur l’étalement urbain, sur la qualité de l’eau ça implique de sécuriser en amont des bassins versants, de favoriser une agriculture qui protège aussi nos paysages et la biodiversité notamment à travers les Péan (Périmètres de Protection des Espaces Naturels et Agricoles) des espaces de préemption du département notamment au niveau de l’ancien projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il nous faut accélérer sur ces questions-là.

Nous souhaitons aussi lancer un travail en lien avec les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale), les élus locaux sur comment le département peut diagnostiquer, mesurer, s’adapter, prendre en compte dans les politiques publiques le réchauffement climatique. 

On a conscience des enjeux sur la protection de l’enfance qui est en tension aujourd’hui. Avec nos collègues de la majorité on a fait une priorité d’investir pour développer des services de meilleure qualité et en quantité suffisante sur le territoire. Le département prend 16 000 personnes par an (selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE, ndlr). Il faut aussi adapter le service public aux nouveaux besoins comme sur le handicap, il nous faut développer des services. Ce sont des sujets que je connais un peu moins car je ne suis pas positionné dessus mais j’ai pleinement confiance en mes collègues pour les porter.

Il y a un secteur qui me tient à coeur plus personnellement, c’est ce qu’a déjà fait la Maire de Pontchâteau [Danielle Cornet] en mettant en valeur un territoire zéro chômeur de longue durée. C’est de mettre en valeur des initiatives du terrain, de la société civile pour créer des emplois pour tous via ces dispositifs.

Sur votre canton, avez-vous des problématiques sur lesquelles vous souhaitez travaillez avec votre binôme ? 

C’est un canton qui est la croisée entre trois fleuves, la Loire, l’Erdre et la Sèvre nantaise. Je suis aussi élu au bassin versant à la Commission locale de l’eau de la Sèvre nantaise. Sur ces questions il y a pas mal d’actions qui me tiennent à coeur, de promouvoir une agriculture plus respectueuse, d’assurer la continuité écologique de la rivière. Même si on est à l’aval nous récupérons une qualité des eaux la plus malmenée. Il faut agir sur le canton mais bien en amont sur les autres territoires.

Il y a le Clos-Toreau, un quartier prioritaire de la ville, et j’essaie de voir comment on pourrait avec des habitants de ce quartier mettre en place du vrac pour que les personnes puissent accéder à une alimentation de qualité avec des coûts accessibles. 

Des budgets participatifs par canton, faire participer les citoyens du canton à se mobiliser pour proposer des projets qui obtiendront des financements et que les gens votent pour les projets retenus de ce budget participatif dédié au canton. On a aussi souhaité mettre en place des programmes de pistes cyclables, c’est particulier mon canton puisque la plupart des politiques publiques sont gérées par Nantes Métropole, le département peut aussi aider en subventionnant ces travaux de pistes cyclables.

Un autre sujet, mais c’est la politique de la région, c’est le RER métropolitain. Un train quotidien qui permet de desservir et de revitaliser les gares un peu à l’abandon autour de Nantes. Je n’ai pas encore eu le temps de m’intéresser au sujet pour voir comment le département pourrait agir.

De quels moyens disposez-vous pour mener votre mission d’élu ?

On a un ordinateur de mission et un téléphone portable. Je suis à vélo quand je me déplace dans le département, j’essaie de prendre le train et de mettre mon vélo dedans ce n’est pas toujours facile, parfois on est obligés de prendre sa voiture. Nous avons un collaborateur pour le groupe écologiste, ça a été un travail pendant six mois d’organiser notre fonctionnement.

On représente aussi beaucoup le département dans des organismes, la semaine est vite remplie seulement par les instances de représentation sur lesquelles il faut travailler. Le temps qu’il me reste je le monopolise pour développer la mission sur le projet alimentaire. J’ai décidé cette première année de calage de quitter mon travail de chargé de mission à Nantes Métropole et on verra si je peux reprendre un travail à mi-temps. 

Comment organisez-vous les échanges avec les habitants de votre canton notamment en période de Covid ?

Ce n’est pas facile, souhaité et souhaitable, de multiplier les rencontres. Ça a été un problème pendant la campagne, moi qui aime aller faire du porte-à-porte rencontrer les gens. Je suis en contact avec les différentes associations du canton, je me suis rendu aux différentes maisons de quartiers de Nantes sud, de l’île de Nantes et de Nantes Centre où les habitants pouvaient venir à la rencontre des élus de la ville de Nantes. J’ai un compte Facebook où j’essaie de montrer ce que je fais, de répondre aux messages, on me sollicite par mail.

Je suis en lien avec les groupes de militants écologistes et autres qui sont ancrés sur les quartiers du canton mais je n’ai pas encore de permanence lancée pour accueillir les gens, c’est une question que je dois aborder prochainement avec ma binôme mais ce n’est pas facile de trouver un local.

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