Le premier roman de Reine Bellivier sortira le 21 août 2025 en librairie. La Hideuse aborde la question de la place des femmes dans la société, le tabou de la maternité dans la période d’après-guerre. Une histoire entre souvenirs et imaginaire axée sur le personnage de Marguerite qui décide un jour de quitter le domicile familial.
Plusieurs années ont été nécessaires pour que le projet de roman de Reine Bellivier mûrisse. « Je me suis mise à l’écriture vers 40 ans mais j’ai cette histoire en tête depuis longtemps » confie l’auteure nantaise. Après de longs séjours à l’étranger, un passage dans le Gers, elle travaille désormais en indépendante dans le secteur de l’édition dans la région de Nantes.
Marguerite : un personnage né d’une enquête intime
Ce roman évoque la vie de Marguerite, une femme qui s’est mariée, est devenue maman et dont la vie a ensuite été rythmée par les tâches domestiques. Son quotidien va lui apparaître insurmontable, son envie de partir est bien présente. Un jour, elle décide de quitter le domicile familial. Ce personnage fait écho à l’histoire familiale de Reine Bellivier. « Marguerite s’inspire de plusieurs femmes de ma famille, de mes grands-mères notamment. J’ai composé le personnage à partir de leurs caractères et [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
de données biographiques diverses ».
La situation de Marguerite a été vécue par une des aïeules de Reine Bellivier. Un évènement qui lui a été raconté et sur lequel son regard a évolué en devenant adulte « J’ai tourné pendant 20 ans beaucoup autour de la forme jusqu’à ce que j’arrive à oser me mettre à mon bureau et à écrire » explique-t-elle.
« Je me suis tout de suite dit que ce serait le titre de mon livre »
Un titre trouvé au dos d’une liste de courses
Quand une des grands-mères de Reine Bellivier est décédée, sa maman est allée vider la maison. Elle a retrouvé des notes dont certaines au dos d’une liste de courses. « Il y avait une phrase où elle parlait d’une vision, elle voyait une femme dans sa maison qui lui faisait peur et elle la qualifiait de hideuse » se rémémore-t-elle. Ainsi, le titre a été choisi avant même d’écrire son roman. « Je me suis tout de suite dit que ce serait le titre de mon livre. Ce mot traduit bien le jugement social parce qu’une mère abandonnant ses enfants, c’est quelque chose qui porte la condamnation sociale. »
Dans La Hideuse, Reine Bellivier évoque la place de la femme dans la période d’après-guerre, le tabou de la maternité. Différentes versions du départ de Marguerite sont données réflétant la perception des gens comme le voisinage. Ce titre « porte aussi son ambivalence, le regard qu’elle se porte à elle-même » précise l’auteure.
« Dans les années 50, la nature était beaucoup plus présente, ça m’a permis de tirer une sorte de fil par-dessus les époques avec ce personnage »
La nature, un élément central
« J’avais souvent entendu des romanciers parler du fait que les personnages décidaient des choses eux-mêmes, Marguerite a pris une sorte de vie autonome
» assure Reine Bellivier. Une naissance sous sa plume et avec pour fil conducteur la nature. « Au moment où j’ai écrit j’habitais dans le Gers où j’ai passé 3 ans. Ces années ont été au milieu de la nature, ça fait écho très fortement à mon enfance dans le pays nantais au milieu du bocage. »
« Dans les années 50, la nature était beaucoup plus présente, ça m’a permis de tirer une sorte de fil par-dessus les époques avec ce personnage » affirme-t-elle. Après un travail préparatoire de quelques mois, le Covid est arrivé et la rédaction a été interrompue. « J’avais deux enfants en bas âge à ce moment-là donc ce n’était pas possible de passer à l’écriture dans un contexte de confinement » se souvient-elle. Un exercice durant lequel Reine Bellivier a ressenti « un grand plaisir dans la création malgré le sujet qui peut être assez sombre. »
Désormais, Reine Bellivier aimerait se remettre à l’écriture « cumuler vie personnelle et vie professionnelle est compliqué, recréer de la place pour écrire un nouveau roman va être le défi des mois qui viennent » conclut-elle.
La Hideuse, Reine Bellivier, Christian Bourgois éditeur, 20 €

A lire également : Nantes : A la médiathèque Lisa Bresner, on joue aussi du piano
[/ihc-hide-content]
