William Aucant est architecte-urbaniste, conseiller régional des Pays de la Loire et ancien membre de la Convention citoyenne pour le climat. Il est chef de file de « La Nouvelle Nantes » (LFI) aux côtés d’Erika Cadersah. Interview.
Que représente pour vous cette élection ?
Le fait de dire que La France Insoumise n’est pas une posture morale mais une manière d’exercer le pouvoir. On assume un conflit démocratique pour protéger l’intérêt général et les droits fondamentaux. Des élus Insoumis ça change la vie des gens.
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Comment votre programme qui veut transformer Nantes en « ville-archipel » a-t-il vu le jour ?
A partir d’une grande enquête populaire, nous sommes allés dans tous les quartiers en posant la question « si vous étiez demain maire de la ville, que feriez-vous ? ». On a eu plus de 1000 retours qui nous ont permis de composer un programme de rupture basé sur le quotidien des gens et leurs espoirs. La ville-archipel c’est le fait d’être en rupture face au phénomème d’attractivité libérale existant depuis maintenant 30 ans de gestion socialiste et s’étant exacerbé sous [Jean-Marc] Ayrault et [Johanna] Rolland. On veut passer d’une ville centre à une ville-archipel, remettre de la vie dans les quartiers. Aujourd’hui, pendant le porte-à-porte, on nous dit qu’il y a un sentiment d’abandon de l’action municipale. Il doit y avoir une équité territoriale.
A Nantes, des droits fondamentaux sont devenus des privilèges. Des personnes ont des difficultés pour se loger, se déplacer, se soigner. On refuse une ville à deux vitesses, on voudrait garantir un accès universel aux services essentiels, avec des élus de combat qui demain iront sur le terrain, faire le piquet de grève, lutter contre les expulsions et aider les habitants dans leurs démarches.
Parmi les enjeux de cette élection, la sécurité s’est imposée dans le débat à Nantes, que proposez-vous ?
On l’appelle la sûreté humaine, elle ne se résume pas à des caméras de sécurité ni à la répression. Elle repose sur une présence humaine, la prévention et la médiation. Nous doublerons les effectifs de médiateurs pour une répartition égale dans tous les quartiers. Le 10 février [2026], il y a eu une opération en centre-ville incluant des policiers municipaux pour aller traquer les sans-papiers. C’est inacceptable que notre police municipale ait participé à ce genre d’opération du gouvernement et de sa politique délétère. On veut redéfinir les missions de la police municipale, qu’elle soit garante de la tranquillité publique. Nous nous opposons fermement à l’armement létal ou non-létal.
Quelles sont vos mesures prioritaires ?
Garantir le droit au logement. Dans la 6e ville de France, avoir plus de 3000 personnes qui dorment dehors pendant que des milliers de logements restent vacants, c’est un scandale moral et politique. Il faut une réponse municipale ferme, notre objectif c’est 0 personne à la rue. Nous demanderons ce pouvoir de police qui n’a jamais été pris par Johanna Rolland, à savoir la réquisition temporaire de bâtiments ou de logements vacants. Pour déjouer la crise du logement social, on veut un parc social plus fort, mettre en place une brigade municipale du logement qui mènera des évaluations. On souhaite se mettre du côté du droit des locataires, chacun a le droit à un logement digne. On veut aussi développer l’habitat coopératif à destination des classes moyennes.
LFI est parti seul en campagne
Nous sommes soutenus par le Parti de gauche et Révolution Ecologique pour le Vivant, on est une coalition de gauche de rupture.
Mais vous n’êtes pas aux côtés de Johanna Rolland, vous faites face à Margot Medkour, Lutte ouvrière et le NPA-Révolutionnaires, dans quel état d’esprit êtes-vous à un mois du premier tour ?
Nous offrons un véritable choix politique de rupture vraiment de gauche qui va changer en mieux la vie des Nantaises et Nantais. Nous faisons le bilan politique aujourd’hui de Johanna Rolland ayant accompagné des politiques macronistes ainsi que le Parti socialiste ayant laissé passer le budget de [Sébastien] Lecornu qui va demander 7 Mds € d’économies aux collectivités dont Nantes. Par notre politique, nous tenons bon, nous sommes le rempart au projet de la droite extrémisée qui sera violent envers les plus fragiles. On veut remettre cette ville à gauche.
Quelle est la force de votre équipe ?
La France Insoumise sait mettre sous le même étendard des syndicalistes, des enseignants, des soignants, des ingénieurs, des scientifiques, des ouvriers, des acteurs de la bifurcation, des militants et militantes de l’égalité, des habitants des quartiers populaires. On a ce même but, améliorer la vie des gens.
Selon vous, à quoi ressemblera Nantes dans 6 ans ?
Le droit au logement sera la première des sécurités à Nantes. Dans 6 ans, les transports seront gratuits pour les moins de 26 ans et les ménages les plus modestes. On se sentira en sûreté dans notre ville, nous aurons remis sur le terrain de l’humain et les droits seront garantis. Pour lutter contre les discriminations, le racisme, les violences, nous nous porterons partie civile. Demain, il y aura à la ville des élus de combat au plus proche des habitants. La première ligne de défense contre l’austérité macroniste qui n’en finit plus de détruire les services publics et le quotidien des gens.
Photo : William Aucant, La Nouvelle Nantes
