Interview. Après un passé de viticultrice au sein de l’exploitation familiale, Catherine Bouin-Jacquet décide de se reconvertir en 2015 avec la passion du cuir en ligne de mire. Elle créé son atelier d’artisanat d’art de maroquinerie « Mauve et Fauve » en alliant mode et savoir faire minutieux, tout en ayant à l’esprit la création éco-responsable. Elle nous ouvre les portes de son atelier de maroquinerie à Saint Aignan-de-Grandlieu.
Pouvez-vous expliquer en quelques mots votre métier ?
C’est de la maroquinerie au sens classique du terme, des sacs, de la petite maroquinerie, porte-carte, portefeuille et porte-clés. Je fais des pochettes et j’ai un produit un petit peu phare qui est la manchette en cuir. Je travaille le cuir, je fais tout de A à Z. Je commence par concevoir le modèle, l’imaginer dans ma tête, le mettre en dessin sur le papier. Ensuite, je réfléchis aussi aux matières alors soit ça part d’une idée d’un dessin et je cherche la matière après, soit une matière m’inspire et j’en fait quelque chose.
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Je fais parfois aussi un prototype papier carton quand j’ai vraiment [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
besoin de savoir ce que ça peut donner, ou je passe sur un prototype cuir directement si c’est une petite pièce sur des cuirs de moindre qualité.
Votre métier est polyvalent, vous dessinez vous-même, vous cherchez vos matières, quel a été votre parcours professionnel ?
Complètement atypique par rapport à la maroquinerie. Depuis très jeune, j’ai toujours été attirée par l’artisanat, l’art, les métiers artistiques, la mode, les accessoires et aussi au niveau des matières, le cuir et tous les tissus et les broderies. J’ai toujours eu une attirance pour les sacs en cuir, les chaussures et les ceintures, les gants, tous les accessoires qui pouvaient s’harmoniser ensemble. J’aurais aimé en faire aussi mon métier quand j’étais très jeune mais en fait j’ai repris la suite de mes parents qui avaient un domaine viticole depuis plusieurs générations, et donc j’ai été viticultrice jusqu’en 2015.
C’est vrai que pendant toutes ses années j’ai toujours cousu, travaillé des choses artisanales mais uniquement pour moi sans jamais en vendre mais très souvent sans jamais le montrer
C’est complètement une reconversion professionnelle que vous avez opérée ?
Exactement. Pendant toutes ses années j’ai toujours cousu, travaillé des choses artisanales mais uniquement pour moi sans jamais en vendre mais très souvent sans jamais le montrer (rires). Quand j’ai arrêté la viticulture, je me suis dit tout de suite que ce serait forcément un métier de création un métier artisanal en lien avec la mode et les accessoires. Je n’étais pas forcément fixée au tout départ sur le cuir […] mais j’ai fait une journée de découverte des métiers du cuir et puis j’ai vu que c’était super intéressant […] donc je me suis tournée vers la maroquinerie et c’est comme ça que j’ai commencé.
Quand c’est un bel accessoire de mode ou un beau vêtement de mode et qu’il est fait dans les règles de l’art je trouve ça magnifique, pour moi c’est aussi une oeuvre d’art.
A quel point la mode vous inspire dans vos créations aujourd’hui ?
D’un point de vue général c’est le reflet des époques forcément, c’est un métier qui peut parfois être vu comme superficiel mais qui génère tellement de choses sur le plan artistique, du savoir-faire, économique et aujourd’hui environnemental puisqu’on s’y penche aussi. C’est un secteur qui ne peut pas être pris à la légère en fait. Sur le plan esthétique, ça m’inspire énormément puisqu’en fait on trouve de la mode dans tout, non seulement dans les magazines mais dans les films, au théâtre […] il y a des modèles qui marquent les esprits, des époques, des rôles […] Et puis sur l’esthétique quand c’est un bel accessoire de mode ou un beau vêtement de mode et qu’il est fait dans les règles de l’art je trouve ça magnifique, pour moi c’est aussi une oeuvre d’art.
Vous parlez d’écologie, vos créations sont éco-responsables, pourquoi ce choix et comment fonctionnez-vous au sein de votre atelier ?
Ce n’est pas respectueux de jeter des belles choses . Cela demande plus de réflexion, plus d’organisation mais on peut toujours en faire quelque chose. Parfois on met de côté des matières parce qu’elles ne correspondent plus à la couleur de la mode de l’année, et je trouvais ça dommage quand même, ce n’était pas la peine en fait de les mettre de côté, elle avaient aussi un intérêt. C’est majoritairement cette utilisation là, mais parfois j’utilise aussi des peaux entières qui viennent d’être tannées qui sont dans le circuit nouveau, parce que c’est parfois difficile d’être à 100%. Je suis quand même à 95% sur de l’utilisation de stocks dormants.
Avec quels type de clients travaillez-vous ?
Majoritairement des particuliers. J’ai eu des commandes pour une entreprise pour un client unique avec une pièce unique ou des cadeaux clientèle. Ou sinon un travail de sous-traitance pour des maisons, pour Alexis Biette où j’habille l’écrin de parfum solide avec le cuir. C’est un travail d’habillage et d’écrin sur des séries plus importantes pour une entreprise […] et je fais le marquage à chaud au film doré dessus.
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