Créés en 2012 par la Ligue contre le Cancer, les espaces sans tabac sont au nombre de 276 en Loire-Atlantique. L’association souhaite ainsi « dénormaliser » le tabac, 1er facteur de risque de cancer en France.
Se promener dans un parc, s’offrir une séance farniente sur la plage sans être gêné(e) par l’odeur de cigarette, c’est désormais possible avec les espaces sans tabac. La Ligue contre le cancer développe ce label en France depuis 2012, 7000 lieux sont concernés au niveau national. En Loire-Atlantique, on en compte 276 en 2025 dont environ 200 dans l’aire urbaine de Nantes. Comment sont-ils mis en place ? Quels sont les objectifs ? Explications avec Chloé Julienne, Responsable « Prévention et Promotion des dépistages » de la Ligue contre le Cancer 44.
Impliqué dans 17 localisations de cancer
En Pays de la Loire « 22 % des habitants de 18 à 75 ans fument quotidiennement contre 25 % au niveau national » rappelle Chloé Julienne soit un léger mieux dans la région. Une habitude néfaste aux lourdes conséquences car le tabac est impliqué dans 17 localisations différentes de cancer « dans 80 % des cancers du poumon, dans 70 % des cancers des voies aérodigestives supérieures et dans 50 % des cancers de la vessie » alerte-t-elle.
Rendre le tabac « moins visible et moins désirable »
Le but de ces espaces est de « dénormaliser le tabac », de le rendre « moins visible et moins désirable pour les enfants » souligne Chloé Julienne. Ce sont plutôt des lieux où le jeune public vient qui sont labellisés afin de « réduire l’initiation au tabagisme ». Ainsi, les endroits choisis sont des parcs, des plages ou encore les abords des écoles.
En s’y rendant, les personnes fumeuses souhaitant arrêter ne croisent pas d’autres fumeurs ce qui peut les aider. Ces espaces sans tabac sont bien acceptés par la population. « Un [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
sondage Ipsos a montré que 86 % des personnes sont favorables à leur mise en place aux abords des écoles » indique Chloé Julienne. Autre but recherché par les communes, la préservation de l’environnement « une action sanitaire et environnementale ».
Une signature de convention et un affichage pédagogique
La Ligue contre le cancer accompagne les communes pour créer ces espaces sans tabac. L’association est contactée par les parents d’élèves, des agents ou des élus. « Souvent les villes nous sollicitent après avoir vu une commune voisine » effectuer cette démarche constate la responsable « Prévention et Promotion des dépistages ». Parmi les dernières communes à se lancer, Le Pellerin, Bouguenais, Port-Saint-Père et Saint-Herblain. Suite à la signature, un arrêté municipal délimitant l’espace et la durée est pris « mais il ne mène pas à des contraventions, le but est vraiment pédagogique […] C’est accepté et globalement respecté » note-t-elle.
Des panneaux de communication pédagogiques sont ensuite installés reprenant le visuel des Espaces sans tabac identique sur tout le territoire. « Il peut y avoir des marquages au sol en plus ». Sur demande de la commune, La Ligue contre le cancer peut aussi former les agents territoriaux « afin qu’ils deviennent porte-parole et qu’ils puissent expliquer aux parents ». A Bouguenais, l’association est intervenue en classe auprès des CM1 et CM2. Elle est aussi présente aux inaugurations afin d’échanger avec les habitants.
« Ce qui nous intéresse, c’est la démarche pédagogique. Quand on rencontre les communes, on leur dit que ce n’est pas juste de la pose de panneaux » insiste Chloé Julienne.
Photo : Ligue contre le cancer
A lire également : Un temps fort pour parler du Syndrome de l’X fragile à Nantes
[/ihc-hide-content]
