Info Nantes : Lucie Etonno porte l’écologie au conseil régional

Elue en 2015 conseillère régionale, Lucie Etonno a été réélue en 2021 sous la bannière  « L’Ecologie Ensemble, solidaire et citoyenne »  Co-présidente du groupe écologiste en binôme avec Matthieu Orphelin qui a quitté ses fonctions, elle souhaite désormais porter l’écologie à bras le corps au sein des Pays de la Loire en prenant la présidence du groupe à l’assemblée régionale.

Quel est votre parcours politique ?

J’ai commencé à militer avec Europe Ecologie Les Verts en décembre 2014. On avait organisé une manifestation commune avec des étudiants à la fac sur les enjeux de légalisation et de dépénalisation du cannabis. En décembre 2014, ils m’ont demandé si j’acceptais d’être candidate pour les départementales en Vendée, parce qu’il y avait un re découpage. Assez vite, j’ai été une première fois candidate à une élection départementale pour les écologistes. Je pensais m’engager politiquement plus tard, je pensais d’abord à mon projet professionnel et en fait j’ai eu un engagement politique à l’aube de mes trente ans.

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J’étais [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ] investie sur les questions d’agriculture paysanne et de compostage sur la commune de Dompierre-sur-Yon [Vendée], c’était une façon de poursuivre cet engagement dans le champ politique. J’ai participé aux réunions d’EELV sans adhérer et j’ai continué, y compris après la campagne des départementales, à faire des réunions et à m’engager sans franchir le pas d’adhérer au parti politique mais en militant à leurs côtés. En septembre 2015, j’ai été désignée tête de liste en Vendée pour les élections régionales.

Vous prenez la succession de M. Orphelin à la Présidence de votre groupe, comment allez-vous vous inscrire au sein de l’assemblée régionale ?

On s’est lancés dans la campagne avec Matthieu Orphelin, en binôme politique et assez naturellement on est devenus tous les deux co-présidents dès le début. Matthieu nous a annoncé son départ, et après discussions avec le groupe ils m’ont accordé leur confiance pour être la présidente du groupe.

Quels sont les sujets que vous allez porter au sein du conseil régional pour les prochains mois à venir ?

Pendant cette session (du 23 et 24 juin 2022 ndlr) on a porté des sujets en lien avec l’urgence climatique. On a trouvé complètement hallucinante la délibération où la région des Pays de la Loire demande à déroger à la loi Climat et Résilience que nous considérons déjà comme une loi pas assez ambitieuse. Pourquoi ? Pour pouvoir bétonner davantage alors que les scientifiques disent, les constats sont partagés, que nous allons devoir moins artificialiser les sols, moins bétonner et préserver nos terres naturelles et agricoles.

« On ne veut surtout pas que la majorité régionale continue cette offensive, et poursuive ses discours en disant que les Pays de la Loire auraient presque un droit d’exception au vu de la situation économique et démographique »

Nous sommes montés au créneau contre cette délibération afin de montrer qu’il y avait un autre modèle de développement économique, de développement de l’urbanisme y compris en Pays de la Loire, et même si c’est une zone touristique avec une population importante qui va être amenée à augmenter selon les prévisions dans les prochaines années. On peut penser l’aménagement du territoire pour préserver nos terres naturelles et agricoles, et aussi atteindre les objectifs de l’accord de Paris. C’est un sujet que l’on a mis d’entrée de jeu sur la table lors de la session, que l’on va continuer à porter dans les mois qui viennent. On ne veut surtout pas que la majorité régionale continue cette offensive, et poursuive ses discours en disant que les Pays de la Loire auraient presque un droit d’exception au vu de la situation économique et démographique. On pense au contraire que  toutes les collectivités et les élus doivent travailler ensemble, coopérer pour réussir les objectifs de réduction de l’artificialisation des terres et de moins bétonner à l’avenir et de construire différemment.

Lors de la dernière session du conseil régional ayant eu lieu au mois de juin, William Aucant (conseiller régional du groupe) a illustré votre désaccord contre la loi Climat & résilience concernant la zéro artificialisation en sortant une assiette, un bloc de béton et un verre d’asphalte, n’avez-vous pas peur que les électeurs puissent considérer cette action comme de la « politique spectacle » ?

Sur le rôle que l’on s’est donné, en tout cas en début de mandat, c’est de montrer qu’il y a un autre projet écologique et citoyen qui est possible et peut apporter des réponses fortes, et que notre préoccupation c’est aussi prendre en compte l’urgence climatique, l’urgence sociale, et l’urgence démocratique […] et porter des messages et des actions fortes.

L’action de William Aucant, c’était aussi d’avoir une action forte face à cette délibération qui nous apparaissait complètement hallucinante dans le temps choisi, dans les chiffres annoncés, puisqu’en fait le vendredi le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ndlr) régional présentait les premiers chiffres en pointant le niveau d’artificialisation étant très fort en Pays de la Loire. Donc il y a une complète incohérence entre ce que nous dit la réalité et ce que les élus et les politiques devraient s’engager à faire, et la proposition de déroger à la loi. C’était important pour nous d’avoir une image forte. William Aucant a choisi de montrer l’incohérence des politiques et de cette décision de la Région en suscitant aussi des réactions et c’est vrai que ça a fonctionné parce que cette image forte elle reste, on voit un morceau de béton on sait ce que ça représente.

Vous n’avez pas peur de lasser les électeurs en ayant ce type d’actions ?

On a aussi des images un peu plus « provocantes » il faut le reconnaître permettant d’atteindre un autre public, une de nos grandes préoccupations, c’est l’enjeu des jeunesses aujourd’hui qui se désintéressent de la chose politique, ou en tout cas n’y trouvent pas d’intérêt au point de ne pas aller voter pour leur candidat ou candidate, on l’a encore vu à ces élections législatives, c’était encore plus préoccupant aux élections régionales. On doit aussi faire des propositions auprès des jeunes pour qu’ils trouvent un intérêt fort à la question politique et s’engagent parce qu’ils sont nos décideurs et nos décideuses de demain qui prendront des responsabilités comme on en prend aujourd’hui.

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