Une traversée de l’Atlantique par l’auteur Martin Dumont

Smiling man with brown hair and a beard, wearing a dark sweater, outdoors.

Après avoir passé un an à bord de son voilier Yuzu, le romancier nantais Martin Dumont a posé des mots sur ses souvenirs. Son dernier ouvrage Prendre le large est paru début mai.

Traverser l’Atlantique avec compagne et enfant est une expérience bien connue de Martin Dumont. En effet, l’auteur est parti voguer sur l’océan durant une année riche en anecdotes et rencontres. Une épopée familiale qu’il raconte dans son roman Prendre le large.

Un besoin de quitter la routine quotidienne

Le déclic s’est produit au moment du Covid. Martin Dumont et sa femme installés alors à Paris et travaillant dans des bureaux ont eu envie de changer de cap. Le souhait d’avoir un bébé a également accéléré leur décision afin de pouvoir profiter de ses premières années.

Ils ont pris une grande décision, mettre en pause leur quotidien et se laisser porter par les vagues. « Une passion de longue haleine » précise-t-il. Son intérêt pour la voile est né lorsqu’il était lycéen. Ses parents ont déménagé en Bretagne et il s’est souvent rendu dans le Morbihan. « J’avais déjà traversé l’Atlantique une fois pendant une vingtaine de jours » explique Martin Dumont. En juillet 2022, avec sa compagne, ils sont montés à bord de leur voilier Yuzu. Petit passager à leurs côtés, leur fils né quelques mois auparavant. Ils ont largué les amarres pour un périple qui s’est terminé en juin 2023. 

La plume laissée à terre

Pas de carnet de bord détaillé avec des moments marquants ou des impressions du jour. Il a choisi l’ancre à l’encre en portant cette casquette de marin/navigateur, il a toutefois travaillé sur son 3e roman sorti à son retour. Quelques notes ont été prises « le strict minimum, j’ai un peu regretté d’ailleurs » confie l’écrivain.

Pourtant, l’écriture a toujours fait partie de son quotidien, petit il a rempli d’histoires de nombreux carnets plutôt que des journaux intimes. « J’ai une formation scientifique mais je ne zappais pas les matières littéraires, j’ai toujours beaucoup lu depuis l’adolescence ». Devenu ingénieur, il a continué à rédiger des textes. Un peu avant sa trentaine, il s’est lancé le challenge d’un premier roman « qui a eu le mérite de me prouver que je pouvais écrire des textes longs. » Le second a ensuite été publié.

Un récit de voyage sans objectif de publication

Habitué des romans, Martin Dumont a opté pour un autre genre « Je crois beaucoup au pouvoir de la fiction. Ce dernier texte est un peu particulier, c’est plutôt un récit de voyage ». Prendre le large, plus intime, n’a pas été écrit dans la même optique que les précédents. Les moments vécus ont pris vie sur le papier plusieurs mois après avoir posé le pied en France. « Au début, je ne pensais pas le faire publier, je l’ai écrit pour me faire plaisir et pour mon fils afin qu’il le lise plus tard » se rappelle-t-il. Son texte ayant plus à ses éditrices, une parution a donc été planifiée. 

Des souvenirs filtrés

L’auteur a gravé dans sa mémoire d’agréables instants tout en se concentrant sur la technique essentielle lors d’une aventure comme celle-ci. Une parenthèse modifiant le rapport au temps et fortement appréciée « ça dure quasiment 3 semaines, avec des jours qui ralentissent, une sensation particulière que j’aime beaucoup. »

Son dernier livre

Parmi les lieux découverts durant cette traversée, l’écrivait dit avoir aimé le Cap-Vert, les Antilles. Autres instants marquants, les rencontres avec les personnes. Ecrit en décalage, ce récit lui a demandé de se replonger dans cette traversée « ça a probablement filtré les souvenirs » souligne-t-il. Il a ainsi regardé des photos prises, discuter avec sa femme et leurs amis les ayant accompagnés durant quelques étapes « car il y a des anecdotes que l’on oublie et qui font le sel des textes ».

Sur la parution de Prendre le large, Martin Dumont est ravi d’être moins fébrile qu’à l’accoutumée. « Pour les romans, en inventant l’histoire et les personnages, je m’attache aux textes. » Une publication n’étant pas envisagée dès le départ, il dit ne pas avoir eu d’attente particulière. « Je suis très content que ce soit un livre, j’ai eu de beaux retours, il peut plaire et toucher les lecteurs.S’il peut donner envie de voyager ou de faire du bateau, ce serait déjà réussi. » 

Infos complémentaires :

Prendre le large, Martin Dumont, Les Avrils, 19 €

Photo : Martin, Dumont, Chloé Vollmer

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