Avant de glisser sur la neige, le traîneau guidé par Cédric Bellaud arpente les sentiers autour des marais de Grand Lieu. Le Musher se prépare pour la Grande Odyssée Savoie- Mont Blanc, une course mythique qui se déroulera du 8 au 19 janvier 2022.
Ne soyez pas surpris si vous croiser un traîneau du côté des Marais de Grand Lieu. Cédric Bellaud, infirmier à Saint-Mars-de-Coutais et ses huskies de Sibérie parcourent plusieurs kilomètres en Loire-Atlantique avant la Grande Odyssée Savoie-Montblanc. Cette course se déroulera en janvier prochain. Durant 15 jours, l’équipage relèvera ce défi hivernal entre forts dénivelés, logistique et rythme soutenu.
Une passion née il y a quinze ans
Cédric Bellaud, alors sportif de haut niveau en course à pied, a adopté un husky de Sibérie il y a 15 ans afin de l’accompagner durant ses entraînements. Un deuxième compagnon à quatre pattes est arrivé un peu plus tard « Comme il se sentait un petit peu seul quand j’étais au travail j’en ai pris un deuxième pour lui tenir compagnie » explique-t-il. Ensemble, ils ont sillonné les chemins attelés en trottinette ou à vélo. La passion pour cette activité était née. « Il me fallait [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
deux chiens de plus pour faire les premières courses. ». Puis des petits nouveaux ont intégré l’équipage. Aujourd’hui, le musher participe à différents évènements comme la Grande Odyssée Savoie-Mont Blanc. Il sera accompagné de huit chiens.
« Je ne veux pas être juste debout sur mon traîneau à donner des ordres à mes chiens j’aime bien le vivre »
Une Grande Odyssée Savoie-Mont Blanc « techniquement très difficile, très longue »
« Je me suis lancé sur la Vercors Quest, une course de 150 km sur 4 jours. Au fur et à mesure des journées à passer 40 kms sur le traîneau tous les jours, on apprend et on progresse […] Je récupérais les conseils des mushers qui avaient plus d’expérience que moi. ». Des premiers pas permettant son inscription à cette 18ème édition « techniquement très difficile, très longue, il faut justifier d’un parcours ».
Il pourra compter sur le soutien de deux handlers, personnes accompagnant le musher, indispensables afin d’être dans les meilleures conditions durant les quinze jours. « Ces deux personnes vont m’aider à préparer le traîneau avant chaque manche, préparer les chiens. Il faut nourrir les chiens, les hydrater trois heures avant le départ, les nourrir après l’arrivée, il faut s’occuper du massage des chiens, du soin des pattes. Des bottines en fonction de la qualité de la neige, on leur met des petits chaussons. » précise-t-il.
Huit chien prennent part à cette course.« On en fait courir au maximum six par manche », ainsi deux huskies peuvent se reposer durant une journée. 3 à 4 heures par jour, c’est le rythme qui attend Cédric Bellaud durant lesquelles environ 40 km seront parcourus. « Étant un sportif j’aime la difficulté physique de cette épreuve, elle nécessite d’avoir des chiens qui vont être super bien entraînés. Je ne veux pas être juste debout sur mon traîneau à donner des ordres à mes chiens j’aime bien le vivre. » insiste-t-il.
Un entraînement dans les marais du Lac de Grand Lieu
« J’habite à Saint-Mars-de-Coutais ce n’est pas le cadre idéal pour préparer une course de traîneau. » concède-il avec le sourire. Autodidacte, cinq ans de préparation ont été nécessaires. Son décor ? Les marais du Lac de Grand Lieu. « J’entraîne les chiens avec un quad sans moteur, pour respecter l’environnement et pour me permettre d’avoir un système de freinage puissant ». Les séances sont organisées dès septembre quand les températures sont plus fraîches « Je ne fais pas courir mes chiens s’il fait plus que 15 degrés. ». Cinq séances sont prévues par semaine avec 15 à 20 km par sortie. Cédric Bellaud quant à lui s’entraîne entre trail et course à pied de 70 km par semaine.
Comment choisit-il les rôles ? Il y a d’abord les Lead dogs, les deux chiens devant et les swing dogs « J’ai des chiens de tête qui connaissent les directions, que l’on met à l’avant de l’attelage, le plus souvent ce sont les chiennes un petit peu plus légères, plus rapides, un peu plus à l’écoute sur des épreuves longues.». Ensuite, ce sont les swing dogs « des chiens assez rapides qui permettent de maintenir le rythme de l’attelage ». Enfin, les wheel dogs « ce sont les chiens les plus puissants qui vont tirer le plus de charges.
Les plus à l’écoute et motivés prennent place devant. « Je les teste tous à plusieurs positions, il y en a qui veulent bien courir côté droit mais pas côté gauche » souligne-t-il. C’est aussi une question d’affinité même si « quand on les met à l’attelage ils sont concentrés sur l’effort et ça se passe bien. ».
Cédric Bellaud se réjouit de retrouver les pistes après une année marquée par la pandémie. Avec ses chiens, il laissera quelques temps les marais de Grand Lieu pour les sols enneigés.
Crédit photo : Cédric Bellaud
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