William Aucant : De la convention citoyenne à la région.

William Aucant : De la convention citoyenne à la région.

 

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Crédit photo : Katrine Baumann

William Aucant est conseiller régional, élu au sein du groupe de l’opposition « Ecologie ensemble solidaire et citoyenne » de Matthieu Orphelin. Architecte-Urbaniste et Doctorant, il figure parmi les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le Climat. Nous allons suivre l’élu débutant son premier mandat politique et qui nous plongera au coeur de l’institution régionale pendant cette première année de mandat.

C’est votre premier mandat politique, quels ont été vos ressentis lors de votre installation au Conseil régional ?

Forcément impressionné par l’institution, c’est quelque chose pour lequel on s’est pas mal battu. J’ai beaucoup été sur le terrain pour être élu, avec beaucoup de support. On avait fait un appel pour une région écologiste et solidaire qui avait regroupé plus de 3000 signatures. C’est le côté impressionnant par rapport à l’effort que ça a demandé, c’est le premier sentiment. Le deuxième sentiment, il s’est fait un petit peu avant de rentrer dans l’institution. C’était le lendemain de la défaite, on était lancés à pleine vitesse avec l’idée d’un second tour au coude à coude. Au final on s’est fait distancer par plus de 100 000 voix. D’habitude des zooms dans lesquels il y a une quarantaine de personnes, que ce soit de l’équipe ou d’autres candidats, maintenant sur toute une région ça se réduit à douze personnes. C’est le sentiment un peu d’être rescapé sur un radeau.

Je me demande ce qu’on peut faire pour continuer à porter leur voix de quelconque manière.

En tant que citoyen on reste aussi assez humble par rapport à des institutions que l’on connaît depuis toujours et dans lesquelles on n’a pas eu son mot à dire. Aujourd’hui en tant que citoyen et en tant qu’élu, je peux avoir des paroles à dire. Par contre, une chose est sûre c’est que dans les deux cas, c’est être à la hauteur par rapport aux personnes qui étaient derrière nous pendant toute la campagne et même ailleurs. Je sais que j’ai pas mal de personnes qui me poussent, parce que je continue à être tel que je suis. Je me demande ce qu’on peut faire pour continuer à porter leur voix de quelconque manière.

Vous avez été parmi les 150 citoyens tirés au sort pour la Convention  citoyenne pour le climat, et aujourd’hui vous êtes élu régional. Pourquoi avoir fait ce choix de l’engagement politique ?

On est à peu près une douzaine [De la Convention Citoyenne ndlr] à avoir voulu se présenter aux élections régionales ou départementales. Je pense que cette expérience là d’un point de vue civique, elle vous donne un peu le courage de discuter avec d’autres personnes. Cette discussion je l’ai eue avec beaucoup de personnes de plusieurs âges différents, de plusieurs engagements politiques, on pense qu’on peut changer les choses à l’intérieur.

Vous êtes élu d’opposition de « Ecologie ensemble solidaire et citoyenne » de Matthieu Orphelin, comment s’organise votre rôle d’élu au quotidien dans votre groupe politique ?

On a deux élus qui sont sortants, c’est à dire qui ont participé à la mandature précédente, ils ont un peu le rôle d’entraîneur. Ils ont ce côté là de savoir ce qu’il se passe. Il [Matthieu Orphelin, ndlr] nous a conseillé de [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

mettre à disposition tous nos lundis et nos vendredis. On en est à deux-trois réunions entre la date de la première séance d’installation et la date de la seconde séance d’installation, avec des séminaires en live.

« Ça n’échappera à personne que l’on sera le premier groupe d’opposition, c’est à dire qu’après l’offre des Républicains, c’est la nôtre qui est la plus désirée dans cette région »

Quand on pense élu régional, on pense forcément Assemblée Régionale, pouvez-vous nous expliquer votre travail au quotidien ?

Un travail de groupe. Il faut organiser au mieux la parole, puisque ça n’échappera à personne que l’on sera le premier groupe d’opposition, c’est à dire qu’après l’offre des Républicains, c’est la nôtre qui est la plus désirée dans cette région. Ça nécessite aussi le fait de prendre la parole assez fortement pour ces questions là. Surtout, à titre personnel, quand on voit qu’il y a une urgence d’agir et qu’on a le sentiment que l’inaction du climat se retrouve sur les échelons politiques.

« Quand vous arrivez dans un cadre un peu institutionnel, vous ne débarquez pas en essayant de changer les règles de départ, mais par contre vous vous y adaptez »

Avez-vous un carnet de route à suivre ?

Il y a une prise en compte de ce que le groupe fait, puisque de toute façon on découvre. Là dessus, quand vous arrivez dans un cadre un peu institutionnel, vous ne débarquez pas en essayant de changer les règles de départ, mais par contre vous vous y adaptez. Et puis vous apportez votre propre touche. De toute façon c’est quelque chose auquel je tiens. En tant que citoyen, je garde quand même une image politique par rapport à mon expérience de la Convention citoyenne qui ne tient pas ses promesses, qui n’est pas assez en phase avec ce que le terrain pense. C’est quelque chose auquel j’ai envie de faire attention de ne jamais perdre ce rapport au terrain.

Un peu plus de contrôle ?

Un peu plus de contrôle mais aussi surtout un peu plus d’humain. Il faut savoir aussi des fois s’avouer soit vaincu soit impuissant. Il ne faut jamais hésiter à dire. Et pour la feuille de route individuelle, à titre personnel, je suis toujours sous le coup du mandat qu’on nous a donné à la Convention citoyenne, comment réduire de 40% l’émission de gaz à effet de serre. C’est la base même de mon engagement. On est venu me chercher pour ce mandat là, j’estime qu’il n’a pas été rempli [avec] la version définitive d’une loi climat qui a complètement raté l’ambition de départ.  Ça vous donne l’envie d’aller plus fort, plus vite, plus près.

D’aller au plus près à l’échelon plus régional ?

Maintenant, il est vrai qu’on est beaucoup plus dans la force de promotion, c’est à dire que c’est la majorité qu’il faudra convaincre. Il y a urgence d’agir, ma feuille de route personnelle est sur cette question du climat, mais également la question de l’égalité Hommes/Femmes. C’est quelque chose auquel je suis sensible depuis très longtemps. Des rencontres que j’ai faites pendant la campagne m’indiquent qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire, si ce n’est pas porté par les politiques publiques, on ira pas très loin. J’ai deux enfants, une petite fille et un petit garçon, et c’est la motivation. Et puis au-delà même de vivre dans un monde où le climat on s’y adapte, il y a aussi la question de l’égalité des gens.

De quels moyens disposez-vous pour mener votre mission d’élu ?

On a à disposition du matériel informatique, un ordinateur portable sur lequel vous gérez vos e-mails, vos identifiants et tout. Il n’y a plus qu’à l’utiliser et c’est assez précieux. En fonction de la taille du groupe, des mètres carrés de bureaux nous sont alloués, mais également une enveloppe pour embaucher des assistants parlementaires, des aides de groupe, des personnes polyvalentes qui nous aident à mener à bien nos missions. Il y a l’indemnité d’élu. Quand vous travaillez comme moi, elle contribue au fait que vous vous absentez.

Edité le 22/07/2021 à 19h47

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