Députée de la 10ème circonscription de Loire-Atlantique depuis 2012, d’abord au sein de la majorité de François Hollande, puis d’Emmanuel Macron depuis 2017, Sophie Errante débute son 3ème mandat. Vote du Budget, questions de l’énergie ou encore de l’eau, autant de sujets « chauds » qu’elle devra aborder en cette rentrée parlementaire « compliquée » selon l’élue.
Sophie Errante, députée (Renaissance) aborde la rentrée de manière « Très motivée et engagée ». L’ancienne Présidente de la commission de surveillance de la caisse des dépôts et des consignations souhaite également se consacrer à son rôle de rapporteur spécial, mission portée sur la « transformation et la fonction publiques » ainsi que sur l’organisation de colloques notamment avec des experts dans son territoire du vignoble. Entretien.
Quel est votre état d’esprit avant la rentrée parlementaire ?
Très motivée et engagée puisque l’on a une rentrée compliquée sur plein d’aspects. J’ai ressenti des inquiétudes de la part des citoyens sur leur avenir et leur facture d’énergie. Certains ont fait des choix novateurs, ils se sont équipés de nouvelles productions de chaleur et ils se rendent compte que les prix augmentent de partout, qu’il n’y a pas de solution miracle. Il y a une inversion sur le gasoil qui devient plus cher que l’essence. Même si les citoyens sont reconnaissants et ont compris que l’on avait agi pour éviter que ça ne s’enflamme encore davantage, ils sont inquiets.
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Les premières semaines à l’hémicycle ont porté cet été sur la loi « pouvoir d’achat », en cette rentrée l’Assemblée nationale va travailler sur des questions liées à l’énergie, ainsi que sur le budget de l’Etat, comment allez-vous, vous inscrire dans ces futurs débats qui s’annoncent animés ?
Un choix budgétaire valide, conforte et permet la mise en oeuvre de décisions politiques. Elire un député de la majorité, ça fait une différence lorsqu’il y a le vote budgétaire. C’est là que l’on voit nos différences. Je peux avoir des écarts, j’ai des questionnements de ma circonscription donc je vais peut être amener des points très précis par voie d’amendement ou par abstention mais globalement je vais [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
voter le budget.
Honnêtement sur le vote du budget, je ne vois pas aujourd’hui après les discussions que j’ai eues, mais je peux me tromper, que le budget passe à l’Assemblée nationale sans un 49.3. Je pense qu’il est inévitable.
On peut effectivement faire des propositions qui vont être adaptées à nos territoires. Parfois on va rentrer dans la procédure qui est la notre aujourd’hui, la négociation avec nos partenaires de majorité, et puis forcément des débats avec nos oppositions.
Nous avons deux extrêmes qui sont très représentés. La NUPES n’est pas unitaire, donc elle peut parfois se séparer pour certains votes, ça a été un peu tendu.
Honnêtement sur le vote du budget je ne vois pas aujourd’hui, après les discussions que j’ai eues mais je peux me tromper, que le budget passe à l’Assemblée nationale sans un 49.3. Je pense qu’il est inévitable […] on aura beau discuter, accepter des amendements ou accepter d’amoindrir certaines de nos décisions, on ne peut pas non plus aller vers le budget de nos oppositions. J’ai défendu auprès des citoyens une ligne politique, un équilibre dans ce que je souhaitais proposer, et ce que le Président de la République voulait faire. Si ensuite vous votez un budget à front renversé là vous êtes incohérent. J’ai été réélue avec une avance confortable, j’ai très bien mesuré que ce n’était pas non plus une élection qui s’est jouée au premier tour. Il faut rester humble mais je ne peux pas non plus faire comme si mon opposant avait gagné. Je ne vais pas aller voter un budget qui ne ressemble pas à ce que j’ai défendu pendant la campagne.
Vous êtes membre de la commission finances, quel regard portez-vous sur les premières sessions qui se sont déroulées cet été, et sur les échanges que vous avez pu avoir ?
D’abord nous avons eu l’élection du Président de la commission, notre premier moment de confrontation évidemment puisque traditionnellement la majorité concède la présidence de la commission des finances à son opposition. Il n’y a pas de nomination, c’est une élection, cela a duré plusieurs heures pour que nos oppositions se mettent d’accord, puisque nous, parlementaires de la majorité, n’y avons pas pris part.
C’est une succession de pièges tendus, sous couvert de petites phrases caricaturales bien tournées qui essaient de ridiculiser la majorité, qui effectivement vont dans un populisme échevelé en faisant croire qu’il suffirait d’un coup de baguette magique pour trouver des solutions, que nous serions complètement dénués d’intelligence.
Nous avons deux extrêmes qui sont très représentés. La NUPES n’est pas unitaire, donc elle peut parfois se séparer pour certains votes, ça a été un peu tendu. Le groupe Rassemblement National est majoritaire dans nos oppositions. En fait, les coalitions peuvent mettre à mal cette opposition là. Et c’est ce qu’il s’est passé en commission des finances. Sur le reste des débats, beaucoup de caricatures, beaucoup de violence verbale parce qu’en fait on a rejoué systématiquement l’élection présidentielle.
Vous êtes députée depuis 2012 toujours au sein de la majorité présidentielle, cette assemblée est forcément différente pour vous ?
Il y a des différences et forcément des ressemblances. Dans les différences, c’est que nous, députés de la majorité, nous ne sommes plus les mêmes. C’est un jeu politique d’assemblée, c’est une succession de pièges tendus, sous couvert de petites phrases caricaturales bien tournées qui essaient de ridiculiser la majorité, qui effectivement vont dans un populisme échevelé en faisant croire qu’il suffirait d’un coup de baguette magique pour trouver des solutions, que nous serions complètement dénués d’intelligence. Cette petite musique n’a rien de nouveau, je l’ai entendue en 2012 et en 2017, de toute façon nos oppositions essaient dès le démarrage de décrédibiliser la majorité quelle qu’elle soit.
Sur l’utilisation et le partage de l’eau, notre capacité à mieux la gérer, on va avoir un vrai besoin de clarification et d’acceptation.
Dans la circonscription du vignoble, le climat, la sécheresse ont affecté les producteurs de muscadet qui sont confrontés à un millésime très qualitatif mais qui ont perdu en volume, comment l’Etat peut les accompagner sur ce sujet ?
Il y a déjà le travail qui a été fait sur la protection contre le gel. Ils ont été touchés par le gel qui leur a enlevé une partie de la récolte. Après, sur la sécheresse malheureusement et en viticulture, il est interdit et proscrit d’installer du goutte à goutte sur des vignes, de toute façon on ne pourra pas les arroser.
Sur l’arboriculture, je pense que la règle est aussi la même et je dois les rencontrer (producteurs ndlr) bientôt sur Saint-Julien-de-Concelles. On a eu beaucoup de problèmes avec l’herbage pour les animaux. On a aussi un territoire en polyculture élevage, production de lait et production de viande et là on a eu un vrai souci. Je vais travailler sur tout ce qui est presse hydrique et donc partage de l’eau. Cela fait longtemps que c’est un sujet qui m’intéresse. J’ai vécu dans les territoires d’outre mer, l’eau est très vite devenue essentielle quand vous habitez sur un atoll ou à part l’eau de pluie il n’y a pas grand chose. Sur l’utilisation et le partage de l’eau, notre capacité à mieux la gérer, on va avoir un vrai besoin de clarification et d’acceptation, de compromis en fait.
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