Haies et Mares : Un travail multipartenarial dans le bassin versant de Grand Lieu

En se réunissant autour des mares et des haies, les acteurs du territoire du bassin versant de Grand Lieu affichent un cap. Simplifier l’accompagnement des bénéficiaires souhaitant mettre en place un chantier de restauration ou de création. En quoi ce projet HeMa consiste-t-il ? Explications.

Rien que le nom lève le voile sur ses contours. Nommé « Projet HeMa », contraction de haies et de mares, il réunit divers acteurs du bassin versant de Grand Lieu. A l’origine de cette démarche, l’envie de simplifier l’accès à l’accompagnement dédié aux bénéficiaires autour des enjeux de l’eau ou encore de biodiversité. 

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Un travail collectif afin de mieux aiguiller les porteurs de projets

« Au CPIE  le projet HeMa conçu en 2018 était fondé sur des actions de terrain, d’accompagnement des différents propriétaires. Il s’est terminé en 2020. On a souhaité le relancer, au départ sur les communautés de communes de Grand Lieu et de Sud Retz Atlantique » résume Elisabeth Lagadec, chargée de projet au CPIE Logne Grand Lieu. Face à ce constat, entreprendre un travail collectif s’est imposé. D’abord par le biais d’une co-construction avec le Syndicat du Bassin Versant de Grand Lieu axé sur la thématique eau.

Chambre Régionale d’agriculture des Pays de la Loire, Fédération des maraîchers nantais, Horizon Bocage, Centre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu Rural (CIVAM 44) et le Groupement des Agriculteurs Biologiques (GAB 44) font notamment partie des structures mobilisées.  « Il y a eu une réflexion commune avec le syndicat du bassin versant de Grand Lieu, beaucoup d’acteurs sur le territoire interviennent sur cette thématique Haies et Mares mais n’ont pas les mêmes conditions d’éligibilité. Il y a ceux qui interviennent qu’auprès des agriculteurs ou à partir d’un certain nombre de mètres linéaire de haies, ce n’est pas forcément évident pour les différents publics de s’y retrouver » souligne-t-elle.

Cette « coordination globale » comme la décrit Elisabeth Lagadec a conduit a mettre en place un [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

numéro unique via le Syndicat du Bassin Versant de Grand Lieu, 02 40 78 09 17. Il reçoit les appels et oriente ensuite les personnes vers les structures les plus adaptées à leur demande.

« La motivation est aussi dans nos prérequis, quelqu’un qui veut faire une mare pour que ce soit juste un bassin à poissons, c’est rédhibitoire parce que notre angle d’attaque, c’est la biodiversité »

Qui sont les publics bénéficiaires ?

Agriculteurs, habitants, associations, entreprises, collectivités et particuliers peuvent être épaulés. Chaque partenaire s’adresse à un public cible même si un coup de pouce reste possible de la part d’un autre acteur « Les agriculteurs, ce n’est pas notre public de départ mais on se propose de compléter un peu les mailles de ce fonctionnement. »

Des réunions avec les communautés de communes ont contribué à faire connaître ce projet ainsi que des plaquettes élaborées par le CPIE et distribuées par le Bassin Versant de Grand Lieu dans les différentes communes du territoire comme Saint-Aignan de Grand Lieu, Bouaye, La Chevrolière, Saint-Philbert de Grand Lieu et Pont-Saint-Martin « La chargée de mission (du Syndicat du Bassin versant, ndlr) me disait qu’elle a déjà des sollicitations qui commencent à arriver ou des personnes souhaitant en savoir plus. »

Bien que des appels à candidatures soient lancés, les demandes extérieures restent majoritaires. Les personnes bénéficient d’un accompagnement technique et financier. La sélection repose sur des critères d’éligibilité. Du côté du CPIE, Elisabeth Lagadec explique « la motivation est aussi dans nos prérequis, quelqu’un qui veut faire une mare pour que ce soit juste un bassin à poissons, c’est rédhibitoire parce que notre angle d’attaque, c’est la biodiversité et notamment les amphibiens, ce n’est pas compatible. » Au CPIE, sur une dizaine de mares réalisées, 80-90 % relevaient de demandes de particuliers.

Quels sont les enjeux liés aux mares et haies ?

Concernant l’eau, les mares régulent les crues quand les haies bocagères offrent une meilleure infiltration de l’eau de ruissellement. Côté biodiversité, elles se révèlent comme des réservoirs pour que la faune et la flore réinvestissent les lieux. « Quand on a mené le projet entre 2018 et 2020, on avait un suivi avant et après travaux pour les mares. Les autres structures ne font pas de relevés faune, flore. On a la possibilité de le faire au CPIE ».

Entre 2018 et 2020, le retour des amphibiens a été noté dans les nappes d’eaux « Le site va redevenir un site de reproduction pour ces espèces comme par exemple la grenouille agile, on a également les libellules que l’on étudie, leur présence montre le retour de la biodiversité. » Il n’y a en revanche pas de suivi spécifique concernant les haies bocagères cependant « les reptiles et oiseaux sont des groupes très menacés dans le paysage. Il est essentiel pour nous de restaurer le maillage bocager en campagne et dans les villes, de façon à revoir ces populations en meilleure forme. »

 « On va commencer pour cette fin d’année à travailler avec le Syndicat pour coordonner un peu les actions réalisées par les différentes structures, de façon à avoir une communication commune »

En quoi les travaux consistent-ils?

L’aménagement des mares repose souvent sur une création avec creusage réalisé par des pelles mécaniques. Quand cela concerne une restauration, une pelle va également intervenir afin d’effectuer un curage dans un souci d’une meilleure fonctionnalité écologique pour les espèces aquatiques et semi-aquatiques. Elles sont souvent « en mauvais état, on va avoir du débroussaillage, de l’élagage. C’est faire revivre les mares en mettant les moyens nécessaires ce qui n’est pas forcément à la portée de tout le monde, c’est très vite un frein financier et technique » affirme la chargée de projet. La plantation de haies bocagères et non ornementales repose sur le choix d’essence locales et méditerranéennes, adaptées à la sécheresse comme le Chêne Sicile. 

En parallèle, des actions axées sur l’agro-foresterie et le boisement gardent une place importante dans ce projet HeMa. Des animations sont aussi programmées durant l’année. « On va commencer pour cette fin d’année à travailler avec le Syndicat pour coordonner un peu les actions réalisées par les différentes structures, de façon à avoir une communication commune » conclut Elisabeth Lagadec. Un travail multipartenarial qui pourrait se déployer sur d’autres communes du Pays de Retz.

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