Les vendanges se déroulent depuis le mardi 23 août. Une récolte précoce, exceptionnelle qui fait suite à des aléas climatiques poussant les viticulteurs à s’adapter sans cesse. Qu’en est-il du Muscadet ?
En ce moment si vous vous baladez dans le vignoble, vous apercevez un ballet de vendangeurs à pied d’oeuvre. Sécateurs en main, hotte sur le dos, ils récoltent les grappes de raisin dans les rangs de vigne du sud-loire et du nord-loire. Le Muscadet devrait selon la Fédération des vins être un « millésime exceptionnel » De quoi réjouir les producteurs ayant subi les aléas climatiques même s’ils annoncent un rendement plus faible cette année.
Gel, sécheresse, pluie
La publication du ban des vendanges fixé au 23 août par la Préfecture de Loire-Atlantique entre sur le podium des récoltes précoces. Il faut notamment remonter à 2003 afin de trouver pareille situation. Habituellement, c’est en septembre que les raisins du Melon de Bourgogne, nom du cépage du Muscadet, sont [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
acheminés vers les chais.
Les gelées printanières ont abîmé les vignes entre le 1 et le 4 avril 2022. Ensuite, la sécheresse et les températures caniculaires ont quant à elles, avec un vent régulier d’est, « accéléré la maturité du raisin et ont permis, grâce à un air sec et ventilé, un excellent état sanitaire du vignoble » explique la Fédération des vins de Nantes. Puis mi-août, les pluies tant espérées « ont favorisé l’équilibre idéal entre sucrosité et acidité »
3 semaines de récolte
L’appellation Muscadet concerne 6500 hectares partagés entre 450 vignerons. Le gel a entraîné une baisse du rendement de 20 à 30 %. 250 000 HL sont attendus « Il faut malheureusement s’habituer à ces variations croissantes de récolte. L’objectif pour nous est de toujours veiller à la qualité des vins et à la régularité de l’approvisionnement du marché pour permettre une valorisation croissante » confie Christian Gauthier, vigneron à Saint-Hilaire de Clisson et Président de la Fédération des vins de Nantes.
Mais comment assurer la quantité demandée ? Avec des « outils de régulation ». Le volume complémentaire individuel (VCI) consistant à utiliser des volumes produits précédemment dans le cadre d’un dépassement de rendement autorisé et mis en stock. La réserve interprofessionnelle peut également être sollicitée. Il s’agit des volumes d’appellations stockées par les familles de la production et du négoce.
10 crus communaux
Le Muscadet AOC se décline en trois appellations sous-régionales : Sèvre et Maine, Coteaux de la Loire et Côtes de Grand-Lieu. Elles sont caractérisées par la composition des sols et un élevage de six mois sur lie. Côté haut de gamme, les dix crus communaux sont élevés sur lie de 18 à 24 mois minimum. Neuf étant présents dans le Sèvre-et-Maine et un (Champtoceaux) dans les Coteaux de la Loire. Sept sont déjà reconnus par l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) : Clisson, Le Pallet, Gorges, Goulaine, Mouzillon-Tilliers et Monnières-Saint-Fiacre. Trois attendent l’avis de l’INAO pour leur officialisation : La Haye-Fouassière, Vallet et Champtoceaux. Une production sur 200 hectares environ effectuée par une centaine de vignerons.
Il ne reste plus qu’à patienter pour découvrir ce millésime avec modération !
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