Alexandre Gauvin, étudiant, conduit avec Sarah Ferron la liste « NPA -révolutionnaires ! Nantes Ouvrière et Révolutionnaire » pour les Municipales à Nantes. Interview.
Pour quelles raisons êtes-vous candidat à cette élection ?
Notre candidature est avant tout une liste plus qu’une candidature unique, une liste de travailleurs et de travailleuses de tous les secteurs représentant les couches populaires de Nantes.
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Cela a été décidé rapidement que le NPA-Révolutionnaires présente une liste seul ?
On a contacté Lutte Ouvrière au niveau national en début d’année pour leur proposer de faire cette campagne municipale ensemble. Ils ont décliné. C’était important de présenter une voix de révolutionnaires dans cette élection car selon nous elle n’est pas portée autrement, nos idées se doivent d’être entendues aujourd’hui sur les problématiques comme les salaires, l’accès au logement, l’accès aux papiers.
En quoi votre programme consiste-t-il ?
On se refuse de faire des promesses électorales d’abord parce que nous n’aspirons pas, contrairement aux autres listes de gauche comme de droite, à être des gestionnaires de la société. Celles et ceux qui la font tourner doivent décider. Les budgets municipaux sont très réduits notamment avec la course à la militarisation à l’échelle nationale voire internationale.
On porte un programme de lutte qui défend la hausse des salaires et des pensions, l’interdiction des licenciements, la régularisation de tous les travailleurs et travailleuses sans-papiers. Cela ne veut pas dire que nous n’avons rien à dire sur les sujets locaux notamment à Nantes. On souhaite dénoncer les attaques contre nos conditions de vie et affirmer que par nos luttes nous pourrons décrocher des victoires et pas par des élections et des élus.
Avez-vous identifié des mesures prioritaires pour la ville de Nantes ?
Notre programme national est tout aussi prioritaire localement parce que les salaires sont trop bas à Nantes. Des travailleurs et travailleuses sont privés de papiers, à Nantes il y a eu des arrestations en centre-ville que nous avons dénoncées. Ce programme national n’est pas déconnecté du niveau local.
Concernant la sécurité, un des sujets forts de cette campagne, quelle est votre approche ?
Les problèmes de sécurité et d’insécurité existent dans les quartiers populaires mais aussi en centre-ville. La solution contrairement aux autres candidats n’est pas d’augmenter les effectifs de Police et d’armer la police. Ce n’est pas par la répression que l’on réglera ces problèmes, c’est en les prenant à la racine. Pour nous, ils sont liés à un affaissement social au sein des classes les plus populaires. L’insécurité en France est surtout sociale, il faut partager les richesses de ce pays aujourd’hui accaparées par une minorité qui se fait un profit monstre en laissant des milliers de personnes n’ayant pas accès à des soins, une alimentation et un logement décents.
Quelle est la principale force de votre équipe ?
Nous ne sommes pas des politiciens professionnels mais des travailleurs et travailleuses de tous les secteurs parlant des vrais problèmes que l’on rencontre tous et toutes dans la vie de tous les jours.
Selon vous, à quoi ressemblera Nantes dans 6 ans ?
On ne va pas regarder dans une boule de cristal, on ne sait pas trop ce que l’avenir nous prépare mais on aimerait voir la ville de Nantes avec des travailleurs et travailleuses qui relèvent la tête. On a vu récemment des éducateurs et éducatrices de rue qui ont obtenu gain de cause après une grève de 100 jours. Un modèle que nous avons envie de porter dans ces élections. Il va falloir reprendre le chemin des luttes, par la grève ou par des liens de solidarité.
On va se battre pour que les travailleuses et travailleurs de Nantes s’organisent eux-mêmes et n’attendent pas des solutions institutionnelles qui viendraient de la gauche gestionnaire ou de la droite. Dans 6 ans, ce qu’il y a à espérer, ce sont des quartiers où les gens se connaissent et s’organisent pour laisser personne de côté et aussi des entreprises où l’on ne cède pas aux pressions du patronat mais où l’on se renforce entre collègues afin de décrocher des victoires.
Photo : Alexandre Gauvin à gauche, NPA-Révolutionnaires ! Nantes Ouvrière et Révolutionnaire »
