Aurélia Ringard, nantaise, publie « Jour Bleu » son 1er roman

Aurélia Ringard, nantaise, publie "Jour Bleu"  son 1er roman - Jour bleu

Aurélia Ringard, originaire de Guingamp a vécu à Washington. L’écrivaine désormais nantaise est diplômée en pharmacie. Il y a trois ans, elle décide de se consacrer à l’écriture. Son premier roman « Jour bleu » mêle amour et introspection dans le rythme trépidant d’une gare.

Votre premier roman dépeint Chloé, comment ce personnage est-il né ?

J’avais envie de parler de toutes les scènes que l’on peut observer dans les gares ou aux terrasses des cafés. Il se trouve qu’un jour je participais à un atelier d’écriture. L’animateur a proposé comme support une photo d’un quai de gare en noir et blanc avec un train qui était sur le départ, ça m’a renvoyé à de multiples scènes où l’on se dit au revoir sur les quais de gare. On a envie de dire mille choses et on est incapable de sortir un mot.

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J’ai eu envie de mettre en scène cette héroïne qui dans le temps d’attente vis-à-vis d’un homme revisiterait son passé, dans cette gare de Lyon qui est aussi l’un des personnages du roman. J’avais envie de travailler sur la rencontre amoureuse et sur le désir qui est aussi une trame du roman.

La gare de Lyon tient le rôle central, que représente ce lieu pour vous ?

Les gares pour moi c’est à la fois l’idée du voyage, des départs justement. Ce que j’aime dans ces lieux là c’est que ça met tout le monde sur un pied d’égalité. On arrive tous avec nos bagages que ce soit au sens propre ou au sens figuré, on se retrouve à vivre les mêmes situations et ça m’intéressait de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

faire croiser différents personnages. C’est un lieu de solitude et à la fois de rencontres, ce sont deux opposés qui sont intéressants à faire coexister et de voir à quel point les deux font partie de nous-mêmes.

Avez-vous comme votre personnage observé les allées et venues dans les gares ?

J’aime bien faire ce que fait cette héroïne, c’est-à-dire errer un peu dans ces lieux que sont les gares ou les aéroports, et me poser à la terrasse d’un café, observer y compris avec un stylo à la main et un carnet pour prendre des notes. J’ai toujours aimé inventer des trajectoires aux passants que je pouvais croiser, de me demander d’où ils viennent et où ils vont. 

Votre roman s’intitule Jour Bleu, pouvez-vous nous en dire plus sur le choix de ce titre ?

Parfois il y a des rencontres que l’on fait dans une vie qui peuvent durer quelques minutes mais qui sont déterminantes. J’ai mis ce titre au singulier parce que le jour où elle décide d’aller à la rencontre de cet homme, ça symbolise pour elle un jour qui est assez décisif dans sa propre trajectoire. C’est une femme qui est à la croisée des chemins, qui est en phase de faire des choix assez importants. La couleur bleue symbolise l’espoir, c’est un livre qui est certes teinté de mélancolie mais qui est teinté aussi de beaucoup d’espoir et de beauté.

Dans ce rythme effréné du hall, Chloé se plonge dans ses souvenirs. Vous jonglez entre le temps d’attente et le temps pour soi avec agilité, en quoi votre processus d’écriture a-t-il consisté ?

J’avais démarré par l’écriture des scènes de souvenirs où elle emploie la première personne du singulier. Ça m’intéressait de travailler sur le miroir entre les souvenirs que l’on peut avoir de notre passé et en quoi ils impactent nos actes au moment présent. Elle se met en tant qu’observatrice d’elle-même et des autres. Ça m’intéressait d’aller plus ou moins loin dans l’introspection et dans la prise de recul, dans la distance vis-à-vis d’elle-même. Ce procédé m’est venu en cours d’écriture, une fois que j’ai eu cette idée d’alternance j’ai testé en prenant le temps d’écrire cette rencontre, d’écrire toutes les scènes au présent. J’ai appuyé sur ce procédé encore plus.

Vous êtes diplômée en pharmacie, vous êtes désormais écrivaine, quel a été le déclic qui vous a fait changer de voie ? 

J’ai toujours écrit en laissant les textes dans un tiroir et puis un jour peut-être avec la maturité, la nature reprend le dessus, ça devient plus fort que soi. J’ai pris un pari où j’ai effectivement arrêté mon travail dans une société pharmaceutique il y a trois ans. Je me suis accordée plusieurs mois où je n’ai fait qu’écrire. Je pense que l’écriture impose un temps où l’on se consacre qu’à elle si on veut parvenir à quelque chose d’abouti. Après, j’ai commencé à faire lire c’était aussi une étape importante, ça m’a donné confiance et encouragée. Des rencontres sont nées, des conseils, beaucoup de temps de réécriture.

J’ai soumis ce texte à un concours de premier roman organisé par une école à Paris [Les Mots, ndlr], j’ai reçu un coup de coeur qui m’a permis de rencontrer le comité de lecteurs composé à la fois de lecteurs professionnels et de personnes travaillant dans les maisons d’édition. Ils m’ont orientée à nouveau pour une phase de correction et m’ont conseillé d’adresser ce texte à certaines maisons d’édition, et c’est là que j’ai obtenu un accord de la Maison Frison-Roche.

Préparez-vous un second roman ?

J’ai commencé l’écriture d’un second roman juste avant la naissance de mon fils qui est né en mai dernier. J’ai fait un petit break estival pour m’occuper de mon petit garçon et je reprendrai l’écriture à la rentrée le temps que je retrouve un espace et du temps pour moi.

Infos complémentaires

Jour Bleu, Aurélia Ringard, Maison d’édition Frison-Roche

Crédit photo: Aurélia Ringard

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