Photo : Pohem, Sarah Scaniglia
Quand une rencontre mène à une symbiose musicale évidente, c’est la jolie histoire du groupe Pohem au style artistique à l’équilibre éclectique. Il sort son premier album intitulé « Creatures ». Rencontre avec Benoist Foulonneau, saxophoniste et compositeur.
Il y a cinq ans, trois artistes qui se connaissaient déjà ont voulu travailler ensemble. De cette envie est né Pohem, un groupe nantais bercé par des influences multiples. En 2024, les membres franchissent un cap, la sortie d’un premier album « Creatures » le 14 juin prochain porté par le titre « Imparfaits ».
Une pluralité harmonieuse
« On a fait du funk, du jazz chacun de notre côté et puis on s’est retrouvés sur ce projet dans l’idée de faire de la composition » confie Benoist Foulonneau lorsqu’il se remémore leurs débuts. Avec Charline Dematteo et Thomas Krzyzaniak, ils souhaitent trouver un nom reflétant le côté poétique de leur univers. C’est ainsi que poème est devenu évident pour eux avec une originalité l’écrire « Pohem ».
« Au début, on a créé ce groupe pour se faire plaisir, on n’a pas tous les mêmes bagages musicaux » explique Benoist Foulonneau, saxophoniste issu du jazz et du classique. Il définit Charline comme plus « éclectique », Thomas vient du pop rock et jazz. Leurs premiers pas en composition ? « Charline aime bien les choses minimalistes, elle a commencé par écrire des morceaux très simples ».
De son côté, il[ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
précise être « plus dans la recherche de la note qui fait fondre avec des accords bien généreux » tandis que Thomas apporte son énergie. Une dynamique entraînant un équilibre, une musique cohérente. Aux compositions, se sont ajoutés des passages chantés en italien. « Charline a une voix très aiguë et un peu angélique » souligne Benoist Foulonneau d’abord pianiste avant d’opter pour le saxophone alto plus en accord avec sa façon de s’exprimer sur scène. Désormais ces instants chantés assurent une transition entre leurs titres, de quoi renforcer la magie qu’ils recherchent « on trouvait que ça se mariait bien avec l’esthétique que l’on visait ».
« Creatures » de 7 titres
Chacune de leur chanson débute dans un cocon constitué de compositions prenant forme suite à des aller-retours entre chaque membre de Pohem. « C’est un genre de ping-pong qui se passe amenant une structure ». Puis, elle évolue lors des répétitions après les séances studio.
Le premier titre de leur opus reflète particulièrement ce processus de création. Dans « Imparfaits » sorti ce vendredi, Charline souhaitait parler de métamorphose. Benoist lui envoie son idée et des échanges construisent le titre avant que Thomas y apporte « une énergie un peu différente. » Ensuite, les répétitions donnent une autre dimension à la composition.
« On laisse pas mal de liberté à l’imaginaire, de réenchantement, de fascination, soit la nature, les légendes » indique Benoist Foulonneau. « Quand on compose, on ne l’identifie pas forcément mais en répétition, on voit apparaître des créatures (rires). En jouant, ce sont par exemple des chrysalides ou un cachalot apparaissant au travers des sonorités de leur musique. « Ce sont des allégories qui nous permettent de synthétiser les idées. » ajoute-t-il.
« Imparfaits », porte sur les défauts et manquements en partant de « cette impression d’imperfection ». Une structure « harmonique simple » enrichie d’accords et d’une « phase plus jazz ».
Des compositions présentées en amont sur scène
Avant d’enregistrer « Creatures » en studio, les scènes se sont enchaînées pour Pohem. Le groupe a joué dans des endroits divers tels que des café-concerts, des salles ou encore lors des nuits de la lecture. Durant cet évènement, ils se sont inspirés du thème de l’édition et ont proposé des morceaux en lien avec le sujet comme la peur.
Aller à la rencontre du public leur offre l’opportunité de tester leurs créations. Côté couleurs sonores, Pohem ne veut pas se définir par un seul style . Leurs instruments correspondant au jazz, avec contrebasse, saxophone et piano mais Pohem « refuse un attachement stylistique » affirme Benoist Foulonneau. «On va retrouver nos influences individuelles, ll y a un fil conducteur amenant une cohérence à notre répertoire »
Prochaine date ? Belle de Jour à Nantes le 7 juin 2024. Un lieu où les acolytes souhaitent « une atmosphère suffisamment intime » afin d’embarquer le public dans un concert « en mode écoute active ». La set list racontera une histoire avec une succession de tableaux liés par les transitions poétiques chantées. L’artiste parle de l’album comme une naissance, une concrétisation.
« Creatures ouvre la porte sur une autre étape, c’était important de graver cet album » se réjouit Benoist Foulonneau.
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