Dinosaure Muséum de Nantes : De nouvelles fouilles aux Etats-Unis

Une mission scientifique a vu le jour afin de rendre possible l’installation d’un squelette de dinosaure au Muséum de Nantes. Mais avant de s’émerveiller devant ce géant de l’ère Mésozoïque (auparavant nommée ère secondaire), un travail de titan attend les équipes aux Etats-Unis. Explications avec Philippe Guillet, directeur du Muséum de Nantes.Photo : Fouilles en 2024 dans le Wyoming, Muséum de Nantes

Le rêve se concrétisera bientôt, en tout cas Philippe Guillet se dit très « optimiste » pour l’arrivée prochaine au Muséum de Nantes d’un squelette de Dinosaure. Le directeur de l’établissement participe à la mission scientifique en cours qui emmène les équipes aux Etats-Unis pendant une seconde période de fouilles cet été. Il nous parle de cette aventure pas comme les autres.

Dans le Wyoming en juillet et août

Quand on part sur les traces du dinosaure, un Etat semble être l’étape incontournable. Le Wyoming aux Etats-Unis une zone réputée pour son gisement riche en fossiles notamment de grands dinosaures, situé sur la formation de Morrison. Une première expédition s’y est déroulée à l’été 2024 avec le Muséum de Bruxelles qui ne peut pas participer à ces nouvelles recherches. Cette mission scientifique nécessite 8 semaines de présence sur place entre juillet et août.

2 équipes de 6 personnes y prennent part. « Il y a 5 personnes titulaires du Muséum de Nantes » précise Philippe Guillet. Des [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

étudiants ont été sollicités, ils sont en M2 Sciences de la Terre à Rennes, Poitiers et Lille. « On a aussi fait appel à une école de Tours spécialisée dans les moulages, on a vraiment besoin de ces compétences » assure-t-il. 

Ils seront épaulés par une équipe allemande qui va les « coacher en matière de fouilles ». Une artiste nantaise sera également à leurs côtés ainsi qu’un photographe en août.

« On n’a jamais un dinosaure complet parce que les petits os disparaissent très vite. »

Deux sites  « très prometteurs »

Les participants vont se rendre sur deux sites distants de 200 mètres environ « très prometteurs, pour lequel il y a encore beaucoup de travail à faire » indique Philippe Guillet. Tous les éléments squelettiques des dinosaures n’ont pas encore été trouvés même si 7 conteneurs sont déjà stockés en Allemagne. Environ 50 % ont déjà été mis au jour pour certains spécimens, certains ont un pourcentage plus faible. « L’équipe allemande avait dégagé tout l’arrière-train d’un dinosaure, on pouvait s’attendre à trouver le reste rapidement mais pas de chance c’est probablement un peu plus loin. » 

« On n’a jamais un dinosaure complet parce que les petits os disparaissent très vite » prévient-il. En revanche, il assure que Nantes « devrait avoir son dinosaure. Il y a des squelettes qui vont faire 15 mètres, d’autres 7-8 mètres, on ne sait pas encore l’espèce que l’on va trouver » ajoute-t-il. Et parvenir à ce résultat demande d’importants efforts sous un soleil de plomb. Même s’il confie que la mission est plaisante, le directeur admet que « c’est quand même assez harassant, il fait très chaud, on est dans la poussière ». Les équipes avancent petit à petit avec des pelles, des pioches et lorsqu’elles sont près des os, elles doivent utiliser des petits couteaux, des scalpels et des truelles. « Ça reste très physique, on commence tôt le matin et on finit tard le soir. »

« Il va trôner dans l’atrium »

Une installation à l’horizon 2028

Une fois les ossements découverts, plusieurs étapes sont obligatoires. Tout d’abord, protégés par des sédiments, ils sont entourés de bandes de plâtres afin d’être transportés vers l’Europe. Un appel d’offre va être lancé avec Nantes Métropole, il retiendra une entreprise qui réalisera ces taches sur une durée de 2 ans. Mais avant, le Muséum en saura plus sur les spécimens « dès l’automne ».

Sur les ossements déjà récupérés, un spécimen se démarque avec des éléments « de très bonne qualité, d’autres étant assez abimés ». S’il manque des os ou que certains sont détériorés, le dinosaure s’élèvera quand même au Muséum de Nantes. Une armature permettra de reconstituer le squelette et les parties manquantes seront réalisées en résine. « Il va trôner dans l’atrium, une zone passante entre la rue Voltaire et le jardin, on n’a pas besoin de payer pour y entrer, tout le monde pourra passer le voir pendant les horaires d’ouverture » insiste le directeur. 

Avant de l’observer à Nantes, il reste de nombreuses heures de fouilles dans une ambiance conviviale. « Ce sont vraiment des moments très agréables, on est dans le far west, des grands espaces avec une faune très importante. On est très bien logés, on a un saloon où l’on mange quelques fois le soir, c’est sympa » confie Philippe Guillet.

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