La langue bretonne a été classée par l’Unesco officiellement en 2010 comme « une langue en danger »*, avec près de 207 000 locuteurs actifs soit près de 5,5%* de la population bretonne parlant le breton, la langue serait menacée. Une situation ayant poussé les élus du conseil régional de Bretagne à mener une étude en 2018 afin d’établir un état des lieux de la situation.
« Ça me bouleverse »
« Ça me bouleverse »
Mieux connaître la situation, c’est par ces mots que la région Bretagne, a pris à bras le corps la question du Breton et du Gallo pour en établir un état des lieux. A travers l’enquête sociolinguistique menée en 2018, il en ressort que l’âge moyen des locuteurs du breton est de 70 ans « il a augmenté de 7 ans 1/2 depuis l’enquête de 2007 » précise ce même rapport « J’en pleure de voir que c’est un monde qui disparaît » se lamente [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ] Rozenn Milin, journaliste et historienne. Dans sa commune de Laundunvez dans le Finistère Nord, l’ancienne directrice de la chaîne de télévision TV Breizh fait un constat amer et dit avoir « vu partir tous les vieux avec qui (elle) parlai(t) breton ». « ça me bouleverse » souffle t-elle. Une population qui ne serait pas remplacée par la nouvelle génération souligne Erwan Le Piper, maître de conférences en breton à l’Université de Bretagne occidentale. Selon lui, les jeunes locuteurs du breton se compteraient sur les doigts d’une main, moins de 10 000 bretonnants très exactement âgés de 15 à 40 ans, soit 0,87% de la population bretonne historique.
Les écoles Diwan à la rescousse ?
A la rentrée 2023 ce seraient 19 961 élèves scolarisés en filières bilingues. En Loire-Atlantique, la ville de Nantes est à la 6ème position du classement des « 10 premières villes bretonnes selon le nombre d’élèves bilingues à la rentrée 2023 » avec 479 élèves derrière Rennes (944) ou encore Brest (771), selon les chiffres de l’Observatoire des pratiques linguistiques et d’enquêtes d’opinion relayés par l’Office public de la langue Bretonne. Le réseau Diwan, sous contrat avec l’éducation nationale est présent dans les cinq départements bretons et forment des élèves où « le breton est la langue principale d’enseignement et de vie des écoles » comme le précise le site internet du réseau.
« De la poudre aux yeux »
En 2023 les écoles Diwan scolarisait 4 014 élèves « dont environ deux tiers en primaire et un tiers dans le secondaire ». Des chiffres qui ne convainquent pas Rozenn Millin « Il n’y a pas de quoi être optimiste » se désole-t-elle « il faudrait des mesures très fortes pour inverser la tendance et je ne les vois pas poindre à l’horizon. Ce qui se fait aujourd’hui c’est de la poudre aux yeux » tempête-t-elle.
Le breton voué à disparaître des radars ?
Un constat amer pour certains poussant à l’analyse. Selon le chercheur en sociolinguistique Erwan Le Pipec, l’estimation du nombre de locuteurs serait de 50 000 à 60 000 en 2040 mais reste toutefois optimiste « Le breton ne va pas disparaître car il y aura toujours un petit noyau de passionnés » pour preuve : l’étude menée par la région Bretagne estime que 38% de la population se sent autant française que bretonne « ce n’est pas une langue morte car elle est toujours parlée. Mais ce n’est pas tout à fait une langue vivante non plus parce qu’elle n’est plus transmise de façon spontanée aux enfants » conclut-il.
- Atlas des langues en danger dans le monde Unesco année de publication 2010
- Sondage TMO-Régions pour le Conseil régional de Bretagne – 2018
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