Entretien. Après six premiers mois en tant que nouveau conseiller régional au sein du groupe Démocrate et progressistes porté par François de Rugy, Stéphane Gachet dresse un état des lieux des attentes pour les mois à venir sous fond de campagne présidentielle.
Quel bilan tirez-vous de ces 6 premiers mois de mandat ?
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En prenant ce mandat j’étais assez enthousiaste à l’idée de pouvoir l’exercer, de pouvoir jouer ce rôle [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
d’élu. C’est quelque chose qui m’anime toujours beaucoup. Je suis toujours extrêmement passionné par ce que je découvre à la fois en terme de travail sur la forme que sur le fond des dossiers. Je trouve que c’est intéressant de creuser un certain nombre de sujets de notre territoire qui bien souvent montrent que les décisions et les avis ne sont jamais ni tout blanc ni tout noir. Il y a toujours effectivement des avantages, des inconvénients des forces des faiblesses qui font qu’il faut bien connaître ses dossiers pour pouvoir se prononcer. A titre personnel, je dirai que c’est extrêmement intéressant d’un point de vue du citoyen que je suis.
Au sujet du budget 2022 et plus particulièrement sur le volet de la sécurité vous avez déclaré « Au moment des élections, Christelle Morançais plaçait la sécurité comme une de ses priorités. Aujourd’hui, avec le vote du budget 2022, nous voyons que cela n’était que de la communication, que du buzz » les actions mises en oeuvre sont insuffisantes selon-vous ?
Il faut faire la part des choses entre ce qui relève effectivement de prise de position d’engagement puisque là c’était un engagement de pré-campagne, elle n’était pas candidate à sa succession au moment où elle avait énoncé ses propositions en matière de sécurité. Je ne lui jette pas vraiment la pierre en lui (à Christelle Morançais ndlr) rappelant l’autre jour qu’en fait ce n’était qu’une opération de communication, puisqu’en effet la région en matière de sécurité n’est pas la collectivité pilote. Ce n’est pas elle qui recrute des forces de l’ordre. Mais vouloir laisser penser le contraire a des citoyens qui en fait ne savent pas ou peu…
Qui ne connaissent pas le fonctionnement de l’institution régionale ?
C’est parfois compliqué pour les élus eux-mêmes ou pour les citoyens avisés alors pour les citoyens qui regardent les choses d’un peu plus loin, c’est encore plus compliqué. Et donc en effet oui ça a été une opération de communication. Je ne lui jette pas la pierre parce qu’aujourd’hui effectivement l’action de la région ne peut pas être fondée sur la sécurité ou en tout cas que sur une toute petite partie.
Et sur cette « petite partie » qui est de l’ordre de l’attribution de la région, vous pensez que ce qui est mis en oeuvre est suffisant ?
Bien sûr qu’il y a toujours des choses à faire. Après on est dans un contexte de crise sociale, économique, sanitaire bien évidemment, tout ça fait que la sécurité n’est sans doute pas la première des priorités d’une région. Et bien sûr il y a quand même une demande très forte de la population. Et ça vaut bien évidemment dans et aux abords des lycées, dans les transports collectifs où on sait que des incivilités et des incidents voire des agressions surviennent. Donc il faut bien évidemment ne pas négliger ce sujet là. Simplement, il faut mettre le curseur au bon niveau et ne pas tromper et abuser l’électeur.
Vous souhaitez la mise en place d’un budget vert, quel en est l’objectif ?
L’objectif il est tout simple c’est que pour chaque action que mène une collectivité, chaque élément du programme que cet exécutif va mettre en place, l’idée est d’en mesurer les impacts écologiques et environnementaux réels ou supposés. Et ça ça vaut pour tout les niveaux de collectivités […] il y a aussi des communes qui s’engagent dans cette démarche-là. C’est effectivement essayer d’allier efficacité d’une politique pour le thème qu’elle entend défendre […] mais aussi l’aspect écologique. Quelle peut être la consommation énergétique d’une action ?
Une fiche technique ?
Exactement. Ce sont déjà des choses qui existent en matière écologique. Ça existe aussi par exemple sur des approches d’égalités Hommes/Femmes. Ça permettrait de démontrer par les faits que cette majorité qui met l’environnement au premier rang de ces priorités, on a l’impression chez Christelle Morançais que tout est au premier rang de ces priorités, la sécurité, l’emploi, l’éducation, la jeunesse, l’environnement, à un moment donné il y a une priorité une, une priorité deux, une priorité trois probablement. Ça permettrait de montrer que cette majorité est comme pour la sécurité dans […] l’énoncé de belles valeurs mais que lorsqu’il s’agit d’agir c’est plus compliqué.
Une demande qui sera formulée lors du prochain conseil ?
