Grande distribution : L’intelligence artificielle contre le gaspillage alimentaire

Depuis 2012, Smartway, entreprise située à Saint-Herblain, développe des outils destinés à la grande distribution. Basés sur l’intelligence artificielle, ils visent à lutter contre le gaspillage alimentaire. Un enjeu très lié à l’Economie car derrière cette dynamique c’est aussi l’amélioration de la rentabilité de ces magasins qui est recherchée. 

Smartway, le nom ne vous dit peut être rien mais ses rayons « Zéro gâchis » certainement. Dans les supermarchés, ces points anti-gaspi avec ses réductions alléchantes se sont déployés ces dernières années. Derrière cette logistique, l’intelligence artificielle. Une solution lancée en 2012 en Bretagne par Paul-Adrien et Christophe Menez avec leur ami d’enfance Nicolas Pieuchot. L’entreprise est désormais installée à Saint-Herblain. 

Sauver des aliments à date courte et réduire le coût financier dans les supermarchés

 « Avec l’inflation arrivée après le Covid, on voit que l’alimentaire est devenu une variable d’ajustement pour les Français » souligne Samuel Abraham, responsable Marketing de Smartway. Les clients rogneraient ainsi « un peu plus sur la qualité ». En se tournant vers le rayon « Zéro gâchis », ils bénéficient de remises sur les produits frais. « Les zones anti gaspi en France sont vides beaucoup plus vite qu’avant » constate Samuel Abraham. A ce jour, Smartway compte plus de 400 rayons de ce type en France.

Réduire les pertes alimentaires, c’est aussi gagner quelques euros pour le distributeur.  « Ça coûte de l’argent de mettre des aliments à la poubelle, l’objectif du distributeur est de récupérer le moindre centime possible ». Revaloriser les produits, une démarche déjà en place avec des réductions allant souvent de 50 à 80%. Cette forte remise  « réduit toute votre marge » note Samuel Abraham.

Zéro gâchis devenue Smartway s’est rendue compte « en faisant des expériences avec les consommateurs qu’ils étaient prêts à acheter un produit à moins 10 %. » Des produits à date courte qui s’ils restaient sur leur étagère classique seraient boudés par les clients. Avec l’intelligence artificielle, les chefs de rayon identifient les articles concernés plus facilement. Le logiciel s’appuie sur plusieurs paramètres, propose une remise afin de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

trouver « la bonne balance entre le « taux de sauvetage du produit » et la marge ». S’ils ne peuvent pas être revalorisés en magasin, ils sont alors donnés aux associations « le logiciel prend la décision ».

Des particularités côté fruits et légumes

Lorsque les articles ont un code-barre, il est facile de les tracer. Les fruits et légumes font exception, ils sont présentés sans. Alors de la mise sur les étals en passant par la balance et le passage en caisse, plusieurs erreurs risquent de perturber leur décompte. Dans ce secteur, « 15 % des chefs de rayon sont capables de battre le système, il y a trop de paramètres à prendre en compte » affirme Samuel Abraham. L’intelligence artificielle va ainsi les aider à « fiabiliser les stocks ». En moyenne, sur l’ensemble d’un supermarché il y a environ 1,5 % de casse pour les aliments selon Smartway. Dans les allées primeurs c’est « 6 % de casse, un gaspillage 4 fois plus important, un vrai challenge pour les distributeurs ». 

Sur cette problématique de gaspillage, Samuel Abraham pointe aussi le comportement des consommateurs. L’entreprise et les distributeurs auraient aussi observé au travers d’une étude des achats non effectués si les étals sont peu remplis. Ils s’appuient sur le « taux de pénétration » c’est-à-dire le nombre de clients entrés afin d’acheter un produit présent sur leur liste. « S’il y a des ruptures ou que le rayon est mal tenu, ça a une influence sur l’achat. Par exemple si un consommateur veut acheter des bananes et qu’il a 4 à 5 régimes, l’étude démontre qu’il ne va pas en acheter ».  Cette notion esthétique « très forte » expliquerait que ces végétaux garnissent abondamment les étagères « Le jour où l’on décide de consommer plus responsable, le distributeur mettra moins de fruits et légumes » assure Samuel Abraham.

Une commande optimisée en amont pour moins de produits en aval

Smartway veut aussi agir en amont au niveau des commandes. L’intelligence artificielle devient assistante des chefs de rayon en lui indiquant la demande sur chaque référence « Par exemple s’il y a 50 yaourts d’une marque dans la zone Zéro gâchis, il faut que l’on soit en capacité d’avertir que la gamme ne se vend pas bien et qu’il ne faut pas en recommander. »  Concernant les fruits et légumes, le chef de rayon doit avoir « une connaissance très fine de la saisonnalité, des fournisseurs » et la météo impacte les ventes. L’algorithme se nourrit de données le conduisant à mieux prévoir la demande lorsqu’il a des jours fériés ou des saisonnalités qui changent notamment.

L’intelligence artificielle adresse ensuite une proposition de commande au chef de rayon qui la valide ou non. L’objectif étant de réduire les produits en amont afin de ne pas avoir de pertes en aval. 

La société compte une centaine de salariés et a sauvé « 8 600 000 produits » l’an dernier dans la région grand ouest s’étendant de Brest à La Rochelle. « Un équivalent de 4000 tonnes, ça représente plus de 10 000 tonnes de CO2 sauvées et 11 Millions d’euros » indique Samuel Abraham.

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