Objectif Hôtel de Ville Nantes : Interview de Margot Medkour (Nantes populaire)

Candidate à Nantes en 2020, Margot Medkour est de nouveau en campagne en 2026. Elle est tête de liste de « Nantes Populaire ». Interview.

Vous vous relancez dans la course à la mairie, qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle candidature ?

Les constats sur lesquels j’alertais en 2020 n’ont fait que s’aggraver. Il est beaucoup plus difficile de vivre à Nantes car les loyers ont explosé ces dernières années. Plein de quartiers se sont gentrifiés. Il y a une insécurité alimentaire qui se fait ressentir pour les Nantais et Nantaises. On alertait beaucoup sur les grands projets anti-écologiques et anti-sociaux. Certains sont restés, de nouveaux sont apparus, comme l’artificialisation, 70 hectares sont encore menacés avec la Zac du Champ de Manoeuvre et la Zac Doulon-Gohards, le doublement de l’incinérateur et l’installation d’un site polluant sur l’Île de Nantes.

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Vous présentez un programme pour que « Nantes redevienne populaire », comment le décririez-vous ?

L’objectif de ce programme est de répondre aux urgences du quotidien et d’en faire des leviers de transformation vers une écologie populaire. On a choisi de se focaliser sur des propositions fortes.

La sécurité s’impose comme un des sujets majeurs de cette campagne, que proposez-vous ?

C’est une instrumentalisation terrible des problèmes de sécurité à Nantes ces dernières années avec une droite et une extrême-droite qui ont fait le buzz et ont tenté de détruire l’image de Nantes en France. Quand on regarde les chiffres, ils suivent la tendance des autres grandes villes. Johanna Rolland n’a fait qu’adopter les analyses et les propositions de la droite, cela ne règle pas les problèmes de sécurité et le sentiment d’insécurité. Il y a plein de problèmes sociaux et c’est comme si seulement la police pouvait y répondre, c’est faux. 

On propose des équipes de protection multi-spécialisées. 80 agents sur l’espace public en permanence capables de faire de la médiation, de la désescalade en cas de conflits, des premiers secours et des premiers soins psychiatriques. Ils agiront avant les violences sur des situations de tension. A Nantes, à la croisée des trams il y a pas mal de tensions, on a besoin d’une présence rassurante pouvant pacifier cet endroit. Ces équipes s’appuieront sur des Maisons de la Nuit qui seront installées à Commerce et au Hangar à bananes.

Quelles sont vos mesures prioritaires ?

Une de nos mesures prioritaires est l’ouverture de 5 supermarchés municipaux. 35 % des Français n’arrivent pas à se nourrir sainement régulièrement. La mairie doit ouvrir des supermarchés avec des marges bien moins élevées que la grande distribution afin de permettre aux gens de se nourrir tous les jours. 

On trouve qu’il y a un essoufflement culturel à Nantes venant de sa touristification et du fait que l’on se concentre sur de très grosses structures aux dépens d’associations qui font de la culture de proximité. On veut créer un Centre des Arts et des Savoirs Communal au Marché de Feltre et dans la Tour Bretagne. Un espace de bouillonnement culturel, ouvert gratuitement et dans lequel des collectifs d’artistes auront des cartes blanches.

En 2020, vous étiez soutenue par LFI. Cette fois-ci vous êtes face à une liste d’Insoumis. A l’approche du 15 mars, comment voyez-vous la suite pour « Nantes populaire » ?

Il y a eu un changement de stratégie de La France Insoumise qui tient à présenter des listes autonomes. On a essayé de susciter des discussions mais on n’a pas eu de réponse, on le regrette. Notre liste est composée de battants et de battantes s’inscrivant dans des luttes locales ou une animation de la ville de Nantes depuis de longues années. On espère bien créer la surprise pour ce premier tour.

Selon vous, à quoi ressemblera Nantes dans 6 ans ?

Avec Nantes Populaire, on veut construire une ville libre et hospitalière, accessible pour les Nantaises et Nantais et dans laquelle il n’y ait pas de problème pour se loger. On créera une agence municipale pour le logement afin de faire baisser le prix du logement et on construira 10 000 logements bon marché. Ce sera une ville dans laquelle on peut être qui on a envie d’être, avec des lieux de convivialité. Une ville qui fait le pari des talents locaux.

Photo : Margot Medkour, Nantes populaire

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