Les cyanobactéries font parler d’elles chaque année lorsque la chaleur fait son retour. Côté bassin versant de l’Erdre, l’Edenn est chargé du suivi sanitaire afin d’alerter sur la situation, des mesures pouvant ensuite être prises selon le niveau de restrictions établi. Comment effectue-t-il cette mission ? Réponse avec Youenn Fenard, Directeur de l’Edenn.
Les alertes aux cyanobactéries peuvent ponctuer l’été. La chaleur contribuant à leur prolifération. Concernant l’Erdre, le Syndicat mixte de l’Entente pour le Développement de l’Erdre Navigable et Naturelle (Edenn) assure le suivi sanitaire, mandaté par les communes bordant l’Erdre et le Conseil Départemental de Loire-Atlantique. Classé en niveau 1 au 22 mai 2023, le bassin versant de l’Erdre est actuellement en dessous de seuils de toxines.
Cyanobactéries : que sont-elles ?
Les cyanobactéries sont des micro-algues en milieux humides, eaux douces ou salées. Leur présence se remarque par une couleur allant du vert au bleu. « On rappelle souvent que l’aspect visuel est trompeur » souligne Youenn Fenard, Directeur de l’Edenn. La seule manière de les détecter restant les [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
prélèvements. Elles prolifèrent de mai à octobre. Chaleur et grande quantité de phosphore entraînent une eutrophisation, c’est-à-dire, un déséquilibre du milieu aquatique du à un trop grand nombre de nutriments.
Cette situation accroit les cyanobactéries dont certaines générant des toxines. « Il y en a une partie qui se développe dans les eaux douces, stagnantes et relativement riches en nutriments » comme dans l’Erdre qui « est un plan d’eau 6 mois de l’année, Saint-Félix régule la sortie, on a une très grande largeur à certains endroits ce qui fait que l’on a des eaux très réparties » explique-t-il.
Suivi scientifique et suivi sanitaire
L’Edenn effectue un suivi scientifique depuis début 2020 pour « suivre les nutriments et les micro-algues ». Les analyses sont réalisées par des laboratoires spécialisés. Le suivi sanitaire quant à lui est mis en place depuis 2013, le syndicat mixte ayant pris la suite de l’Agence Régionale de Sante (ARS) ex ARH. Il s’agit d’un protocole construit avec les structures nautiques, les communes, le département et l’ARS. Cette démarche est élaborée en interne dans le laboratoire de l’Edenn programmant des prélèvements « en saison tous les 15 jours ».
« On sait que d’avril-mai à novembre il y a des cyanobactéries, on ne cherche pas à savoir qu’il y en a mais combien il y en a. Dès qu’elles se manifestent, on fait des suivis de toxines ». Une fois les résultats connus, ils sont adressés à l’ARS afin qu’elle les valide.
Une observation renforcée
Jusqu’à l’année dernière, le suivi sanitaire s’appuyait sur des prélèvements dans 4 lieux de Nort-sur-Erdre à Nantes. Face à la demande des structures nautiques, il a été renforcé « les communes ont accepté de financer un suivi ». Lorsque les analyses sont connues, les informations sont transmises aux communes et aux associations nautiques.
« A l’Edenn, notre objectif est celui de la qualité du bassin versant de l’Erdre et de l’Erdre, on fait de la sensibilisation. A partir d’un certain seuil, il y a certaines activités qui ne peuvent plus se faire » conclut Youenn Fenard.
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