L’appel d’offre concernant le réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique conduit par la DGAC a été déclaré sans suite à annoncé la préfecture de la Loire-Atlantique. Ce lundi matin, Clément Beaune Ministre des Transports a tenu une réunion à la préfecture à Nantes. Mais quel était le projet d’appel d’offre initial ? Décryptage.
Un coût initial du projet estimé à environ 450 millions d’euros hors taxes
Vendredi dernier, un courrier du Préfet de la Loire-Atlantique que s’est procuré l’AFP annonce l’abandon de l’appel d’offre relatif au réaménagement de l’aéroport de Nantes « l’Etat a décidé de déclarer sans suite pour un motif d’intérêt général tiré de l’insuffisance de concurrence de la procédure d’appel d’offres en cours pour la remise en concession de l’aéroport de Nantes-Atlantique » a indiqué l’institution. Ce projet de grande envergure intervient après [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
l’abandon du projet d’aéroport situé sur la commune de Notre-Dame-des-Landes en 2018. Il prévoyait notamment un rallongement de la piste de 400 mètres vers le Sud, le décalage du seuil Sud de 400 m vers le Nord, la réfection de la piste existante, la construction de parkings, la mise en place d’un bus à Haut Niveau de Service entre la gare de Nantes et l’aéroport, l’interdiction des vols entre minuit et 6 heures du matin, l’aménagement du site pour gagner en qualité de service, ou encore la création d’une nouvelle halte ferroviaire sur la ligne déja existante de Nantes/Sainte-Pazanne. Du côté technique, le projet initial prévoyait également une protection des riverains comprenant deux trajectoires d’approches différentes en fonction des conditions météorologiques, coût total estimé en 2019 autour de 450 millions d’euros hors taxes et porté conjointement avec Nantes Métropole et la Région Pays de la Loire sur certains points comme la création de la halte ferroviaire et la ligne de bus à haut niveau de service.
Un couvre-feu posant question
En avril 2022, un couvre feu a été instauré par un arrêté publié au journal officiel le 28 septembre 2021 pour les vols commerciaux entre minuit et 6 heures du matin avec l’interdiction du décollage et de l’atterrissage des avions bruyants. Cet arrêté faisait suite « à une consultation publique qui s’est déroulée du 29 avril 2021 au 29 juillet 2021 » annonçait la préfecture de la Loire-Atlantique par voie de communiqué de presse le 8 octobre 2021. La Direction Générale de l’Aviation civile publiait un point d’étape six mois après sa mise en oeuvre « A fin septembre 2022, cette mesure de protection des riverains a permis une diminution drastique du nombre moyens de vols entre 0h et 6h du matin » divisant les décollages et atterrissages « par 6 par rapport à 2018 » soulignait t-elle. Au 30 septembre 2022 203 écarts auraient été constatés hors tolérance de 5 minutes et exceptions avec toujours selon la DGAC 189 procès-verbaux établis de constat du manquement au couvre-feu.
Clément Beaune Ministre des transports au chevet de l’aéroport de Nantes
Le Ministre des Transports Clément Beaune a tenu une réunion ce lundi matin à la préfecture à Nantes afin de « partager les éléments de calendrier pour la relance d’un nouvel appel d’offre » toujours selon le courrier daté de vendredi. Une information confirmée par la Préfecture de la Loire-Atlantique précisant que l’Etat « relancera une procédure qui tiendra compte des conséquences de la crise sanitaire sur le trafic, du renforcement nécessaire des exigences environnementales, et avant tout, des acteurs locaux » Du côté le Maire de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu Jean-Claude-Lemasson s’est exprimé auprès de l’AFP « plus qu’un réaménagement, c’est une modernisation qui est nécessaire pour accueillir aéronefs et les passagers dans des conditions décentes » alors que les riverains se plaignent de nuisances, l’élu espère l’abandon de l’allongement de la piste. Mathias Crouzet, porte-parole de l’association Ailes pour l’Ouest indique quant à lui que le réaménagement est « non seulement nécessaire, mais qu’il répondait aussi à des enjeux écologiques car il s’agissait de rénover une infrastructure âgée » Le trafic aérien devrait atteindre 11,4 millions de passagers par an à l’horizon 2040, contre 6,2 millions en 2018. Quel visage aura l’aéroport de Nantes-Atlantique ? Retour sur le tarmac pour l’instant donc.
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