Johanna Rolland, élue Maire (PS) en 2014 et 2020, est candidate à sa succession. Elle est tête de liste de « La Gauche unie pour Nantes ». Interview.
Vous briguez un 3e mandat, que représente pour vous cette nouvelle candidature ?
Cette nouvelle candidature est au service de Nantes, des Nantais et des Nantaises avec deux objectifs : Répondre aux questions du quotidien, la mobilité, la santé, le pouvoir d’achat, la sécurité, la propreté et faire en sorte que Nantes soit au rendez-vous des enjeux de notre époque.
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Comment décririez-vous votre programme ?
On le résume dans cette formule constituant notre slogan « Nantes, juste, écologique et solidaire ». Premier élément, la question de la justice, c’est la raison pour laquelle nous avons démarré la campagne par les questions de pouvoir d’achat avec plusieurs propositions concrètes, l’extension de la tarification solidaire dans les transports en commun pour 15 000 personnes ou la plateforme dédiée aux familles mono-parentales et notamment les mamans solos. Quand le candidat objectivement très à droite veut un projet pour quelques-uns, un projet d’entre-soi, nous souhaitons un projet pour toutes et tous.
Ecologique puisque nous sommes convaincus que l’on doit être au rendez-vous des défis de notre époque sur ce sujet. Nous avons fait la gratuité des transports en commun le week-end, nous entendons la maintenir. Le candidat de droite et le candidat d’extrême-droite veulent revenir en arrière sur cette question.
Les enjeux de solidarité parce que dans un moment où il y a beaucoup de fractures, nous considérons qu’il faut continuer à rassembler.
Parmi les sujets centraux de cette campagne à Nantes, la sécurité. Quel regard portez-vous et quelles sont vos propositions ?
La sécurité est une priorité pour les Nantaises et les Nantais et donc une priorité pour moi. Elle est un élément central du pacte républicain avec des questions d’ordre national. En France, l’année dernière, 57 000 personnes ont été mises en cause pour des faits de narcotrafic, c’est une lame de fond qui gangrène notre pays. Je fais partie des élus ayant soutenu la loi contre le narcotrafic.
A Nantes, la mobilisation pour la sécurité est collective, totale et déterminée. Nous avons pendant ce mandat doublé les effectifs de Police municipale. Quand j’ai été élue Maire, il y avait 0 caméra dans cette ville il y en a plus de 400 aujourd’hui. Nous avons mis en place une unité métropolitaine des transports en commun.
Nous allons continuer avec beaucoup de sérieux et d’engagement. Dans les propositions que nous portons, il y a premièrement le doublement des effectifs de l’unité métropolitaine des transports en commun. Deuxièmement, nous proposons à l’Etat de mettre à sa disposition des locaux pour un commissariat de proximité parce que la République c’est partout et pour tout le monde. Troisièmement, des postes mobiles au Hangar à bananes et à Bouffay afin d’assurer la sécurité notamment le soir dans ces espaces fréquentés. Enfin, le bouton Naolib via l’application, permettant à une personne se sentant dans une situation d’insécurité d’être directement reliée à une équipe en charge de ce sujet.
Si vous êtes réélue, quelles seront vos premières mesures ?
Des mesures autour de la question du pouvoir d’achat, un sujet qui touchent les habitants les plus modestes mais aussi les classes moyennes. Certaines batailles sont nationales comme la revalorisation des salaires. J’entends beaucoup de Nantaises et de Nantais me dire qu’ils travaillent toute l’année et qu’avant ils pouvaient emmener leurs enfants une fois par an à une sortie au cinéma ou au restaurant et ils ne peuvent plus se le permettre. Ce n’est pas juste, donc les mesures de pouvoir d’achat seront prioritaires.
Vous êtes face à l’Union de la droite et du centre, également face à une liste LFI notamment, dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche du 1er tour ?
Je rappelle qu’il y a deux listes à droite, une du centre menée par Mounir Belhamiti et une liste menée par un candidat très à droite ayant très régulièrement des propos volontairement outranciers très loin des valeurs nantaises. Ce candidat n’a pas dit un mot quand les acteurs et les actrices du monde de la culture ont subi l’arrêt brutal du financement, dans une grande ville comme Nantes où la culture est un élément déterminant. Ce candidat n’a pas non plus dit un mot quand des associations oeuvrant pour l’égalité femmes-hommes ont elles aussi vu le soutien régional s’arrêter totalement. Dans cette campagne, j’ai un adversaire, la droite et l’extrême-droite.
Si vous conservez votre écharpe de Maire, comment envisagez vous ce 3e mandat ?
Ce 3e mandat sera riche de nombreux projets. Les nouvelles lignes de tramway permettront de franchir la Loire, de desservir le futur hôpital, d’aller jusqu’à Rezé. Nous allons très concrètement continuer d’avancer sur les sujets de santé. Dès le mois de septembre, la Maison des Enfants, un lieu dédié à leur santé mentale, ouvrira au coeur du quartier de la santé. Nous allons débitumer la ville avec cette nécessité d’être au rendez-vous des questions écologiques. Nous allons vers le 100 % bio et local dans nos cantines. Nantes est belle de toutes ces énergies et nous entendons la protéger et continuer à cultiver ce qui fait sa singularité.
Quelle est la force de votre équipe ?
Son premier atout est le mélange de l’expérience et du renouvellement, on a besoin des deux. Diriger la 6e ville de France ne s’improvise pas surtout quand le contexte national et international est complexe. Le deuxième atout, c’est le rassemblement de la gauche et des écologistes, je le souhaitais, nous l’avons fait, il était attendu. Dans un moment où le Rassemblement National progresse partout en France, c’est aussi un un sens aigu du moment historique dans lequel on est et de nos responsabilités.
Photo : Johanna Rolland, Margaux Martin’s