Ça a été fait sur cette dernière session. Nous verrons ce que cette majorité en fera. Mais on saura leur rappeler cette proposition le moment venu. Je ne fais pas de procès d’attention, nous attendons de voir à l’épreuve des faits. Mais oui c’est une proposition intéressante qui n’est pas coûteuse pour le coût et symboliquement intéressante. Je relèverai aussi que suite à cette proposition la majorité n’a pas réagi, n’a pas botté en touche.
Vous indiquez que les politiques gouvernementales menées par Emmanuel Macron portent leurs fruits dans notre région, à quel niveau ?
L’apprentissage avec Christelle Morançais et avant elle Bruno Retailleau, et avant eux les socialistes qui étaient au pouvoir avec Jacques Auxiette ont toujours énoncé leur volonté de développer l’apprentissage de développer le nombre d’apprentis. C’est très bien tout le monde est d’accord. Je pense que c’est un objectif complètement transpartisan. En 2017-2018, Emmanuel Macron et son gouvernement d’alors décident de réformer la politique de l’apprentissage et de la recentraliser c’est à dire de la confier à l’Etat. Il y a eu des réactions de cette majorité actuelle, je pense en particulier à Franck Louvrier et Christelle Morançais […] sur cette mesure en disant « quand on re centralise des compétences ça marche moins bien que quand on les confie aux collectivités territoriales » Le résultat […] cette réforme a considérablement augmenté le nombre d’apprentis aujourd’hui avec à peu près 700 000 en France.
Les Français attendent que ça fonctionne, attendent des résultats, il s’en fichent -pardonnez moi l’expression- mais de savoir si c’est l’Etat, la région ou celui-ci ou celle-là qui a appuyé sur le bon bouton
C’est un bon exemple parce que la majorité de Christelle Morançais va ouvertement aujourd’hui se réjouir du nombre d’apprentis en forte hausse dans notre région, va se réjouir que notre région créé de l’emploi… mais systématiquement et je peux vous dire que c’est un peu agaçant parce que là aussi ce sont des postures un peu à l’ancienne. J’aurai tendance à dire que systématiquement cette majorité oublie de dire pour quelles raisons ça fonctionne aussi bien et à qui on doit ces résultats. Pas qu’à l’Etat bien entendu il y a aussi […] un accompagnement au niveau régional, il y a aussi le tissu économique des Pays de la Loire qui est dynamique, en fait tout ça contribue à obtenir ces bons chiffres. On observe une majorité qui tape allègrement sur le gouvernement dès qu’elle le peut, par contre quand il s’agit de dire que « oui ça marche bien, oui la région reçoit beaucoup d’argent de l’Etat, oui il y a des dispositifs menés par l’Etat qui fonctionnent bien », à ce moment-là la région fait bien sûr black-out sur tout ça.
C’est un jeu politique que vous dénoncez ?
Absolument on le dénonce parce qu’en fait les citoyens ne veulent plus de ça. Et nous on alerte et on a alerté dès notre prise de fonctions cette majorité sur le fait que les citoyens aujourd’hui ne croient plus dans les partis politique ou très peu. Et Emmanuel Macron d’ailleurs en est le fruit. Il a été élu en dehors d’un parti politique, il n’avait jamais été candidat à une seule élection auparavant. Les Français attendent que ça fonctionne, attendent des résultats, il s’en fichent -pardonnez moi l’expression- mais de savoir si c’est l’Etat, la région ou celui-ci ou celle-là qui a appuyé sur le bon bouton. Ce qu’ils veulent ce sont des résultats. Mais quand on est élu, quand on est en responsabilité on doit aussi la vérité au citoyen et on doit arrêter ce petit jeu de posture qui en fait ne rime à rien et qui las considérablement les citoyens et qui les éloignent des urnes.
Ce sont vos prochaines attentes pour les futurs mois à venir ?
Bien sûr et on le voit bien avec une gauche ultra divisée et une droite qui flirte davantage avec l’extrême droite. Evidemment nous on reste extrêmement vigilants et ces prochaines semaines, ces prochains mois vont être extrêmement intéressants à observer parce que […] Christelle Morançais va officiellement devenir l’une des portes paroles de Valérie Pécresse. On va être attentifs à des choses en particulier : la première ça va être de nous assurer que Christelle Morançais ne mettent pas à profit ces prochains mois pour n’être qu’exclusivement sur son rôle de porte-parole. Elle a des responsabilités […] qui sont celles de présider une région surtout dans un contexte de crise sanitaire. Donc il est important qu’elle reste très clairement aux commandes de la région. Là non plus on ne fait pas de mauvais procès ou de procès d’intention on jugera sur les actes de cette capacité à se dédoubler, ce ne sera pas si simple que ça. Et la seconde chose importante c’est que je suis assez attentif à ce qu’elle va faire en tant que porte-parole et ce qu’elle va dire surtout. […] Quelle parole elle va porter de gens progressistes ou de gens qui flirtent avec l’extrême droite. On le verra assez vite.
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