Nantes : la fermeture du collège Rosa Parks suscite interrogations et inquiétudes

Le collège Rosa Parks situé au sein du quartier prioritaire du Breil à Nantes qui fermera à Nantes suscite interrogations et inquiétudes pour les élèves comme les parents.

Un problème de mixité sociale à Rosa Parks

Plus connu jusqu’en 2015 sous le nom du collège du Breil, Rosa Parks est un établissement REP+. Le REP+ est une politique d’éducation prioritaire regroupée en réseau et répondant à plusieurs objectifs déterminés par l’article L111.1 du code de l’éducation. Parmi les prérogatives de ce texte de loi le réseau REP+ doit « renforcer l’encadrement des élèves dans les écoles et établissements d’enseignement situés dans les zones d’environnement social défavorisé et des zones d’habitat dispersé, et de permettre de façon générale aux élèves en difficultés, quelle qu’en soit l’origine, en particulier de santé, de bénéficier d’actions de soutien individualisé » précise l’article avec pour [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

point d’orgue de veiller « également à la mixité sociale des publics scolarisés au sein des établissements » Dans son projet d’établissement 2019-2023, le collège Rosa Parks fait part de cette problématique de mixité sociale au sein de son établissement scolaire. Selon le collège « Depuis quatre ans, la sociologie particulière du public s’est accentuée. Les catégories socio-professionnelles favorisées et très favorisées très faibles en proportion, sont devenues marginales (- de 5%) et dans le même temps la proportion de population défavorisée s’est accrue (70%) » peut-on y lire. Et malgré l’engagement de l’équipe éducative avec des projets culturels et éducatifs, le compte n’y est plus.

« Il est bon que les enfants issus de milieux modestes et de milieux plus favorisés se mélangent ». Michel Ménard, président du département de la Loire-Atlantique

Une fermeture du collège Rosa Parks qui était donc inévitable. Et le futur brassage des anciens élèves de l’établissement public serait donc destiné à favoriser la mixité sociale. A la fin de l’année scolaire 2023-2024, il fermera ses portes. Le collège accueille des élèves des quartiers des Dervallières et du Breil. Et pour ces élèves, être répartis dans le nouveau collège du centre-ville, actuellement en cours de construction et dans trois autres collèges de la ville ne rassure pas. Une décision pourtant assumée par Michel Ménard, président du département qui l’explique « Il est bon que les enfants issus de milieux modestes et de milieux plus favorisés se mélangent ».

Un collectif de familles et d’enseignants

Du côté des parents d’élèves ça coince. La fermeture d’un collège public de proximité n’est pas sans interrogations. Un collectif regroupant familles et enseignants des écoles concernées s’est constitué pour que ce projet de mixité scolaire ne se fasse « pas sans eux ». Le département de la Loire-Atlantique a quant à lui organisé des petits déjeuners devant les écoles concernées afin de mieux expliquer la situation. Et la liste des inquiétudes est grande. La première est sur le transport des élèves. Sur le territoire de Nantes métropole, chaque année ce sont environ 6000 élèves inscrits au transport scolaire précise la collectivité avec une priorité « donnée aux établissements publics correspondant à la carte scolaire définie sur la commune de la résidence de l’élève ou en l’absence de carte solaire (lycées), l’établissement le plus proche de sa commune de résidence » souligne Nantes métropole dans son règlement des transports scolaires approuvé en mars 2021. « Je serais rassurée si on avait un bus dédié aux élèves », a déclaré à l’AFP Oili Ridhioni, mère au foyer de 44 ans. Autre inquiétude la cantine. Pour les demi-pensionnaires de Rosa Parks qui seraient au nombre de 200, Michel Ménard argue les repas à 1 euro accessibles aux plus modestes mis en place par le département  « Déjeuner à la cantine est un temps éducatif et permet de se restaurer correctement » souligne t-il à l’AFP.

« Ma fille est arrivée récemment en France et j’espère que les moyens suivront pour l’aider » Frédéric Carry, parent d’élève.

Enfin, les parents d’élèves sont inquiets sur le maintien du soutien apporté aux élèves en difficulté, comme le travail en petits effectifs, des projets collectifs ou encore des heures d’accompagnement, qui diminueraient dans les futurs collèges ne faisant partie du dispositif. « Ma fille est arrivée récemment en France et j’espère que les moyens suivront pour l’aider » confie à l’AFP Frédéric Carry, fonctionnaire de 42 ans, qui espère que ces efforts en faveur de la mixité « se poursuivront à l’échelle du lycée ».

Un fort attachement aux collèges de quartier

Tristan Poullaouec est maître de conférences notamment en sociologie de l’éducation à l’Université de Nantes. Il explique à l’AFP que les inquiétudes actuelles seraient liées à un fort attachement des parents à leur collège de quartier. Pour lui, les élèves de Rosa Parks « auraient tout à gagner à rejoindre un établissement plus mixte car les classes hétérogènes réduisent les inégalités de réussite et tirent le niveau moyen vers le haut ».

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