Lutte Ouvrière présente une liste pour les Municipales à Nantes. « Lutte Ouvrière-Pour le camp des travailleurs » est conduite par Nicolas Bazille, cheminot et Hélène Defrance, retraitée. Interview.
Vous êtes de nouveau candidat à Nantes pour ces Municipales, pour quelles raisons avez-vous décidé d’y retourner ?
C’est important de faire entendre le camp des travailleurs. On n’entend jamais tous les travailleurs et travailleuses qui font fonctionner cette société.
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Comment cela se traduit-il en terme de programme pour les Municipales ?
En faisant campagne pour discuter de nos intérêts de travailleurs dans cette société où ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent, les milliardaires, à Nantes comme ailleurs. On a décidé de faire entendre ceux ayant des problèmes de salaires, qui sont surchargés de loyers trop chers, de factures trop importantes. La vie n’arrête pas d’augmenter sans que les salaires ni les pensions suivent.
Quelles sont vos mesures prioritaires ?
Ceux ayant un programme très détaillé avec tout un tas de promesses électorales ne les tiendront pas. On pense que c’est l’occasion de dire que le camp des travailleurs et travailleuses a son mot à dire et pourrait faire tourner la société bien différemment. Un Maire n’aura le pouvoir de tout changer mais il pourrait être un point d’appui.
La sécurité est un thème central pendant cette campagne, quel regard portez-vous sur ce sujet ?
L’insécurité existe, il y a des parents inquiets de voir leurs enfants tomber dans les trafics. On est contre l’armement des policiers municipaux parce que ça ne changerait pas le problème, il faut le prendre à la racine. S’il y a de l’insécurité c’est parce que beaucoup de personnes perdent leur travail, sont dans la détresse, si on veut vraiment s’attaquer à elle il faut s’attaquer aux grosses fortunes et aux grosses entreprises qui licencient. Il faudrait être capable d’imposer que tout le monde puisse avoir un travail avec un revenu correct. Ça ne se fera pas par un vote au niveau de la municipalité, il faut que l’ensemble du monde du travail soit capable de relever la tête et de se mobiliser pour imposer des mesures d’urgence.
Quelle est la force de votre équipe ?
Ce ne sont pas des politiciens professionnels, ce sont des hommes et des femmes qui travaillent ou ont travaillé et vivant la même réalité que bien des habitants, avec des loyers trop élevés et des prix qui montent de tous les côtés. Notre force ce sont des relais un peu partout. On voit aussi que dans cette société il y a une guerre commerciale entre les plus grands groupes, derrière les salariés paient et pas les actionnaires, elle est en train de se transformer en guerre tout court, ça nous inquiète et on veut en parler pour ces Municipales.
Comment décririez-vous la campagne que vous menez actuellement ?
On fait une campagne militante de proximité. Elle est ouverte aux travailleurs et travailleuses qui ne sont pas de nationalité française qui font tourner plein de domaines comme l’hôpital.
Vous êtes habituellement aux alentours des 1 % au 1er tour en quoi partir seule dans la course est-il évident pour Lutte Ouvrière plutôt que de se rallier à un autre parti ?
On veut parler de ce qui nous semble le plus important. On le fera avec les 69 colistiers à notre manière. On veut faire entendre ceux en colère face à cette société partant à la dérive, ils pourront l’exprimer en votant pour nous. Concernant les budgets au niveau de l’Assemblée, ce sont des milliards en moins pour les collectivités locales, ceux ayant voté ces budgets sont les mêmes qui se présentent devant les électeurs. Ils font plein de belles promesses, la réalité est tout autre. Les partis présents à l’Assemblée votent des budgets militaires qui sont en train d’exploser. A Saint-Nazaire, il va y avoir un porte-avions militaire construit à hauteur de 10 Mds €. Cette société est en train de mettre des milliards dans la poche des marchands de canons pour envoyer demain des personnes faire la guerre, on ne veut pas de cette société et on veut le dénoncer pendant cette élection.
Selon vous, à quoi ressemblera Nantes dans 6 ans ?
Nantes ressemblera à ce qu’il se passe dans des villes autour. On ne vit pas dans un îlot isolé. Il ne peut pas y avoir de bonnes solutions à la nantaise parce que l’on fera tout bien. Si le monde du travail ne montre pas sa capacité à changer les choses, on court tout droit vers une guerre risquant de se généraliser. Elle est peut être en marche mais les travailleurs peuvent l’empêcher parce que l’on fait tourner les usines d’armement, le transport, on a la capacité de choisir dans quelle direction on veut produire pour répondre aux besoins de la population. Les travailleurs doivent diriger la société.
Photo : Nicolas Bazille, Lutte Ouvrière
