Entre choix politiques budgétaires et volonté de mettre au premier plan les inégalités entre les Hommes et les Femmes, la ville de Nantes va suivre le pas de Paris ou de Lyon et expérimenter cette année son premier budget « sensible au genre ». Dans son sillage, des choix stratégiques que la ville compte mener sur des thématiques précises, et qui vont selon les dires de Mahaut Bertu adjointe à la Maire de Nantes en charge de l’égalité, Ville non-sexiste contre les discriminations, s’étendre à plus de sujets/thématiques dans les semaines et mois à venir. Décryptage.
Mais qu’est-ce qu’un budget sensible au genre ? Le « genre » est un terme qui renvoie à l’identité individuelle et sociale ou encore le rôle d’une personne. Déterminer un « budget sensible au genre » s’appuie donc sur cette notion de prendre en compte à la fois les Hommes et les Femmes dans la société, dans l’élaboration des politiques publiques « L’objectif est [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
d’avoir une lecture analytique du budget et d’étudier si ce sont des dépenses neutres ou participant à l’égalité entre les femmes et les hommes » précise Mahaut Bertu.
Un choix politique pas nouveau puisque la ville de Paris s’est elle-même engagée dans une « démarche égalité » dès 2021, et Lyon a présenté en 2021 ses objectifs en la matière avec une vue jusqu’en 2026. Parmi les solutions proposées elle a fait le choix de « directions pilotes » comme elle le précise principalement à la Direction des sports ou encore à la Direction de la commande publique. Un test grandeur nature avant une généralisation complète du processus à d’autres directions comme le souligne la ville.
« On veut prendre objet par objet précis en restant humble et en prenant le temps de bien faire »
A Nantes, les objectifs sont clairs. Et même si pour la ville souhaitant devenir la première ville non-sexiste de France, le chemin pourra sembler long et fastidieux afin d’arriver à l’aboutissement d’une ville ou les Hommes et les Femmes auront toute leur place. Pour l’adjointe, la ville de Nantes va travailler sur le festival Scènes Vagabondes «regarder la programmation et les équipes techniques » ainsi que sur le conservatoire de Nantes afin de connaître la proportion d’Hommes et de Femmes s’y inscrivant « En France, on a 4% de chefs d’orchestres, et 1% de cheffes d’orchestres, on a vraiment des milieux extrêmement masculins » avance l’élue. Sur la question des associations, le critère de la parité pourrait être un levier complémentaire dans l’attribution des subventions comme avec le budget de soutien à l’émergence de projets associatifs « c’est un budget qui peut être proposé que deux fois aux associations, on va regarder qui sont les membres du conseil d’administration, quel est le public, et dire aux associations que si elles ont la parité dans le conseil d’administration on peut leur donner un petit budget en plus parce qu’elles favorisent la place des femmes dans les responsabilités » Quelque chose pouvant être généralisé à terme à toutes les associations « mais on en est pas là aujourd’hui » nuance Mahaut Bertu.
Au moins deux villes de la métropole intéressée par le budget sensible au genre
Un budget qui pourrait faire des petits, la métropole de Nantes mettant également en oeuvre sa propre expérimentation de budget sensible au genre, deux notions votées en décembre précise l’élue. Et c’est l’urbanisme et la création du parc métropolitain sur l’ile de Nantes qui auront la faveur de la collectivité cette année avec la place de la Femme dans l’espace public « en terme de visibilité de l’espace, de luminosité, d’aménagement particulier des bancs » précise l’adjointe. D’autres villes de la métropole de Nantes emboiteraient le pas dans les prochaines semaines même si l’élue ne souhaite pas faire d’annonce à ce sujet elle précise toutefois « Au moins deux villes de la métropole ont envie d’y travailler avec nous et nous l’ont fait savoir » conclut-elle.
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