Une maison en carton, concept d’une entreprise aignanaise

Située près du Lac de Grand Lieu, une entreprise transforme le carton en matériau de construction dans une démarche environnementale et inclusive.

Quand on pense construction de bâtiments, béton et bois viennent en premier. Mais du côté de Saint-Aignan de Grand Lieu, un nouveau matériau a vu le jour il y a une dizaine d’années. Nommé Ipac, ce carton ondulé issu du recyclage et recyclable challenge le parpaing.

« La preuve de concept »

Cette innovation est née aux côtés d’un ingénieur « pour pouvoir mettre en place l’Ipac dans les murs, les toits, les planchers et qu’il soit adapté au marché de masse » explique Alain Marboeuf, Président de l’entreprise aignanaise Bat’Ipac. Premier critère, s’assurer d’une quantité suffisante de matière afin de déployer l’usage de ce matériau dans le milieu du bâtiment. « C’est le cas du carton issu du recyclage et recyclage, nous avions suffisamment de matière disponible pour ne pas être bloqués demain ».

Ils détiennent les brevets Ipac en Europe. Deuxième étape, convaincre les acteurs du bâtiment et les particuliers. « Bat’Ipac a fait le choix de faire la preuve de concept » confie Alain Marboeuf. Leurs blocs de carton ont d’abord été utilisés en 2013 afin de construire des édifices à Belle-Ile-en-Mer « un endroit où il y a du vent et de l’humidité ». Ces logements sont en sortie de décennale « on a zéro sinistre, c’était important de faire la preuve de la durabilité, de la qualité ».

Des tests ont été effectués dans un centre technique d’essai à Bordeaux afin de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

perfectionner le matériau. Un travail salué lors du salon Batimat en 2022 où Bat’Ipac s’est retrouvée doublement primée aux awards de l’innovation. Elle est actuellement en « levée de fonds financière dans une démarche de démarrage de marché de massage ».

Un matériau hybride

Lors d’une construction, des panneaux Ipac sont posés. Il s’agit d’un bloc simple recouvrable inséré dans l’ossature bois contribuant à la « constitution du mur sur sa hauteur, il est autoportant et un isolant thermique, phonique et acoustique ». Un matériau que le président qualifie d’ « hybride ». 

Il s’adapte à tous types de construction, logements individuels et collectifs neufs ou de la rénovation. Plutôt installé sur de petits immeubles, il pourrait également prendre place sur de plus grands bâtiments « en mixité avec du béton ou du métal ».

Côté volume, une maison de 90 m2 nécessite 4,5 tonnes de carton soit « une semi-remorque ». Côté fournitures, l’entreprise fait appel à un partenaire en Europe spécialisé dans le recyclage de cette matière. Un circuit fermé évite une trop grande consommation d’eau au moment de remettre le carton en pâte. « La méthanisation en interne fournit l’énergie pour sécher le papier. C’est une démarche très environnementale, un point extrêmement important. »

Concernant les spécificités et le montage, deux modules de formation sont proposés par Bat’Ipac formant les architectes et les charpentiers.

Des structures d’insertion

Bat’IPac a confié la fabrication de ses panneaux à des structures employant des personnes en situation de handicap. La ligne low-tech est implantée dans les territoires sur le principe de mini-factory. L’objectif étant de favoriser un circuit-court, d’éviter les transports  et de « réindustrialiser les territoires. Il y a un véritable accueil, une demande aujourd’hui des bailleurs sociaux, les promoteurs immobiliers et les collectivités locales » se félicite Alain Marboeuf.

Les bâtiments sont chauffés à 15 degrés. La ligne low tech est sans robotique. « On a remplacé tous ces points par des taches simples et répétitives pouvant être réalisées par des personnes atteintes de trisomie » notamment. Ces lignes sont mises en place en moins de 2 mois. « On en a une en Loire-atlantique, on va bientôt en ouvrir une dans le centre de la France. »

« Il y a une évolution de la règlementation en vigueur, un changement, une prise de conscience de la notion de décarbonation dans le milieu du bâtiment.» affirme Alain Marboeuf qui par son expérience voulait « un modèle sociétal disruptif ». 

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