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L’apprentissage des éco-gestes commencent tôt. Entre calcul mental, grammaire et lecture, le développement durable s’immisce à l’école primaire. Certains établissements scolaires ont même décidé d’intégrer le programme « Eco-Ecole ». Le principe ? Un cap fixé à la rentrée avec un label à la clé récompensant les actions mises en oeuvre tout au long de l’année. A La Planche et Quilly, près de Nantes, les enfants sont sensibilisés dès le plus jeune âge.
Deuxième article de notre dossier : Ecologie : les enfants s’engagent dès le plus jeune âge.
« Mince ! dans quelle poubelle faut-il le jeter ? » Qui ne s’est pas déjà retrouvé dans cette situation où le déchet que l’on tient entre les mains nous paraît tout d’un coup prendre l’apparence d’un casse-tête ? Et si on peut compter sur les repères glanés à droite, à gauche, les fiches explicatives sont parfois rangées dans un tiroir. Un réflexe que les plus jeunes intègrent quelquefois mieux que les plus grands. L’école joue un rôle important dans ces premiers apprentissages, c’est le cas notamment dans [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
les éco-écoles.
A Saint-Exupéry de La Planche, le développement durable englobant l’écologie, le social et l’économie, s’est imposé depuis 2011. Dans la commune de Quilly, au nord de la loire, l’école Sainte-Thérèse participe depuis l’année dernière à cette démarche.
L’Eco-école, un programme et un label de Teragir
Lancé en 2005, Eco-école de Teragir, association d’éducation au développement durable, concerne les établissements scolaires publics et privés. Il se décline en huit thématiques : les déchets, la biodiversité, l’alimentation, l’eau, les solidarités, la santé, l’énergie et le climat. Après avoir effectué ces différents sujets, l’école Saint-Exupéry de La Planche (167 élèves) a choisi de plancher sur son propre fil conducteur « on a demandé au programme Eco-Ecole s’il était d’accord et on a pris le respect. » explique le directeur Laurent Dennemont.
36 % des établissements inscrits dans ce dispositif optent pour les déchets indique Teragir. C’est d’ailleurs le premier abordé à Sainte-Thérèse (54 élèves) situé à Quilly « On récupérait les papiers que l’on revendait on a voulu continuer sur les déchets, la valorisation, le tri. » souligne Nathalie Billy, directrice. Toutes les classes y participent, En quoi cela consiste-t-il en particulier autour de l’écologie ?
Un emploi du temps éco-citoyen
Quand la sonnerie retentit, une fois les cahiers et trousses disposés sur les bureaux, un emploi du temps éco-citoyen attend les élèves. A l’école élémentaire, les matières sont mises en lien avec le développement durable. Même s’il n’est pas possible de le rendre présent dans toutes les disciplines, il rythme le quotidien des enfants. En Maternelle, Laurent Dennemont confie qu’il est parfois plus difficile de l’enseigner aux tout-petits.« il y a des thématiques qui sont un peu compliquées. Les énergies une fois que l’on a fait le tour de limiter la consommation d’énergie, ne pas trop chauffer, éteindre les lumières, c’était un peu compliqué pour les maternelles. ».
Les instituteurs se réunissent afin de faire le point au démarrage « On fait des conseils des maîtres spécifiques pour mettre en place le projet éco-école. On définit nos actions, on fait appel aux partenaires. » précise le directeur et enseignant de Saint-Exupéry. Une organisation similaire à Sainte-Thèrèse « On s’est réunis avec les enseignants pour réfléchir à ce que l’on pouvait faire à l’école. ». Les enseignants ne manquent pas de créativité pour élaborer un planning adapté et ludique.
Ainsi, réunions, ateliers et sorties ponctuent le calendrier. Quelques animations phares ? Un jeu avec l’école privée à La Planche « on a des petits objets cachés dans un grand champ, les enfants doivent aller les chercher, il y a des petites questions sur le développement durable » et la visite de lieux habituellement fermés au public. Du côté de Quilly, la récupération des cartouches d’encre et des piles et la visite à Treffieux du site de recyclage des déchets.
Le pont entre les plus jeunes et les grands
Les enfants s’investissent aussi dans le choix des actions. Des réunions se déroulent à leurs côtés. Des éco-délégués sont nommés après un vote et participent à la mise en place de projets en faveur de l’environnement. Une circulaire passée en 2020, initiée par Jean-Michel Blanquer Ministre de l’Education Nationale, rend obligatoire l’élection d’éco-délégués dans les collèges et les lycées. Leur présence est recommandée en CM1 et CM2. Saint-Exupéry ayant obtenu deux fois sur une période de six ans, le label E3D Etablissement Démarche développement durable de l’Education Nationale, a procédé aux élections. Leur rôle ? « Ils viennent au conseil d’école les 30 premières minutes nous présenter leur projet, on en discute avec les représentants de parents, la municipalité. »
« C’est une démarche citoyenne pour les futurs adultes de demain »
Les élèves sont sollicités en classe afin de mettre en place les initiatives sur le principe d’une réunion autour du thème écrit sur un tableau comme à La Planche « On écrit biodiversité au tableau et on prend tout ce que les enfants vont nous dire. ». Une démarche de plus en plus réalisée à leurs côtés dès le début. « Les premières années on arrive avec notre projet ça fonctionne mais là maintenant on essaie de partir des idées des enfants ». Les enfants s’investissent et font également participer les adultes.
Les cartouches d’encre apportées à Sainte-Thérèse sont envoyées à un organisme « qui les revalorisent et nous reversent un certain montant en fonction des cartouches que l’on envoie » précise Nathalie Billy. Une collecte réalisée auprès de leurs parents qui sont aussi invités à ne pas jeter les piles utilisées « On va les revaloriser cette année, un montant que notre école reversera à une association pour qu’un village d’Amérique latine puisse avoir l’électricité » ajoute-t-elle.
« C’est une démarche citoyenne pour les futurs adultes de demain » conclut Nathalie Billy qui assure « qu’au quotidien, on n’a pas l’obligation de leur rappeler tous les jours. ». Depuis la rentrée, ils travaillent sur la thématique de l’eau. Le constat est identique à La Planche où les enfants ont acquis les éco-gestes qu’ils peuvent ensuite partager avec leurs parents.
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A l’école, l’apprentissage des gestes éco-citoyens
