Ayma, le troisième roman de Sophie Vuillemin

Sophie Vuillemin

Interview. Sophie Vuillemin publie Ayma aux éditions Chloé des Lys. Un troisième roman inspiré du vignoble nantais. Une histoire familiale tumultueuse marquée par la place de chacun et chacune.

L’histoire de votre roman se passe dans le vignoble nantais, qu’évoque pour vous ce paysage ?

C’est né d’un recueil de nouvelles Ecrits vins de Nantes que l’on devait écrire pour Les Romanciers nantais (association regroupant une trentaine de romanciers, ndlr). Je suis allée me promener dans le vignoble, visiter des chais pour m’imprégner de ce domaine que je ne connaissais pas. Ça a fait naître en moi des idées de paysage et aussi des histoires de famille, de transmission de ces propriétés où des familles cultivent leurs vignes. 

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Avez-vous rencontré des viticulteurs ?

J’en ai rencontré dans la [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]

région, j’ai été mise en contact avec un vignoble où il y avait un jeune homme et je voulais savoir quelles études il avait fait, comment il avait appréhendé l’idée de reprendre une exploitation.

Dans ce livre, vous vous intéressez aux liens familiaux et amoureux, pourquoi avoir choisi ce thème ?

C’est un thème qui m’est cher, le décor c’est les vignes et l’histoire une histoire de famille. C’est une jeune femme Emma partie vivre aux Etats-Unis et qui va rentrer à la demande de ses parents sur le vignoble. Il y a eu un drame dans cette famille et ils vont reconstruire leur histoire, renouer leurs liens. Ce sont des thèmes, la maternité, la transmission, la famille que j’aime bien.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le personnage Emma devenue Ayma, photographe à Chicago ? 

Ce n’est pas une jeune femme qui est très sûre d’elle. Elle a rencontré l’amour aux Etats-Unis qui l’a transfigurée. Dans ce livre ce sont vraiment des créations de personnages. J’ai travaillé mon héroïne, son amour je voulais que ce soit un mec bien (sourire). Elle a une relation très forte avec sa soeur, j’ai beaucoup insisté là-dessus. Sa soeur est beaucoup plus vive, plus ouverte qu’elle, moins complexée, elle est présentée comme un personnage plus solaire qui a été moins affecté par les drames familiaux par sa position aussi. Emma a l’aube de devenir aussi à son tour mère va prendre conscience de tout ça.

C’est votre troisième roman, comment se déroule l’écriture de vos livres ?

Je n’ai pas l’écriture facile, j’ai des thèmes puis progressivement je construis l’intrigue. Je ne suis pas très rapide. Sur Ayma, j’ai essayé de faire une écriture assez resserrée et dynamique, dans les premiers retours lecteurs ça se ressent.

Combien de temps cela vous a-t-il pris ?

Au début du confinement je n’arrivais pas du tout à écrire, on a tous été bouleversés je pense et après j’ai beaucoup travaillé dessus. Je mets une année, je ne suis pas quelqu’un qui construit tout avant d’écrire. Je construis le début et puis après j’ai l’impression que si je ne commence pas à écrire l’histoire va m’échapper, et après je retravaille.

Quand avez-vous eu envie de devenir romancière ?

Quand j’étais ado j’écrivais beaucoup après j’ai abandonné et j’ai fait autre chose. J’étais commerciale et au fil des déménagements quand je suis arrivée il y a vingt ans à Nantes je me suis dit que ce n’était pas ça que j’avais envie de faire. J’ai écrit le premier roman et après j’ai continué dans ce domaine-là. J’anime des ateliers d’écriture adultes et ado à Sainte-Luce-sur-Loire.

Vous êtes Vice-Présidente de l’association Les Romanciers Nantais, en quoi consiste votre rôle, quelles actions réalisez-vous ?

On participe à des salons, on a une grande manifestation d’habitude, parce qu’avec la pandémie on ne l’a pas fait, dans le Passage Pommeraye au mois de juin. On édite des recueils de nouvelles. C’est une association qui est utile, qui sert à partager le travail de l’écrivain. Parfois c’est difficile, on est seul, on s’aperçoit que l’on a des problématiques communes, d’écriture ou de recherches d’éditeurs.

Avez-vous un projet de livre ?

A chaque fois je crois que je n’arriverai plus à écrire. Un roman ça va vous accompagner longtemps. Il faut que l’idée vous plaise et qu’elle contienne en elle-même suffisamment de profondeur je trouve pour que l’on puisse la creuser et écrire une belle histoire. Il me faut toujours un peu de temps pour retrouver une autre belle idée.

Photo : Sophie Vuillemin 

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