Neuf jeunes « apprentis solidaires » à Saint-Nazaire oeuvrent afin de fabriquer des équipements sportifs adaptés aux personnes en situation de handicap. Dans le cadre de cette démarche, ils se rendent régulièrement sur l’île de Nantes où ils travaillent sur les prototypes.
A l’AFEV, des programmes de solidarité sont en place depuis 30 ans, l’objectif est d’inciter des étudiants à s’engager en faveur des enfants et habitants de quartiers populaires. Actuellement, l’Antenne de l’AFEV à Saint-Nazaire accompagne des « apprentis solidaires ». Leur mission ? Porter une mini-entreprise et rendre le sport accessible à tous.
Un engagement de 6 mois
Les neuf « apprentis solidaires » effectuent un contrat de service civique depuis janvier 2024. Ils y participent jusqu’en juin. Ce dispositif existe à l’AFEV Saint-Nazaire depuis six ans. « C’est la première année où l’on est en partenariat avec l’association « Entreprendre pour apprendre » qui nous a permis de créer une mini-entreprise » explique Thomas Hugron. Le but est de leur permettre de « développer des compétences professionnelles en s’engageant dans des actions de solidarité » détaille l’AFEV Saint-Nazaire dans un communiqué. Cette formation vise à rendre possible un apprentissage accessible.
A quoi ressemble leur semaine ? Elle est divisée en deux, d’abord avec l’engagement auprès d’associations du territoire dans « des missions solidaires » résume le chargé de développement local. « L’autre moitié, c’est [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
de l’accompagnement sur le projet pro, des stages, la découverte de métiers et la mini-entreprise. »
Une fois leur mini-entreprise lancée, les membres de l’AFEV Vitality s’y sont investis avec beaucoup d’enthousiasme « ça a bien marché dès le début, tout le monde s’y mettait » indique Yaël, apprenti solidaire.
Epaulés par l’AFEV, ils composent une équipe dynamique, motivée, ayant tout de suite été prête à relever le défi qui leur était proposé « On est tous partis avec des craintes, mais vu que Thomas était là pour nous rassurer ça s’est très bien passé et on a vite vu que notre projet plaisait » souligne Sarah qui fait également partie de l’aventure.
Faciliter l’accès au sport pour les personnes en situation de handicap
La mini-entreprise récolte des équipements sportifs de seconde main afin de les mettre à la disposition de personnes ne pratiquant pas d’activité sportive en raison du coût. Ils sont ensuite mis en vente à « un coût raisonnable » précise l’AFEV Saint-Nazaire. En parallèle, ils mènent un travail aux côtés de « l’Alerte de Méan ». En échangeant avec le club handisport, ils ont constaté la nécessité de déployer du matériel adapté aux personnes en situation de handicap.
« Il y avait beaucoup de besoin, on a vu que les prix étaient assez élevés. Il y avait un problème concernant la pratique de la Boccia, pétanque avec des balles plus molles » se rémémore Sarah. Les personnes en situation de handicap utilisent une rampe « pour pouvoir viser mais le problème c’est que c’était une gouttière où elles pouvaient juste poser la balle » ajoute-t-elle.
Après avoir identifié le problème, ils se sont penchés sur les réponses à apporter. Aujourd’hui, l’équipe reçoit diverses demandes « j’ai été contacté afin d’adapter des skateboards. Il y a aussi des besoins d’adaptation concernant le ping-pong » confie Thomas Hugron.
A Nantes, ils construisent des prototypes
La promo se rend une à deux fois par mois à Nantes dans les locaux de Ping sur l’île de Nantes. Un endroit où ils sont aidés par l’association Human lab dans le cadre d’un partenariat. Ils y fabriquent des prototypes de matériel, dans un premier temps ils vont réaliser une rampe de boccia pour la pratique enfants.
« L’idée c’est que l’on puisse proposer un outil duplicable facilement à moindre coût, ce qui existe dans le commerce ça coûte plusieurs milliers d’euros. » affirme Thomas Hugron. Ils ont pu récupérer des matériaux auprès de leurs partenaires tels qu’Emmaüs ou des recycleries. Leurs premiers chiffrages montrent un coût de création « aux alentours de 100 € ».
Human lab est une structure spécialisée dans la fabrication d’objets dédiées aux personnes en situation de handicap. Des bénévoles ont travaillé avec les « apprentis solidaires », parmi eux un étudiant en école de design ayant donné un coup de main côté système de rotation de la rampe. Un plombier a également pris part à ce projet. Courant mai, ils auront un premier prototype. « Il y a beaucoup de besoins dans les clubs handisport, le plan de construction de la rampe sera accessible à tout le monde quand on aura fini, il sera gratuit » affirme Yaël.
L’équipement sera ensuite testé auprès des personnes en situation de handicap qui pourront leur faire un retour. « L’idée c’est de le dupliquer, avoir un prototype simple d’utilisation » avance Thomas Hugron. Avec un souhait par la suite, transmettre la mini-entreprise à la promo suivante. « On voit l’utilité du service civique en terme d’emploi. La mini-entreprise permet de développer des compétences, savoir se présenter, démarcher des entreprises. »
Une expérience enrichissante et qui motive les jeunes « Même si on a chacun nos pôles attribués, c’est n’est pas pour autant que l’on ne peut pas travailler sur les autres pôles » indique Sarah, chargée de communication dans ce projet. « On voit le fonctionnement d’une entreprise, c’est bien. A notre âge, on n’a pas eu de vraies expériences pro » résume quant à lui Yaël.
Photo : L’Afev Vitality
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