A Thouaré sur Loire Delphine Déramé travaille la plume

Interview. Connue pour apparaître sur les podiums des grands créateurs, la plume se fait une place aussi dans les accessoires. A Thouaré-sur-Loire Delphine Déramé créé des bijoux ou encore des décorations depuis son atelier « Fleur de Plumes ». Celle qui travaille tout de « A à Z »  nous parle de son métier de plumassière et de fondeuse d’étain avec passion. 

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Pouvez-vous expliquer en quelques mots votre métier ?

Mon métier c’est à la fois être plumassière et fondeuse d’étain. A la base je suis plumassière parce que je travaille la plume depuis que j’ai 15 ans, puis j’ai eu une [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

coupure entretemps. Mais c’est la matière de prédilection on va dire. La plumasserie consiste à travailler la plume, à la façonner et à la sublimer pour en faire des objets de décorations et des bijoux.

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai fait des fleurs à partir de 15 ans, c’est une plumassière qui m’a montré comment monter les fleurs d’où le nom de fleurs de plume, jusqu’à mes 22 ans et j’ai en l’occurence financé mes études en vendant des fleurs de plume sur des petits marchés pendant les étés.

Ce qui est bizarre c’est qu’ un an avant j’avais racheté le stock de Claudette la plumassière, que j’avais stocké chez mes parents et puis vous voyez les planètes s’alignent.

Dans les années 2000 il ne restait plus que 5 plumassiers en France. Et pour moi ce n’était pas du tout un métier, d’ailleurs je n’en avais absolument pas entendu parler, et la plumassière travaillait pour son compte mais les plumassiers qui existaient étaient souvent en travail […] surtout avec des modistes mais ça c’était perdu. Donc moi j’ai repris une activité salariée que j’ai arrêtée il y a quatre ans, et ensuite la plumasserie. 

« Sans belles plumes on a pas de belles créations »

Et ce qui est bizarre c’est qu’ un an avant j’avais racheté le stock de Claudette la plumassière, que j’avais stocké chez mes parents et puis vous voyez les planètes s’alignent (rires) et je me dis bon ok je travaille la plume mais je veux absolument sortir des produits qui me ressemblent. J’ai rencontré des fondeurs d’étain anciens bijoutiers nantais […] et là ça a été le déclic […] c’est exactement ce que je cherchais pour sublimer ma plume. C’est pour ça que ça ma emmenée sur les bijoux.

Comment trouvez-vous et travaillez-vous votre matière première ?

Sans belles plumes on n’a pas de belles créations. C’est mon premier métier, aujourd’hui on peut s’approvisionner chez des fournisseurs de plumes en France, tout autour de chez nous on a tout ce qu’il faut pour faire de belles créations.

« Ce sont des plumes qui sont bourguignonnes ou nantaises, de Sucé-Sur-Erdre jusqu’à Clisson […] ce sont des collaborations qui se mettent en place petit à petit mais ça va être un travail de longue haleine qui me tient vraiment à coeur »

Moi j’ai repris un peu la façon dont travaillait Claudette la plumassière, j’ai acheté son stock qui est magnifique parce qu’en fait elle avait un Monsieur en bourgogne qui avait un grand château qui mettait les espèces les plus rares […] elle a récupéré ses plumes une fois que l’animal avait vécu sa belle vie. Moi je fais pareil. C’est à dire que je vais trouver des personnes qui ont des grands domaines qui vont avoir également des belles espèces et du coup après quand l’animal meure je le récupère pour lui donner une deuxième vie. Il y a la possibilité aussi chez eux de mettre des reproducteurs, c’est le chemin que je prends pour diversifier mon stock. Après, il y a les plumes de mues parce que les paons heureusement ils ne meurent pas tous les jours (sourire). Tous les ans au mois de mai/juin, les paons perdent leurs plumes et il y a les perruches qui perdent énormément leurs plumes et elles sont tout à fait exploitables.

« Les gens sont bluffés parce que […] mes papillons il y a une multitude de plumes de couleur, ils me disent mais vous prenez des oiseaux exotiques ? Non pas du tout c’est vraiment des oiseaux qui sont tout autour de chez nous »

Ensuite après il y a une grosse source aussi qui me fournit des plumes ce sont les chasseurs. Après je ne peux pas faire sans. Par contre, je choisis les chasseurs par rapport à la personne et leur éthique. Ce sont des plumes qui sont bourguignonnes ou nantaises, de Sucé-Sur-Erdre jusqu’à Clisson.

Ce sont des collaborations qui se mettent en place petit à petit mais ça va être un travail de longue haleine qui me tient vraiment à coeur, parce que je préfère savoir que les animaux ont bien vécu […] plus l’animal est vieux plus la plume est belle et iridescente c’est l’objectif.

Les gens sont bluffés parce que […] pour mes papillons il y a une multitude de plumes de couleur, ils me disent mais vous prenez des oiseaux exotiques ? Non pas du tout ce sont vraiment des oiseaux qui sont tout autour de chez nous. Les faisans recèlent de couleurs merveilleuses. Mon stock est constitué à 95% de plumes comme ça […] j’achète des plumes blanches de l’oie, du coq et du duvetin mais très peu juste pour les colorer aussi.

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