Musée d’arts : Un parvis aux couleurs Peaches and Cream

Cette année, une nouvelle oeuvre s’est invitée sur le parvis du Musée d’arts de Nantes. Intitulée « Peaches and Cream » elle sort tout droit de l’imagination de Michaela Sanson-Braun.

Depuis 2017, le Musée d’arts de Nantes transforme son parvis en salle d’exposition de plein air dédié à l’art contemporain. Plusieurs artistes se sont inspirés du lieu afin de donner naissance à une oeuvre restant un an dans la vitrine devenue un écrin atypique et étonnant. « Le principe est de proposer cette invitation à un artiste plasticien, contemporain qui réside et travaille à Nantes ou dans la région et de montrer des pratiques diverses » explique Marie Dupas, responsable de la collection d’art contemporain au sein de l’établissement culturel. 

Une carte blanche

En 2025, Michaela Sanson-Braun née en Allemagne est arrivée à Nantes en 2019 s’approprie l’espace. Son talent s’est notamment dévoilé à Londres, à Château-Gontier et à l’Abbaye Royale de Fontevraud. D’abord peintre, elle est « préoccupée par son inscription dans l’histoire de l’art » souligne Marie Dupas et « puise de manière très libre dans les différentes formes picturales et architecturales, en s’inspirant autant des grands maîtres que d’une histoire de l’art plus populaire. » 

Dans l’esprit des années précédentes, une commande a été passée à l’artiste et Michaela Sanson-Braun a bénéficié d’une « forme de carte blanche » pour son oeuvre « in situ ».  

« Peaches and Cream » pensée comme une ruine décalée

Sur le parvis, « Peaches and Cream », son nom est une référence à une expression américaine ancienne « qui [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

image une situation idéale se déroulant sans encombre » décrit Marie Dupas. Michaela Sanson-Braun lui donne une dimension 3D sous la forme d’une ruine. Des fragments disposés « de manière assez maladroite » avec des colonnes à l’horizontale. Une interprétation « ironique » de cette expression par laquelle elle transmet l’espoir « un prisme lumineux se déploie donnant l’illusion que la lumière passe au travers d’un vitrail qui n’existe pas ». 

Des fragments issus d’empreintes

Parmi les éléments utilisés, Michaela Sanson-Braun a observé le lieu et a conçu des fragments liés au contexte muséal, urbain et aux collections. Précédemment, elle avait réalisé des empreintes de l’Abbaye de Fontevraud à l’argile réemployées dans « Peaches and Cream ». Cette même technique est venue ponctuer ce nouvel élan créatif en repérant et figeant des éléments décoratifs de la façade néo-classique , des pavés du musée d’arts mais aussi des objets tels qu’une rambarde, une plaque d’égout.

Plus étonnant encore, un clin d’oeil à une paire de chaussures « très souvent posée près d’une rambarde d’un immeuble ». Des objets plus personnels complètent ce travail comme son « escabeau, ses propres outils ». Un fragment d’une peinture présente dans les collections permanentes s’y retrouve aussi. Il correspond à une peinture du XVIIe siècle « de Niccolò Codazzi qui représente les ruines d’une basilique italienne. »

La vitrine : Trait d’union entre l’intérieur et l’extérieur et aller-retour entre présent et passé

« Ce qui fait la spécificité du Musée d’arts de Nantes sur la scène muséale c’est d’avoir des collections du XIIIe siècle à aujourd’hui. Il continue d’évoluer avec l’art de son temps avec ses collections et une programmation d’expositions d’art contemporain » affirme Marie Dupas. Le parvis joue ainsi un rôle symbolique. Situées à l’entrée, les créations présentées « agissent comme un trait d’union entre l’espace extérieur et l’espace intérieur du Musée » ajoute la  responsable de la collection d’art contemporain.

La vitrine, espace cubique offre de multiples points de vue. « Peaches and Cream » s’observera jusqu’en janvier 2026 et traversera ainsi toutes les saisons avec différents jeux de lumière. Elle est un « aller-retour entre le passé et le présent ».

Michaela Sanson-Braun au travers de l’humour tente de « défier les conventions et les clichés que nous pourrions avoir en tête vis-à-vis de la peinture et l’art en général »  assure Marie Dupas. Elle incite les passants et visiteurs à « avoir son regard en alerte, cette oeuvre est comme une curiosité qui parle à la fois de notre rapport à l’art et aussi à la vie ».

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