Au coeur du nouveau CHU de Nantes en béton bas carbone

A Nantes, le nouveau CHU qui se situe sur l’île de Nantes prend vie après la pose de la première pierre intervenue le 21 janvier 2022. Entre les grues et les engins de chantier, un élément phare de la construction a le vent en poupe. Vinci utilise du béton bas carbone pour cette construction d’envergure qui s’étend sur 11 hectares. Reportage au coeur d’un chantier exceptionnel dont le coût est de 1,254 Md€.

Un bâtiment témoin sorti de terre

En 2016, les travaux du futur CHU de Nantes débutaient par un élément significatif aux yeux des nantaises et des nantais, la démolition des hangars portuaires et le déménagement du marché d’interêt national (MIN) à Rezé. A l’entrée de l’île de Nantes, au niveau du pont des trois continents, le futur hôpital sort doucement de terre en ce début d’automne. 10,1 ha de terrain sur l’emprise foncière actuelle de l’ancien MIN très exactement. Une construction prenant vie autour des bennes à béton ou encore des grues, 15 sont prévues tout au long de la construction, avec pas moins de 3000 pieux pour assurer les fondations des bâtiments. 1200 ouvriers « au pic du chantier » précise le CHU de Nantes. Des chiffres qui ont donc de quoi donner le tournis. Selon son constructeur VINCI, le groupe BTP responsable de la construction de neuf bâtiments sur les treize prévus au global, le chantier serait le plus grand actuellement en Europe. Un bâtiment témoin de 450 m2 est sorti de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

terre « véritable outil de travail grandeur nature, il permet d’évaluer, de tester, et d’ajuster une partie des prestations qui seront proposées au sein des futurs locaux » explique le CHU de Nantes.

60 000 tonnes de béton coulées sur les 120 000 à la livraison du bâtiment en 2026.

Sur le site, un compagnon à pied d’oeuvre se concentre, la tâche n’est pas facile, il doit faire en sorte que le béton se mélange bien, et surtout qu’il ne fasse aucune bulle d’air dans la dalle, après quoi, il lisse avant que le béton ne se fige. Cette opération il la réalise avec un béton « bas carbone » voulu collectivement pour un projet « éco-engagé » indique le CHU de Nantes. Pourtant sur le chantier rien ne permet de distinguer ce béton bas carbone d’un ciment classique le « clinker » dont sa fabrication génère 7% des émissions de CO2 selon un rapport de l’ONU Environnement. La cause ? il nécessite une cuisson à 1400 °C, consomme beaucoup d’énergie et la réaction chimique relâche beaucoup de CO2. Sur place, on peut le voir, les murs de l’hôpital prennent des couleurs différentes gris métallisé ou rosé selon le liant choisi afin de remplacer le polluant « clinker »

« Le béton aura toujours des émissions de carbone »

Parmi les options proposées, un projet « éco engagé » donc, l’utilisation du liant dans la fabrication du ciment. La première option est celle d’un béton « ultra bas carbone » conçu par le groupe Irlandais Ecocem dénommé le « Laitier » avec des émissions estimées à -70% de CO2 selon la classification Vinci. Problème celui-ci devient moins facile à trouver. Le second est dénommé le « métakaolin » minéral broyé et calciné à 700°C fabriqué par la société Imerys, c’est d’ailleurs celui-ci qui donne une teinte rosé au séchage. Il n’aura fallu pas moins de 2 ans de recherche en laboratoire pour créer le « metakaolin » ce béton nouvelle génération dont sa fabrication émet 240 kg de CO2 par tonne produite, alors qu’un ciment classique de type « clinker » en émet lui 650 kg. Un liant moins performant que son comparse le « Laitier » mais moins rare, forçant à faire des choix « le fait de pouvoir accéder à des quantités importantes de métakaolin fait qu’on peut massifier le bas-carbone et garder des prix compétitifs quasiment au même niveau qu’un ciment classique » souligne à l’AFP Bruno Paul-Dauphin, directeur des solutions bas carbone chez Vinci « le béton aura toujours des émissions de carbone » précise Rémi Lefeuvre, directeur des ressources techniques et opérationnelles de Vinci Constructions qui le concède à l’AFP, obtenir 100% des réductions de CO2 est quasi mission impossible « on n’y arrive pas au jour d’aujourd’hui »

« Le futur hôpital consommera 30% d’énergie en moins » assure le CHU de Nantes.

30% de consommation d’énergie en moins, 97% des 300 000 m2 de terres et de sables évacués du site, ensuite revalorisés en proximité, 2500 m2 de panneaux photovoltaïques, les chiffres annoncés incitent à la prudence pour Vinci préférant ne pas s’engager sur des objectifs précis de réduction des émissions de CO2. Le facteur météo joue quant à lui un rôle majeur. Les banches, des moules verticaux servant à couler le béton doivent être chauffés s’il fait trop froid, ce qui fait remonter instantanément le taux d’émission d’énergie. Pour l’instant aucun chauffage n’a eu lieu sur le chantier depuis mars 2022.

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