Lors de la session du conseil régional des Pays de la Loire du jeudi 22 juin, la SNCF Voyageurs a remporté le premier lot ouvert pour l’exploitation de neuf lignes du réseau Aléop. Une décision loin d’être acceptée par les oppositions, alors que la région qui avait décidé d’ouvrir ce contrat à la concurrence a reçu cinq offres. Décryptage.
Cinq offres reçues dont une de la Caisse des Dépôts et consignation et d’une filiale de la RATP.
C’était l’un des points le plus attendu en cette session d’été du conseil régional des Pays de la Loire : la mise en concurrence du réseau TER de la région, régi par le droit européen qui imposera aux collectivités à partir de décembre 2023 de passer par appels d’offres concernant l’attribution des différentes lignes de transports. Il s’agit du 4ème lot [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
ouvert à la concurrence via cette forme en France après la région Provence Alpes Côte d’Azur ayant attribué Marseille/Nice à Transdev et Etoile de Nice à la SNCF Voyageurs, et les Hauts de France pour la ligne Etoile d’Amiens remportée par la SNCF Voyageurs également. Comment fonctionne cette procédure ? Depuis décembre 2019, l’Etat et les régions ont la possibilité de lancer des appels d’offres dédiés aux transporteurs conventionnés (TER, INTERCITÉS) précise la SNCF depuis son site internet. Ainsi, suivant un calendrier défini jusqu’en 2023 les régions ainsi que l’Etat auront bien une obligation effective d’ouverture à la concurrence à la fin de leur contrat d’exploitation « signé de gré à gré avec SNCF Voyageurs, et ce dans un délai maximum de dix ans » précise la SNCF. Chose réalisée donc en Pays de la Loire qui est passée par cette mise en concurrence afin d’augmenter son offre ferroviaire. L’institution a reçu cinq offres, dont notamment celle de Transdev filiale de la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et une autre d’une filiale de la RATP précise l’AFP. En séance, le conseil régional a donc adopté à la majorité les deux rapports attribuant à la SNCF Voyageurs l’exploitation d’une partie du réseau, et ce, à partir de décembre 2024.
« Je le redis aujourd’hui : l’ouverture à la concurrence nous permet plus d’offre, plus de services, plus de transition écologique » Christelle Morançais Présidente de la Région Pays de la Loire
Une décision n’ayant pas plu aux opposants au sein de l’hémicycle, le groupe de gauche, du rassemblement national ainsi qu’écologiste ont voté contre cette attribution, arguant des problématiques de coût du contrat dont le montant n’a pas été divulgué précise l’AFP. Et les réactions s’enchaînent : selon Lucie Etonno, présidente du groupe « L’écologie ensemble » et Matthias Tavel, député et conseiller régional membre de la commission transports, le constat est amer « Tout ça pour ça ! » ont tancé les élus par voie de communiqué de presse « Nous ne pouvons que féliciter la SNCF d’avoir su rester « la préféré » et de mettre à profit sa connaissance du réseau, ses relations privilégiées au service d’une augmentation du nombre de trains et de fréquences ». Du côté de Thierry Violland élu du groupe de gauche Le Printemps des Pays-de-la-Loire, cela « n’aura que pour seule conséquence l’augmentation des tarifs » a-t-il indiqué à l’AFP. Des réactions ne perturbant pas la majorité et particulièrement Christelle Morançais Présidente de la Région Pays de la Loire qui a rappelé en marge du vote « que l’ouverture du ferroviaire à la concurrence répondait à « la stratégie » engagée par sa majorité »
Une économie de plus 100 millions d’euros sur dix ans
Le contrat, permettra à terme une économie de plus 100 millions d’euros sur dix ans, indique le conseil régional. Une somme qui sera réutilisée pour moitié dans l’augmentation de 26% de l’offre de trains, et après l’ouverture à la concurrence des deux autres lots, de 33% d’ici 2030 et le financement à hauteur de 40 millions d’euros de la construction d’un atelier de maintenance. Le premier lot attribué à la SNCF Voyageurs concerne neuf lignes du réseau Aléop, tram-train (de Nantes à Nort-sur-Erdre et Châteaubriant, Nantes-Clisson) et « Sud-Loire » (Nantes-Pornic, Nantes – Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Nantes – La Roche-sur-Yon, Nantes – Les Sables-d’Olonne Nantes, Nantes-La Rochelle, Nantes-Cholet, Angers-Cholet).
Avec un total de 32 trains en plus chaque jour par rapport aux 196 trains actuels sur le lot concerné par le contrat, la région Pays de la Loire veut aussi augmenter de 26% les correspondances possibles avec les TGV. « Nous allons mettre toute notre énergie pour répondre à l’ambition portée par la région à travers cet appel d’offres », a indiqué Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs dans un communiqué. La SNCF Voyageurs souhaite « un service repensé afin d’accompagner (les) clients voyageurs », avec en particulier une présence humaine automatique dans tous les trains et l’utilisation de biocarburant de type B100 sur les lignes du Sud Loire. La compagnie ferroviaire évoque aussi « un cadre social de haut niveau » au sein de sa future filiale chargée de l’exploitation de ces lignes. Au total ce sont 377 agents de la SNCF qui doivent y être transférés.
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