Un tourbillon créatif donne la cadence à la Résidence d’artistes Madeleine Champ de Mars à Nantes. Depuis 2008, le lieu se révèle être un véritable écrin où laisser libre cours à son imagination.
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La Résidence Madeleine Champ de Mars à Nantes, accueille actuellement six artistes ou collectifs. Dans leur sillage, une créativité habillant les murs et sols de cet espace niché au centre de la Maison de Quartier. Chacun porté par ses inspirations transforme l’esquisse onirique en oeuvre, entre intimité et partage avec le public.
Une émulation de septembre à juillet
« L’appel à candidature est en cours jusqu’en mai. Il y a une réunion d’information le 20 avril à 10h à la Maison de quartier, les [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
artistes intéressés peuvent venir visiter les lieux et on leur explique le fonctionnement » informe Camille Fortin, chargée de communication et médiation à la Ville de Nantes. Et la demande s’accroît d’année en année, rien de surprenant quand on sait que des prédécesseurs locaux de renom y ont pris place comme le chorégraphe David Rolland « Il y a eu pas mal d’acteurs locaux historiques dans la vie culturelle nantaise ».
Illustrateurs, plasticiens ou encore scénographes animent l’endroit « On est assez ouverts, les seules restrictions que l’on a c’est sur la musique pour des questions de nuisances sonores entre les artistes » note-t-elle. La sélection est réalisée par la direction culturelle et la Maison de quartier aux côtés d’associations souhaitant participer au projet. Le groupe résidence discute à chaque édition des critères « On se réunit à peu près une fois tous les deux mois et on ré interroge à chaque fois ces critères. Notre enjeu c’est de se demander […] comment on peut les accompagner au mieux, c’est vraiment une instance de dialogue citoyen ».
Ils ont opté pour un équilibre entre artistes émergents et confirmés et entre les différentes disciplines ainsi que « la qualité du travail personnel et de la proposition de médiation qu’ils souhaitent développer durant leur année ». En effet, les artistes troquent leurs outils contre des rencontres destinées à partager leur travail avec les habitants de Madeleine Champ de Mars « un évènement ou un projet commun, ça peut prend pas mal de formes différents, de la sensibilisation, de la découverte, de la pratique ».
Le groupe résidence présélectionne une dizaine de dossiers. Il rencontre ensuite les candidats. Les entretiens sont prévus début juin, les lauréats seront ensuite désignés après un avis collectif.
160 m2 divisés en ateliers
La particularité de cet espace repose notamment sur le nombre d’ateliers mis à disposition à l’année. 160 m2 divisés en emplacement de 20 à 40 m2. L’accès possible tous les jours, réduit les freins d’un point de vue pratique et leur permet une spontanéité dans leurs réalisations.
Cette résidence comporte un grand atelier dédié aux expositions « Il y a un temps commun qui s’appelle « Mais oui » qui a lieu au mois de Mai, l’idée c’est qu’ils organisent une journée de restitution où ils peuvent présenter leur travail aux habitants du quartier » précise-t-elle. Ils travaillent en autonomie et l’équipe présente sur place les aide dans des démarches variées comme l’organisation d’évènements.
Les artistes prennent plaisir à s’y rendre comme l’indique Wiebke Aumann bénéficiant du dispositif «C’est assez luxueux en tant qu’artisan d’avoir des petits espaces chauffés avec une arrivée d’eau et puis de ne pas être seul, d’avoir son atelier individuel parmi d’autres artistes, on peut établir des échanges avec eux. »
Plein Phare sur Wiebke Aumann, artisane feutrière
Wiebke Aumann, artisane feutrière est membre du collectif « Les marchandes de tapis » composée de sept personnes « J’utilise les nappes cardées c’est une technique qui va venir frotter les fibres les unes contre les autres, je suis intéressée par les filières de laine locale, dans la filière française en général » résume-t-elle.
Arrivée dans la ville depuis quelques mois, adresser sa candidature lui est apparu comme une évidence. « Je travaille dans le milieu associatif, c’était une manière pour moi de vite comprendre le tissu associatif dans un quartier » assure-t-elle. Voir la résidence qui « rayonne au-delà de la Maison de quartier» a aussi convaincu Wiebke Aumann « Pour moi c’était très précieux »
Son projet de médiation auprès des habitants fait écho à celui qu’elle réalise avec son collectif. Fin avril, elle va créer une oeuvre participative, avec un groupe, qui sera ensuite exposée. Au programme également une visite dans un élevage de moutons « On fait une demi-journée de visite […] avec la tonte des moutons » Durant ces cinq ateliers, il y aura une initiation au feutrage, un atelier de dessin « pour voir ce que va être l’oeuvre collective ». Début mai, un tapis sera fabriqué pendant un week-end dans les locaux de Pol’N. Deux associations telles que Key Baco l’ont aidée à constituer le groupe.
« Avoir un atelier où le cadre est vraiment très agréable ça donne envie d’y aller, en semaine on va croiser d’autres personnes qui sont dans un espace très vivant, ça me permet aussi de faire venir des gens de temps en temps qui peuvent m’ouvrir sur d’autres projets et quand j’ai besoin de faire des rendez-vous, de montrer mon travail » s’enthousiasme Wiebke Aumann.
Depuis 14 ans, une centaine d’artistes ont été accueillis dans cette Résidence où art et proximité s’entremêlent au 22 rue Emile Péhant à Nantes.
Infos complémentaires :
Renseignements pour les candidatures : camille.fortin1@mairie-nantes.fr
Photo : Wiebke Aumann et une de ses oeuvres collectives[/ihc-hide-content]
